Nouvelles tensions entre Israël et Palestine : les raisons

Le Corps d'artillerie de Tsahal (Force de défense israélienne) près de la frontière israélienne avec Gaza, le 12 mai 2021, à la suite d'un tir de roquettes et de missiles lourds tirés sur Israël par des militants à Gaza, le 12 mai 2021. Photo de Yonatan Sindel / Flash90
Le Corps d'artillerie de Tsahal (Force de défense israélienne) près de la frontière israélienne avec Gaza, le 12 mai 2021, à la suite d'un tir de roquettes et de missiles lourds tirés sur Israël par des militants à Gaza, le 12 mai 2021. Photo de Yonatan Sindel / Flash90

Depuis quelques jours nous assistons à un emballement du conflit entre Israël et les Palestiniens. Conflit qui a déjà causé des morts, trop de morts des deux côtés.

Les causes de cet embrasement sont nombreuses et complexes et malheureusement la presse internationale ne prend pas le temps de les expliquer.

Les élections israéliennes

Le Hamas et le Djihad Islamique profitent de l’imbroglio politique israélien pour lancer une attaque contre Israël.

Les Israéliens ont été appelés aux urnes déjà quatre fois et aucune majorité viable n’en est sortie. Le Premier Ministre Israélien Benyamin Netanyahou a demandé au parti arabe islamiste de Mansour Abbas de se joindre à une coalition. Ayant refusé cette offre, Abbas a détruit les ambitions de Netanyahou. Le Président de l’État d’Israël a alors demandé à Yaïr Lapid de former un gouvernement. Pour ce faire ce dernier a besoin des voix du parti de Mansour Abbas.

L’embrasement de la situation fait le jeu de Netanyahou car si Lapid refuse de s’allier avec le parti islamiste d’Abbas, les Israéliens seront dans l’obligation d’aller vers de nouvelles élections et Netanyahou aura alors la possibilité de se représenter.

Le Gouvernement actuel en Israël est un gouvernement d’intérim avec à sa tête deux chefs de parti (Netanyahou et Gantz) qui se détestent.

Le Hamas et le Djihad Islamique font tout pour que la droite israélienne reste au pouvoir.

Toute personne qui s’intéresse à l’histoire du Proche-Orient remarquera qu’à chaque fois que le centre ou la gauche israélienne ont la possibilité de gouverner, les extrémistes palestiniens lancent des attaques meurtrières contre Israël.

Les Palestiniens ne sont plus au cœur de l’actualité

Avec ces émeutes, le Hamas et le Djihad Islamique souhaitent que le monde reparle des Palestiniens.

Les accords d’Abraham ont mis de côté le problème palestinien. Avant ce traité, le monde pensait que le conflit israélo-arabe ne pouvait se résoudre sans un accord avec les Palestiniens. Ces derniers se sont sentis trahis par les états arabes signataires de cet accord.

Depuis plus d’un an les gouvernements comme les médias ne parlent que de la Covid et les sujets internationaux passent au deuxième plan.

Ainsi, suite aux accords d’Abraham et à la crise de la Covid, les revendications palestiniennes sont mises aux oubliettes.

Les élections palestiniennes

Le Hamas et le Djihad Islamiste pensent qu’ils peuvent gagner les futures élections et montrent leurs forces.

Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne a reporté l’élection législative du 22 mai et l’élection présidentielle de juillet 2021. L’excuse donnée par Abbas est que « Le scrutin est reporté jusqu’à ce que notre peuple puisse exercer ses droits démocratiques à Jérusalem. » Ceci est un prétexte car Abbas savait qu’Israël n’autoriserait jamais le vote à Jérusalem, comme il ne l’avait pas autorisé en 2006.

La vraie raison est que le parti de M. Abbas a peur de perdre les élections et a trouvé un prétexte pour les reporter.

Les émeutes de Jérusalem

L’Esplanade des Mosquées est confiée depuis 1994 à une fondation dont la Jordanie est garante.

