Monsieur Macron : « L’islamisme djihadiste est un facteur de terreur commun »

DOSSIER - Photo d'archive du vendredi 9 janvier 2015, des policiers travaillent sur les lieux de l'Hypercacher à Paris après la prise d'otages par le terroriste Amedy Coulibaly. 
(AP Photo/François Mori, dossier)
DOSSIER - Photo d'archive du vendredi 9 janvier 2015, des policiers travaillent sur les lieux de l'Hypercacher à Paris après la prise d'otages par le terroriste Amedy Coulibaly. (AP Photo/François Mori, dossier)

Paris, le 20 septembre

Monsieur le Président,

L’histoire terroriste récente de la France est marquée par l’attentat de la synagogue Copernic en 1980, au massacre du restaurant Goldenberg en 1982, l’exhumation au cimetière juif de Carpentras en 1990 d’un cadavre accroché à un parapluie, la torture à mort d’Ilan Halimi en 2006, l’attentat à l’école juive de Toulouse en 2012, le supermarché Hyper Casher en 2015 tuant des otages, l’assassinat en 2017 de Sarah Halimi et en 2018 de Mireille Knoll et d’innombrables autres victimes de l’antisémitisme.

Ajoutez à cela les cibles non juives du terrorisme, parmi lesquelles Charlie Hebdo, l’agression à l’arme blanche d’un prêtre, l’assassinat de policiers et de soldats en dehors de leur service, la décapitation d’un professeur d’école, le massacre de piétons à la voiture bélier à Nice et l’attaque terroriste de 2015 contre le Stade de France, les restaurants parisiens et la salle de spectacle du Bataclan, actuellement en procès…

Que la victime soit juive ou non, les auteurs sont majoritairement des djihadistes islamistes. Ce dénominateur commun se brise cependant dans le traitement juridique des agresseurs.

Certains magistrats ont pu être influencés par leurs professeurs de droit, actifs dans le soulèvement de mai 1968, qui semblaient ainsi ne pas pouvoir croire que des jeunes musulmans défavorisés, victimes du racisme, pouvaient en fait devenir les auteurs. Certaines attaques contre des personnes ou des institutions juives ont donné lieu à des condamnations « gantées de soie », ou à ce que j’appelle des « jugements de la porte tournante ».

Parmi les pires cas à ce jour, il y a celui du meurtrier de Sarah Halimi, qui criait « Allahu Akbar » en la jetant d’un balcon vers sa mort. L’affaire a été « classée sans suite » car l’auteur était « sous l’emprise de stupéfiants ».

Toulouse est le siège du mouvement français BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions à l’encontre d’Israël), jugé illégal mais jamais jugé… C’est aussi à Toulouse que Mohamed Merah, sur sa moto, a tué – entre autres victimes – un rabbin-père enseignant avec ses deux petits garçons, puis a tiré une fillette de 8 ans par les cheveux avant de l’abattre à bout portant.

Mon collègue, le rabbin Abraham Cooper, doyen associé et directeur de l’action sociale mondiale du Centre, et moi-même avions rencontré les dirigeants musulmans afin de trouver un terrain d’entente pour désamorcer l’antisémitisme.

Malheureusement, la disculpation, la semaine dernière, d’un imam de la mosquée de Toulouse, qui avait appelé à tuer des Juifs au nom de Mahomet, est un sinistre signal. Une fois de plus, la justice française a ouvert les portes à l’incitation à la haine et à la violence.

Monsieur le Président, vous avez annoncé la création d’un « islam de France », respectueux de l’Etat de droit et de la diversité de la société de ce pays. Le temps de sa naissance est venu.

Très respectueusement,

à propos de l'auteur
Né à Londres. Etudes universitaires à Jérusalem, Philadelphie, Londres et Tokio. Directeur pour l'Europe de la Ligue Anti-Diffamation (1980-1986), Directeur pour Israël (1986-1988), Directeur des Relations Internationales du Centre Simon Wiesenthal depuis 1988. Chair du Journal for the Study of Antisemitism, Prix Jabotinsky de 2014, Légion d'Honneur du President Jacques Chirac, éditeur de La Haine Générique : Essais à la Mémoire de Simon Wiesenthal (publie en anglais, français, espagnol et russe)
Comments