Naître et parler

Empreinte pour marquer le pain d'offrande dans la tradition byzantine. Wikimedia Commons.
Empreinte pour marquer le pain d'offrande dans la tradition byzantine. Wikimedia Commons.

Il serait sans doute utile de faire tomber quelques préjugés. Voici vingt-un ans, à la veille du début de la deuxième intifada, des foules compactes se rendirent sur les lieux du recensement et de la naissance de Jésus de Nazareth. Certes, on n’arrêtera pas de parler, de discuter, de scruter la personnalité du bébé qui naquit dans une “mangeoire” dans la ville davidique de Judée.

“Beth-lehem\בית-לחם”, demeure du pain, de “la viande = araméen: “lahma\ܠܚܡܐ”, cité du roi David, a pris une dimension quelque peu secondaire dans la pensée juive de notre temps. Peu à peu, au cours des quarante dernières années, il apparut que cette ville, berceau de la Nativité selon la foi chrétienne, devenait de plus en plus musulmane. C’est un fait accompli aujourd’hui, au-delà de toute prise de position politique.

Il y a, aux Etats-Unis, une ville nommée Bethlehem. On y fête Noël pratiquement toute l’année ! Mais en Judée, en Cisjordanie, Bethléem, que son maire voulut incorporer en 1967 à la ville de Jérusalem, reste la ville de la mangeoire, du lieu où Jésus naquit selon les traditions écrites en grec.

Il fut chanté par les bergers dans sa banlieue, à Beit Sahour, vénéré par les Mages venus d’Orient. Hérode fit assassiner les enfants premiers-nés : le salut rend effroyablement jaloux quand les hommes perçoivent un pouvoir et non un sacrifice de vie ! (Luc 2, 1-20; Matthieu 2,1-18).

En l’an 2000, il y eut de nombreux visiteurs et pèlerins. Beaucoup d’hôtels avaient été construits en vue du Millénaire. Il reste qu’il existe localement une autre interrogation. On peut discuter à loisir sur la date de la naissance du Christ, c’est vrai.

La naissance de Jésus reste curieusement un événement majeur, essentiel et pourtant très discret en Terre Sainte. Que ce soit les 24/25 décembre plutôt consacrés aux Eglises occidentales ou les 6/7 janvier pour les Eglises anciennes ou orthodoxes, voire encore les 18/19 janvier pour l’Eglise arménienne qui célèbre alors la naissance, le baptême et la théophanie du Christ en un seul jour, rien n’y fait.

La naissance, la révélation, la sanctification du Sauveur reflètent et accomplissent le fait indubitable que l’être humain a pris chair par le souffle divin “qui donna vie à toutes narines d’homme” (prière de Rosh HaShanah).

“Le christianisme en effet est la religion de l’incarnation et de la résurrection de la chair. “Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, […] qui est ressuscité des morts”, dit le Credo de Nicée-Constantinople, “de la chair” préfère celui que l’on nomme “des Apôtres”, écrivait Olivier Clément [“Corps de mort et de gloire, Petite introduction à une théopoétique du corps”, Desclée de Brouwer, 1995, pp. 15, 17, 25, 28-35]. Le philosophe-théologien poursuit : “L’expérience de la corporéité se révèle comme celle d’un immédiat qui coïncide avec ma présence. Ni chose, ni outil, mon corps c’est moi au monde, moi aux autres.”

Il ajoute : “Dans la Bible, l’homme est ainsi désigné soit comme “chair animée”, soit comme “âme vivante”. L’homme n’a pas une âme, il est âme vivante ; il n’a pas une chair, il est une chair animée.” (Ibid . p. 22).

“L’homme achevé est un ensemble qui forme une unité composée de l’âme, qui reçoit l’Esprit du Père, et qui est une avec la chair modelée selon l’image de Dieu”, affirme saint Irénée de Lyon (Contre les Hérésies, V, 6,1). Ce texte se réfère au façonnement de l’homme à l’image et la ressemblance de Dieu au sens où il s’agit bien de la totalité de la forme charnelle et non d’une partie singulière comme le visage.

