Nouvelles dispositions contre l’antisémitisme

Le discours du président de la République au dîner annuel du CRIF laisse apparaître la responsabilité des pouvoirs publics, des éléments rassurants et inquiétants, des considérations propres aux Français de confession juive.

L’antisémitisme relève de la responsabilité des pouvoirs exécutif (chefs de l’Etat et du gouvernement), législatif (Assemblée Nationale et Sénat), et de l’Autorité judiciaire (police judiciaire, ministère Public et juges judiciaires). En France, les violences, menaces, crimes et délits à l’encontre des Français juifs entraînent exils scolaires, territoriaux et transfrontaliers (Israël). L’incapacité de l’Autorité publique à assurer la paix civile provoque la colère, l’indignation des personnes victimes et de l’ensemble des républicains.

Les annonces du président de la République vont dans le sens rassurant de l’application sans atermoiement ni indulgence des dispositions de droits civil et pénal à la condition qu’elles soient suivies d’effet le plus rapide et dans l’urgence.

Le discours présidentiel contient aussi des éléments inquiétants. Le chef de l’Etat a gardé le silence sur le rappel par le président du CRIF des reports sine die relatifs son déplacement en Israël alors même qu’il se rend dans l’ensemble des pays de la région. Il maintient ainsi une politique française proche-orientale inégale, fondée sur des condamnations de faits non-avérés sur la base d’un droit inexistant.

Cette vue partiale du conflit israélo-palestinien alimente en France les thèses de haine à l’égard de l’Etat hébreu (antisionisme) et fragilise encore un peu plus les Français de confession juive solidaires de l’existence de l’Etat d’Israël (sionisme). Cette situation est inquiétante. Elle contrevient à la lutte contre l’antisémitisme.

Les Français juifs n’ont pas à subir les difficultés que leurs imposent les crimes et délits antisémites qui se développent jusqu’à présent sans que les mesures ni l’application du droit ne permettent d’éradiquer.

Les circonstances clémentes l’égard des délinquants antisémites (dernier exemple non exhaustif: le philosophe Finkelkraut a été protégé du délinquant antisémite qui lui hurlait des injures sans procéder à son interpellation !) inversent le droit au profit des méfaits. Ils consacrent la peur dans le camp des victimes au lieu d’être dans celui des agresseurs.

L’urgence civile appelle les victimes à porter plainte, à la Police et à la Justice de considérer ces plaintes avec une rigueur impérieuse et à la Nation de réaliser que l’antisémitisme est un cancer national que subissent de façon inacceptable au mépris de leurs libertés et de leurs droits les français de confession juive.

Seule l’application immédiate des décisions annoncées mettra un terme au mépris ambiant que subit une partie de la communauté nationale.

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Pierre Saba
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