MENA2050 : la diplomatie autrement
Dans un monde arabe à la recherche de nouveaux horizons, la création de l’organisation MENA2050 marque l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs régionaux qui croient en un avenir commun.
Fondée par Eli Bar-On, cette plateforme a su regrouper des chercheurs, des entrepreneurs et des diplomates de divers pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, et vise à être un espace de réflexion et de coopération transnationale tourné vers un idéal régional 2050.
Au lieu de reproduire les modèles politiques habituels, MENA2050 privilégie une diplomatie ancrée dans la société civile
Son but ? Renforcer la confiance, favoriser la connaissance mutuelle et co-construire des projets de développement à long terme. L’approche s’inspire de la Track II Diplomacy – ou diplomatie parallèle – qui inclut des acteurs non étatiques, universitaires, ONG, entrepreneurs, leaders religieux ou culturels, pour renouer des liens là où la diplomatie officielle rencontre souvent des obstacles.
La diplomatie sociétale et décentralisée permet d’avancer des projets humains
Loin des négociations intergouvernementales ou des sommets protocolaires, MENA2050 fonctionne comme un laboratoire régional où les idées et initiatives circulent librement, un modèle safe space. Les enjeux de durabilité, d’innovation et de dialogue interculturel s’entrelacent avec ceux de la mémoire, de la culture et du vivre-ensemble.
Sa stratégie diplomatique est horizontale et participative, rassemblant des profils divers : chercheurs, journalistes, entrepreneurs, responsables publics et membres de la diaspora. Ensemble, ils représentent une forme originale de soft power collectif, axée sur la coopération plutôt que sur la rivalité.
Le nouveau paradigme régional offre cet élan
Tandis que les institutions régionales traditionnelles (comme la Ligue arabe ou l’Union du Maghreb arabe) se sont souvent enlisées dans des rivalités politiques, MENA2050 mise sur la coopération transnationale. Ce choix reflète une nouvelle réalité : les identités contemporaines sont multiples, connectées, souvent diasporiques.
Dans cette perspective, la gouvernance régionale s’établit « par le bas », à travers des projets concrets et des échanges entre sociétés. C’est une façon d’envisager un régionalisme souple, adapté aux défis du XXIᵉ siècle : écologique, culturel, technologique, et humain avant tout.
En combinant les leviers du soft power, de la diplomatie parallèle et de la coopération populaire, MENA2050 dessine une voie originale : celle d’une normalisation à visage humain, où la paix se construit d’abord dans les esprits et dans les pratiques sociales.
Avant d’être politiques, les rapprochements entre peuples doivent redevenir culturels et sociaux
C’est dans cette conviction que se trouve la véritable raison d’être de ce think-thank : faire de la société civile le moteur d’un avenir commun pour le Moyen-Orient.
L’auteur est membre du think tank régional MENA2050 ; cette affiliation est mentionnée à des fins de transparence.