Olivier Clément cite alors les mots “bassar/בשר” (chair) et “nefesh/נפש” (esprit). Une chair qui désigne l’être humain tout entier dans sa limite de créature, homme limité dans l’espace comme dans le temps et similaire à Dieu mais distinct de Lui. Car c’est Dieu – et non pas l’homme lui-même – qui “insuffla dans les narines (humaines) une haleine de vie, et l’homme devînt un vivant (Genèse 2,7), ce souffle étant, selon saint Grégoire de Nazianze, “jet de la divinité”. De ce fait, si l’on reprend la terminologie paulinienne, l’esprit lui-même devient “charnel” (Poèmes dogmatiques 8, PG 37, 452).

Toute l’année, y compris dans le temps de la Nativité, les Eglises d’Orient restent centrées sur la résurrection. Au point que les orthodoxes chrétiens aiment parler de la “Pâque (passage) hivernale” comme l’ont répété à loisir les fidèles et le clergé russes : “Zimniaya Passcha/Зимняя Пасха”.

Comme pour conjurer le sort de ce siècle nouveau. Le vingt-et-unième siècle après l’incarnation d’un Messie né au sein du nombril-même d’un Croissant Fertile toujours en mouvement dynamique et inattendu. Pourrait-on aussi discerner dans cette expression une interrogation profonde sur le surgissement du Covid-19, apparu voici un an tout juste et qui semble virer sa cutie, muter, tourner en variants venus sans bruit des continents les plus éloignés de la planète (Grande-Bretagne, Afrique du Sud). Cela jette un froid d’hiver brutal. Le salut et le monde des vivants se croisent toujours par l’entremise de venins mortels.

La naissance de Jésus de Nazareth parmi les hommes paraît presque “naturelle” puisque chacun de nous est créé à “l’image et à la ressemblance de Dieu” (Genèse 1,27). La résurrection va au-delà de l’incarnation tout en lui conférantfirmant une dimension “d’éternité”.

Il sera intéressant de voir comment  la Terre Sainte célébrera cette intime conviction de la foi juive pharisienne et chrétienne en l’an 2033… De nombreux groupes se sont déjà constitués dans les milieux chrétiens pour fêter cette date en mémoire de l’âge de la mort et de la résurrection du Fils de l’Homme confessé par les Eglises.

Le bimillénaire de la naissance de Jésus de Nazareth fut fêté voici deux décennies et un an. C’est un temps court pour un siècle qui s’ouvre sur les perspectives incalculables d’un rouleau d’éternité. Depuis cette date, la guerre se poursuit, faite d’interrogations, d’incertitudes, de raidissements idéologiques, politiques, stratégiques dans une région qui brûle comme les puits de pétrole avoisinants ou succombent aux mirages de ses déserts.

Il faut aussi tenir compte des mutations profondes et des mouvements significatifs de populations et de travailleurs expatriés (Asiatiques, Ukrainiens, Occidentaux). A cette heure, la Jordanie est sûrement un pays “chrétien” plutôt “cohérent”: des clergés orthodoxes, grec-melkites, latins cohérents sans compter les Assyriens, les Chaldéens qui ont trouvé refuge à partir de l’Iran et de l’Irak.

Dans ces deux pays, vieilles terres chrétiennes d’influence antiochienne et sémitique sur la route de Chine et de Mandchourie, la terreur est quasi quotidienne. Depuis quelques années, les pays du Golfe et même l’Arabie Saoudite sont devenus des pays “de présence chrétienne” en raison de vagues importantes de travailleurs immigrés, majoritairement venus de pays de tradition byzantine, orientale, des républiques de l’ex-Union Soviétique.

La Covid-19 a amplifié cet aspect car les pèlerins ne peuvent plus visiter la Terre Sainte. En revanche, ils sont obligés de subvenir aux besoins de leurs familles qui vivent dans des régions durement éprouvées par la guerre ou la pauvreté (Ukraine, Russie, Belarus, Moldavie et autres).

Le berceau du monothéisme implose sous la pression persistante, tenace, impitoyable d’un colonialisme économique qui s’acharne à méconnaître sinon éradiquer les premiers héritages de la foi. Les cèdres du Liban chancellent.

