Macron lâche Israël

Illustration. Le président français Emmanuel Macron (G) rencontre le président iranien Masoud Pezeshkian (D) en marge de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège des Nations unies à New York, le 24 septembre 2024. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)
Illustration. Le président français Emmanuel Macron (G) rencontre le président iranien Masoud Pezeshkian (D) en marge de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège des Nations unies à New York, le 24 septembre 2024. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Au moment de commémorer le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas en Israël, la France, par la voix de son président Emmanuel Macron, vient de créer une onde de choc diplomatique. Dans une déclaration, le chef de l’État français a appelé à « arrêter de livrer des armes » à Israël, provoquant une tempête politique tant sur la scène nationale qu’internationale. Pourtant, hier encore, la France se disait l’amie indéfectible d’Israël. Aujourd’hui, par calcul politicien, elle lui tourne le dos. Et demain ? Que restera-t-il de sa parole dans le concert des nations ?

Cette déclaration marque une rupture significative avec la position traditionnelle de la France au Moyen-Orient. Elle intervient alors qu’Israël fait face à ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu qualifie de « combat sur sept fronts » : Gaza, le Liban, la Cisjordanie, le Yémen, la Syrie, l’Irak et l’Iran.

La réaction de Netanyahu ne s’est pas fait attendre, qualifiant les propos de Macron de « honte ». Car c’en est une. Une honte pour la diplomatie séculaire de la France, une honte pour son rang dans le monde, une honte pour l’héritage du Général de Gaulle qui, même dans ses désaccords avec Israël, n’aurait jamais abandonné un État souverain face au terrorisme. Pour le dirigeant israélien, alors qu’Israël combat « les forces de la barbarie menées par l’Iran », tous les pays civilisés devraient se tenir fermement aux côtés de l’État hébreu.

On ne peut s’empêcher de voir dans le positionnement d’Emmanuel Macron l’effacement progressif de la France éternelle au profit d’une gouvernance déracinée, sans colonne vertébrale, sans vision historique. Une gouvernance qui confond la prudence diplomatique avec la lâcheté morale.

Sur le plan national, les réactions sont tout aussi vives. Rachel Khan, figure intellectuelle française, s’est dite « complètement atterrée » par cette déclaration présidentielle, y voyant une concession politique aux forces de gauche représentées par La France Insoumise. L’ancien Premier ministre Manuel Valls va plus loin, pointant une incompréhension fondamentale de la diplomatie française face aux enjeux régionaux.

Cette prise de position pourrait avoir des répercussions significatives pour la France :

  • diplomatiques : un risque d’isolement vis-à-vis de ses partenaires occidentaux traditionnels, particulièrement dans le contexte transatlantique ;
  • économiques : des tensions potentielles dans les relations commerciales avec Israël et ses alliés ;
  • géopolitiques : une possible marginalisation de la France dans les futures négociations de paix au Moyen-Orient ;
  • sécuritaires : un impact sur la coopération en matière de renseignement avec Israël, cruciale dans la lutte contre le terrorisme.

En adoptant cette position, la France s’isole. Elle perd son crédit auprès de ses alliés traditionnels. Elle s’affaiblit dans une région où, depuis Bonaparte, elle avait su maintenir son influence.

La France mérite mieux que cette diplomatie du renoncement. Elle mérite des dirigeants qui comprennent que sa grandeur ne réside pas dans l’alignement sur les modes du moment, mais dans la fidélité à nos principes.

La question demeure : cette nouvelle orientation diplomatique représente-t-elle un virage stratégique réfléchi, ou une erreur d’appréciation aux conséquences potentiellement graves pour les intérêts français ?

à propos de l'auteur
Journaliste depuis plus de 15 ans, Guillaume Gouges travaille à l’île Maurice, où il occupe les fonctions de rédacteur en chef. Par ailleurs, détenteur d’un diplôme de droit, il s’évertue raconter l’envers de la carte postale. Au travers de ce blog, il entend mettre en lumière les rapports compliqués qu’entretient son île avec Israël.
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