Ces émeutes ont commencé sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. La très grande majorité des Musulmans venus prier ont quitté les lieux en toute quiétude et seuls quelques extrémistes, que l’on peut qualifier de casseurs, sont restés pour en découdre avec les forces israéliennes.

On est en droit de se demander pourquoi les autorités qui gèrent la Mosquée ont laissé ces casseurs accumuler des amas de pierres au sein de cette dernière.

Il est bon de rappeler que la gestion de l’ensemble de l’Esplanade des Mosquées est confiée à un waqf, fondation religieuse islamique, dont la Jordanie est garante depuis les accords de Wadi Arabia (1994) qui procurent à la Jordanie le rôle privilégié de garante de l’Esplanade des Mosquées.

La bande de Gaza

Depuis 2005 plus aucun Israélien ne vit à Gaza

Les roquettes tirées sur Israël proviennent de la bande de Gaza.
Le Hamas qui a pris le pouvoir sur ce territoire en 2007 en chassant l’Autorité Palestinienne, affirme qu’il ne veut plus de l’occupation israélienne.
Toute personne objective peut se demander de quelle occupation parle le Hamas car chacun sait que les accords d’Oslo de 1993 ont placé la bande de Gaza sous l’administration de l’Autorité palestinienne et qu’après la seconde intifada en 2005, Israël s’est complétement retiré de la bande de Gaza. Ainsi toute la population juive (9 000 habitants) qui vivait autour de cette bande a été évacuée.

L’affaire des expulsions de « Sheikh Jarrah »

La Cour Suprême Israélienne doit rendre une décision dans les jours qui viennent.

Sheikh Jarrah est un quartier de Jérusalem à quelques kilomètres de la vielle ville.
Cette affaire est simple et compliquée à la fois car le droit et les ressentis humains ne vont pas toujours de pair.

Avant la création de l’État hébreu en 1948, la maison située dans ce quartier appartenait à une famille juive.

A la fin de la guerre de 1948, le quartier est passé sous contrôle de la Transjordanie et les habitants juifs en ont été expulsés.

En 1967, suite à la guerre des Six jours, le Gouvernement israélien a adopté une loi permettant aux anciens habitants expulsés par la Transjordanie de récupérer leurs biens sous certaines conditions.

Une longue bataille juridique s’est alors engagée pour savoir à qui appartenait les maisons de Sheikh Jarrah. Les autorités judiciaires ont statué en 1973 que ces biens appartenaient à des familles juives.

Depuis, certaines familles arabes contestent ce jugement et la Cour Suprême Israélienne doit rendre une décision dans les jours qui viennent.

2020 a été l’année de tous les espoirs

En mettant le feu aux poudres, le Hamas et le Djihad islamique veulent « islamiser » le conflit.

L’année 2020 a été une année d’espoir pour le Proche-Orient. Enfin, après plus de 70 ans, les États du Golfe reconnaissaient Israël et, à la surprise de tous, cette paix n’était pas une paix entre des Gouvernements mais entre des peuples. Il suffit de voir le nombre d’échanges entre ces pays.

En mettant le feu aux poudres, le Hamas et le Djihad islamique veulent « islamiser » le conflit qui oppose les Israéliens et les Palestiniens. S’ils réussissent, nous assisterons à une montée en puissance des frappes militaires. Des centaines de personnes vont y perdre leur vie. Les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique s’en moquent et car ils ne s’intéressent qu’au pouvoir et surtout aux caisses de l’Autorité Palestinienne .

à propos de l'auteur
Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. Il pense qu’il est possible d’arriver à la paix par la religion (puisque les guerres partent souvent de celle-ci). C’est pour cette raison qu’il s’emploie en France à travailler sur le dialogue interreligieux et ce notamment avec l’Imam Chalghoumi Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie. Éric est souvent invité à des congrès pour la paix pour donner son expertise sur certains problèmes Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix et le dialogue inter religieux en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Il est fondateur de Focus International Consulting et directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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