L’Etat d’Israël se raidit de manière contrastée, faisant face à la non-reconnaissance persistante des nations et des Églises. L’année commence sur une révélation diplomatique qui a couvé depuis plusieurs décennies en mineur : l’ouverture des Emirats arabes du Golfe, bientôt Oman, peut-être le Koweit… mais encore fallait-il, au cours de ces temps longs, discerner la venue de nombreux Arabes de ces pays, voire d’Arabie Saoudite.

Il a suffi de repérer et de lire la presse israélienne, arabe, d’écouter les observateurs avisés (Ksénia Svetlova en russe, hébreu et anglais, Mordechai Kedar et tant d’autres bien discrets). Ensuite, c’est un rouleau de cohérence géo-stratégique qui se déroulerait au temps voulu depuis les limbes des descendants des Enfants d’Israël. Une espérance rédemptrice et l’affrontement charismatique au danger de tribulations trop téméraires ou mortifères ?

Israël est continuellemment confronté à la pression d’un étau géo-stratégique qui est aussi un combat spirituel souvent difficile à déchiffrer. Il y a belle lurette que le Yémen, Dubaï, Qatar, mais aussi la Jordanie, l’Egypte ou encore l’Ethiopie constituent des points de surveillance directement reliés à l’axe du Nil à l’Euphrate, passant par la corne de la mer Rouge. La foi conduit-elle à la mort ? Ou bien conduit-elle à la pénitence ?

Le pardon implique-t-il la guerre et le meurtre quitte à ce que cela se termine par être marqué de manière indélébile par une marque comme le signe de Caïn ? Et Jésus, juif par naissance (Galates 4, 4), ouvre-t-il à un salut qui ne peut se libérer du sang et de la haine ? Il y a une manière plus en vogue de considérer les choses, sécurisante car plus compréhensible. Les médias et conseillers aiment à s’enliser dans des scenarios conceptuels. En 2010, l’actualité semblait faite d’incohérences ou de “turbulences sans queue ni tête”.

On voudrait souvent mesurer les Ecritures à l’aune d’une universalité humaine  rendue anonyme, usurpée ou, au contraire, hyper-nationaliste voire intemporelle. Le Fils de l’homme est né: il a donc ouvert ses poumons par un cri sonore.

Il y a cette dimension du langage. Il est, dans les langues sémitiques, à la foi “objet = davar/דבר” ou “parole = davar, ma’amar, memra\דבר – מאמר – ממרא”. Et pourtant, ce petit mot trilittère mue à l’occasion en “dèvèr/דבר” … “la peste”, l’une des plaies d’Egypte présente dans la Haggadah de Pessah (le récit de la Pâque juive de la Sortie d’Egypte).

La PESTE ! Elle s’est répandu comme ces bactéries impalpables, souvent moralement déhonorante dès que l’Occident a compris que la bébête qui grimpe – le Covid-19 – et détruit les corps et l’équilibre mental de manière apparemment trop sournoise ou adaptée à l’inconséquence sociétale fait penser, irrémédiablement à l’ouvrage d’Albert Camus. L’ouvrage a été immédiatement cité depuis Paris jusqu’aux Etats-Unis, l’Afrique du Sud, l’Australie ou Hong-Kong.

Bien avant l’invention de tous les magnétophones, magnétoscopes, MP3, DVD, mobiles, smartphones, la culture sémitique a affirmé que les sons étaient “matières” et ne disparaissent pas.De fait, “le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous” (Jean 1, 14) est tant la “bonne nouvelle” (bessorah/בשורה) d’une incarnation (bassar/בשר) que la nourriture qui dépasse la matière. Toutes deux donnent de la joie, sont sources de jubilation intense.

C’est pourquoi ce texte est aussi lu dans la nuit de la Pâque byzantine… L’”espèce”, la nation ou communauté humaine assiste à un modèle limpide de “renouveau de l’incarnation” et de la “résurrection” quand une langue réapparaît. Ceci est d’autant plus vrai que le fait n’est pas naturel. Et cela rend alors totalement caduque toutes les hypothèse émises plus haut sur l’avenir d’une région comme le Croissant fertile.

