Mises en examen

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion du bloc des partis de droite à la Knesset, le parlement israélien à Jérusalem le 20 novembre 2019. Photo de Hadas Parush / Flash90
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion du bloc des partis de droite à la Knesset, le parlement israélien à Jérusalem le 20 novembre 2019. Photo de Hadas Parush / Flash90

Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu est mis en examen par le procureur général de l’Etat pour corruption, fraude et abus de confiance dans plusieurs dossiers.

« Bibi » nie les délits reprochés. Formellement, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison si la corruption est retenue et trois ans en cas de fraude et abus de confiance.

Il bénéficie de l’ensemble des moyens mis à la disposition de la défense pour développer ses arguments et procéder à la défense de sa personne.

La ténacité des juges dans ces dossiers provoque l’indignation des partisans du chef du Likud. Le Pouvoir judiciaire israélien n’a que peu d’équivalents dans le monde. On cite volontiers le système judiciaire israélien comme un « gouvernement des juges », prêt à faire tomber ministres et gouvernements.

Sans entrer dans le fond des dossiers, la mise en examen du chef du gouvernement israélien en fonction d’expédier les affaires courantes est une attestation supplémentaire de vitalité démocratique exécutive, parlementaire et judiciaire de l’Etat hébreu.

Compte tenu des menaces sécuritaires vécues par le public israélien, le système de séparation des pouvoirs est extraordinaire. Il se doit d’être cité en exemple par les constitutionnalistes, les parlementaires et les magistrats du monde entier.

Si le système israélien de transparence était appliqué de façon universelle, peu de gouvernements se maintiendraient au pouvoir. S’agissant des Etats qui refusent à l’Etat juif le droit d’exister, ils voleraient en éclats. C’est précisément la terreur de la contamination démocratique israélienne qui constitue le fer principal de la haine anti-israélienne, tant au niveau des Etats qu’au niveau des idéologues autoritaires.

Reste à regretter l’atmosphère politique israélienne. Elle est caractérisée par des difficultés de dialogue entre les dirigeants politiques, des difficultés de formations gouvernementales et des interpellations judiciaires dont le peuple israélien se serait bien passé. Mais tout ceci reste malgré tout cadré par les règles de la démocratie israélienne.

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Pierre Saba
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