Non à la violence économique contre les femmes
Heureusement, la Knesset ne s’occupe pas seulement du Covid19.
La semaine prochaine, la Commission des Lois tiendra une dernière séance sur un projet de loi crucial visant à reconnaitre la violence économique au sein de la famille comme un délit civil condamnable par les Tribunaux.
Avec plusieurs organisations de femmes, nous avons exigé depuis des années que la violence économique soit reconnue comme un délit. Le phénomène est courant et destructeur. La violence économique s’accompagne presque toujours de violences psychologiques qui fragilise la femme sur le long terme.
Par manque de choix, par crainte, naïveté, confiance aveugle, une femme peut vivre dans une violence économique grave, sans rien dire. Vient un jour, où cette femme abusée pendant des années décide de dire non. Très souvent cette prise de conscience débouche sur une crise conjugale, l’époux surpris que celle qui a tout accepté, décide soudainement de prendre son destin en main.
Parfois nous réussissons à rétablir un équilibre en négociant avec l’époux, ce que j’appelle « un accord de shalom bait économique »
Souvent avec succès. Bien plus souvent l’époux n’arrive pas à saisir la gravité de ces actes et la crise débouche sur un processus de séparation complexe. Pour prouver ses droits après des manipulations qui ont duré des années une femme doit mener un combat qui n’est pas facile.
Les cas de violences économiques que nous voyons sont très divers. L’époux peut contrôler totalement les ressources financières du foyer et même parfois les revenus de sa femme ne lui laissant aucune marge de manœuvre financière et la mettant dans une dépendance totale vis-à-vis de son époux et de son bon-vouloir.
L’époux peut contrôler les biens communs. La femme ne sait pas quels sont les biens communs, les investissements, les actifs, les épargnes, signe des papiers sans recevoir d’explications.
Plus grave, nous avons eu récemment un cas, où l’époux avait fait des investissements immobiliers avec l’argent commun en inscrivant deux maisons au nom d’une tierce personne, sa mère en l’occurrence.
La femme peut désormais dire non à des normes économiques immorales qui de plus seront désormais grâce à cette nouvelle Loi, punissables.
Dans cette période de Covid, nous avons eu aussi plusieurs affaires, où les époux se sont appropriés les aides gouvernementales familiales !
Il y a aussi le problème des dettes. L’époux s’endette et entraîne sa femme dans cet endettement sans qu’elle le sache.
Dans tous ces dossiers, il faut une procédure judiciaire énergique. Il faut aussi, et surtout booster la femme, l’assister, la renforcer dans sa décision de dire non à des normes économiques immorales qui de plus seront désormais grâce à cette nouvelle Loi, punissables.