Il m’est souvent arrivé d’enterrer des personnes venues de l’ex-URSS qui décédaient trop jeunes. Dans le désert de Beer-Sheva, on ne peut se nourrir de produits hyper-caloriques arrosés de vodka ou autres spiritueux.

Comme j’enterrais un jour une jeune grand-mère de soixante ans en lisant des psaumes en hébreu (nous étions sur le site-même d’Abraham), les enfants me démandèrent pourquoi je ne célébrais pas tout l’office en slavon d’Eglise. L’un d’eux me dit: “Boubele est morte, une langue s’est tue, on ne l’entendra plus jamais”. C’est un peu comme si la mémoire d’une taïga immense, aux horizons sans fin s’enlisait dans le désert du premier patriarche et initiateur de la Foi.

Cela se passait voici quelques années et le fait était, reste assez fréquent pour la génération de ceux qui sont venus de l’”ailleurs”, de terres impériales, trops vastes, incroyablement disparates, composées des ethnies, des langues et des dialectes les plus étonnants. Il se passera du temps entre le moment où la “langue des aïeux” se sera tue et celui où l’hébreu  deviendra la langue familière, celle de l’âme et de la mémoire multiséculaire des enfants qui apprennent à l’utiliser, se l’approprier de manière évidente, innée.

Aller acheter un morceau de viande (bassar/בשר) au supermarché et faire le lien avec une “Bonne Nouvelle (mevasser\מבשר) relève encore de la pirouette cérébrale. En hébreu, le “corps et le sang” de Jésus ressuscité, partagé selon les traditions du repas eucharistique, fondement de l’unité et de la foi de l’Eglise comme corps du Messie n’a pas d’équivalent dans les langues non-sémitiques.

En hébreu, “corps et sang = bassar vadam = בשר ודם” exprime ce que Jésus dit lors de la Pâque partagée avec ses disciples. Mais l’expression, tant en hébreu qu’en araméen (ܦܔܪܐ ܘܕܡܝ / faghr wadem), indique que le “corps et sang” est un humain (le terme n’est pas sexué et ne le devient que par le lien avec le locuteur) et qu’il s’agit d’un être mortel.

La nature virginale de la conception de Jésus né à Bethléem, donc “[Fils de] la Maison du Pain”, offre un reflet singulier de la fécondité divine (nourriture [lekhem-lakhma/לחם-לחמא = pain, viande, repas], de l’espérance et de la vision [KHalom/חלום = rêve, révélation], de la solidité, de la préservation [Melakh/מלח = sel], du pardon [Makhal/מחל = pardonner], du combat (intérieur et eschatologique, cf. ceci de Jacob avec l’être indéterminé ou “ange”) [L(o)kham/ל(ו)חם = résister, résistance donc permanence et stabilité].

Je cite fréquemment le cas du Zimmûn/זימון ou “invitatoire” à bénir le Créateur qui, dans le judaïsme introduit tout repas de trois participants ou plus. Il est vrai qu’il est souvent omis. Mais les paroles sont typiquement eucharistiques au sens fort : “Nevarekh (Eloheinu) sheakhalnû mishelo/נברך (אלהינו) שאכלנו משלו  = Bénissons Celui (qui est notre Dieu) / Qui a) nous donne à manger.  Ou b) de Qui nous mangeons.” Les deux traductions – interprétations sont valides.

La plupart des liturgistes ont mis l’accent sur l’analyse du monde des bénédictions juives, tout comme la “Birkat HaMazon” ou prière d’action de grâces après le repas (cf. Louis Bouyer : Eucharistie, Théologie et spiritualité de la prière eucharistique, Desclée, 1966). Or, l’invitation à manger inclut en soi le partage reçu d’une substance fondamentalement divine et présente. Ce petit “Zimmûn” requérerait en soit tout une exégèse eucharistique…

Ces explications linguistiques et sémantiques devront être prises en compte lorsque le temps sera venu. Il faut d’abord que les mutations qui affectent les nations humaines dans leur ensemble en tant que collectivité de destinée sur cette planète soient suffisamment prégnantes, chargées de sens. Elles vont s’imposer non comme une suite de compétitions mais comme des facteurs de cohérences mentales, spirituelles, porteuses d’accomplissement.

