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Ile Maurice/Israël : De l’amitié à la rupture

Les relations entre Maurice et Israël ont toujours été compliquées. Les deux pays n’entretiennent d’ailleurs aucune relation diplomatique. Du moins officiellement. Le quotidien mauricien, L’express, s’est penché, il y a quelques semaines, sur les raisons de ce désamour qui tient davantage de la realpolitik que d’une conviction idéologique.

L’on y apprend, sous la plume d’Iqbal Ahmed Khan, que les racines du soutien mauricien à la Palestine remontent aux années 1970, et de manière paradoxale, cette solidarité avait moins à voir avec les événements en cours au Moyen-Orient qu’avec les ambitions de Maurice en Afrique : « Dans les années 1950 et 1960, Israël cherchait à sortir de son isolement diplomatique en établissant des liens avec les États africains. En échange de leur soutien diplomatique, Tel Aviv offrait des technologies de développement et agricoles (tout comme elle fournit aujourd’hui des armes, des systèmes de surveillance et des technologies cybernétiques). Dans les années 1960, plus de 1 800 experts israéliens étaient impliqués dans des projets de développement sur le continent africain, et d’ici 1972, Tel Aviv pouvait se vanter de compter plus d’ambassades africaines que le Royaume-Uni. »

Mais les choses devaient vite évoluer : « La guerre de 1967 avec l’Égypte, qui a abouti à l’occupation israélienne du Sinaï, a fait passer Tel Aviv du statut de partenaire en développement à celui d’occupant d’un territoire appartenant à l’un des membres fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), précurseur de l’actuelle Union africaine. La guerre de Yom Kippour en 1973 contre l’Égypte a encore davantage isolé diplomatiquement Tel Aviv sur le continent, ne laissant à Israël que des relations avec seulement quatre États africains : le Malawi, le Lesotho, le Swaziland et Maurice. »

Les responsables politiques mauriciens se retrouvèrent dès lors dans une position délicate. S’il refusa dans un premier temps de couper les ponts avec Israël, le Premier ministre de l’époque, Sir Seewoosagur Ramgoolam, demanda tout de même lors d’une session parlementaire à l’état hébreux « de se retirer des territoires occupés par la force. » Cependant, avec Navin Ramgoolam cherchant à renforcer les liens avec l’Afrique et devenant le président de l’OUA, Maurice a pris une décision réaliste en estimant que maintenir une relation inconfortable avec Tel Aviv, qui n’apportait pas de bénéfices significatifs sur le plan politique ou économique, ne valait pas la peine de compromettre ses relations sur le continent. Ainsi, en 1976, Maurice a rompu ses relations diplomatiques avec Israël et elles ne se sont rétablies qu’avec les Accords d’Oslo en 1993.

Pour lire l’article complet (en anglais), c’est par ici.

à propos de l'auteur
Journaliste depuis plus de 15 ans, Guillaume Gouges travaille à l’île Maurice, où il occupe les fonctions de rédacteur en chef. Par ailleurs, détenteur d’un diplôme de droit, il s’évertue raconter l’envers de la carte postale. Au travers de ce blog, il entend mettre en lumière les rapports compliqués qu’entretient son île avec Israël.
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