La pandémie du coronavirus donne une fausse impression d’arrêt sur image, de frilosité paralysante. En 2020, toutes les Eglises chrétiennes, en particulier celles du Croissant Fertile, ont été tétanisées, cédant souvent à la peur, la distanciation envers soi et les autres, la difficulté à nourrir le plus grand nombre du “remède” sacramentel qu’est “l’Eucharistie” pour le croyant.

Le 7 janvier 1858 naissait Eliezer Ben Yehudah. En 2021, le 163-ième anniversaire de la naissance de Eliezer Yitzhak Perlman, cet homme passionné qui confirma l’hébreu comme langue parlée et féconde de la communauté d’Israël, reste confidentielle. Curieusement, il semblerait que l’anglais tente d’usurper constamment la place de cette langue dans la société israélienne, dans ses travaux scientifiques, intellectuels, industriels où sa sémantique exprime bien davantage que ce que nous percevons des réalités décrites par les parlers hébraïques…

Voici treize ans, le gouvernement israélien avait décidé que la date-anniversaire d’Eliezer Ben Yehudah sera désormais un jour dédié à la langue hébraïque. Le renouveau de cette langue comme miroir sonore et mental de l’âme attaché aux héritages multiples du judaïsme et la destinée juive les porte bien au-delà de toute forme de “boîte” culturelle. On pourrait même parler d’une sorte de “muscle fécond en contractions constantes”. L’hébreu a semblé disparaître. Il est toujours resté cette Parole de fécondité, née dans ce Croissant Fertile et marquant l’âme d’Israël jusque dans tout fuseau horaire et en tout paysage.

La renaissance  et le déploiement de la langue hébraïque, aujourd’hui parlée par les juifs de tous horizons et rassemblés de tous les points du globe terrestre, procèdent de cet inattendu “hors politique”. Je le souligne souvent: l’hébreu est sans doute la seule langue paternelle.

C’est cette langue que le “Père céleste” a parlée délivrant Sa Parole sous les formes les plus diverses, y compris l’incarnation de l’homme et du Messie. Eliezer Ben Yehudah partit du yiddish pour revivifier l’hébreu traditionnel. Il en fit un idiome sémitico-euro-asiatique ! Cette résurrection linguistique incite à voir bien plus loin que les évènements-flashes de la vie quotidienne.

Il y va de “l’accomplissement du temps des nations” (Luc 21,24) et d’un retour à la Parole du Père encore bien difficile à décoder comme une étape de l’incarnation. Ce sera un long et difficile itinéraire pour les Eglises chrétiennes, durement éprouvées dans la manière de partager les Sacrements en ces nouvelles années de pandémie coronavirale. Le virus ne fait pas de distinction entre les êtres humains. La foi en la résurrection est aussi impalpable et ne connaît pas de limite.

La nouvelle naissance, en notre génération, d’une langue réputée “morte” (ce qui est aléatoire dans le cas de l’hébreu) est d’une ampleur dont nous ne percevons pas encore la dimension prophétique porteuse de la fécondité divine et humaine de la conscience, du sens et de la présence de la rédemption. Elle ne confère aucun privilège à l’hébreu, elle n’écarte aucune langue. Elle naît et apporte un message d’espérance contre toute espérance.

Je joins à cet article l’interview que le journaliste israélien de langue française Michael Blum a réalisé voici quelques jours pour son émission diffusée sur Radio Qualita (Jérusalem) à propos de la fête orthodoxe de la Nativité qui a été célébrée le 6 et 7 janvier 2021 selon la tradition des Eglises orthodoxes et orientales de Jérusalem.

à propos de l'auteur
Abba (père) Alexander est en charge des fidèles chrétiens orthodoxes de langues hébraïque, slaves au patriarcat de Jérusalem, talmudiste et étudie l'évolution de la société israélienne. Il consacre sa vie au dialogue entre Judaisme et Christianisme.
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