Ma Nichtana ? Qu’est-ce qui a changé cette année ? Qu’y a-t-il de différent ?…

Des photos d'Israéliens toujours retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la "Place des otages" à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)
Des photos d'Israéliens toujours retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la "Place des otages" à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

En cette veille de la fête de Pessah, de la Pâque Juive avec ses symboliques de fête de la libération, que de choses se sont déroulées depuis les festivités de l’année dernière?…

Peut-on encore logiquement croire à ces libérations tant espérées, tant attendues de nos 134 otages encore détenus par la bête monstrueuse dénommée « Hamas, Djihad islamiste, terroristes sanguinaires, barbares d’un autre temps » ?

Doit-on encore admettre un miracle par lequel du jour au lendemain ces terroristes considèreraient enfin que nous parlons ici d’êtres humains, d’enfants, de femmes, de personnes âgées qui ne demandaient rien à personne, qui pour une grande majorité faisaient partie des activistes pour le rapprochement et la paix; quitte à reconnaître un état palestinien? Doit-on encore croire, le peut-on, à un sursaut soudain d’humanisme qui leur ordonnerait de tous les libérer ?

S’il est d’évidence que personne n’a d’informations concernant l’état de ces otages, s’il n’y a de semaines sans des messages de ce même Hamas quant à leur capacité à délivrer ne serait-ce qu’une quarantaine d’otages en bonne santé; vivants, pouvons-nous encore croire que demain, au pire après-demain, nos proches seront de retour?…Nous ne pouvons au mieux qu’espérer ; et c’est cette foi qui nous fait y croire, encore, toujours…

Face à cette situation de fêter « Pessah » fête de la libération , l’image bien ancrée dans nos esprits de ces otages pourrait-elle s’effacer, s’oublier ne serait-ce que l’espace d’une soirée ou deux? L’image de ces tables du « Séder » pour les otages saurait-elle s’estomper tout à coup comme si tout cela n’existait pas, comme s’il s’agissait ni plus ni moins que d’un cauchemar ?…

Des photos d’Israéliens toujours retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la « Place des otages » à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

Et puis n’oublions pas que là bas, du côté de Gaza, de Rafah la situation aurait tout de l’atroce, de l’inhumain : « véritable génocide », « famine sans nom », « morts en nombre incalculable »… Certes face aux otages israéliens dont nous ne savons rien du devenir, comment ne pas pleurer sur la situation de ces « pauvres palestiniens » obligés de faire la queue devant les 400, 500, 700 camions d’approvisionnement parvenus jour après jour afin de livrer cette nourriture qui n’arrive pas vers les israéliens détenus (témoignages d’otages libérés comme preuves…), comment ne pas s’indigner devant l’étalage des fruits et légumes vendus au marché local ?

Certes, face à ces mêmes otages israéliens enfermés dans des tunnels souterrains sans même possibilité de voir la lumière du jour, retenus auprès de « gentilles familles parmi ces « pauvres palestiniens », affamés, attaqués physiquement comme psychologiquement, comment ne pas s’émouvoir en regardant ces « pauvres palestiniens » obligés de profiter des joies de la plage, condamnés à aller nager histoire de penser à autre chose ?…

Alors que l’idée maîtresse du Séder serait de nous considérer comme si nous étions nous-mêmes sortis d’Egypte, cette année nous sera-t-il concrètement possible de suivre cette idée alors que les esclaves juifs sont bel et bien d’actualité et que leur délivrance ne semble encore qu’une vaste utopie ?

Il me semble que même la foi ne pourra venir à bout de ce que l’on sait du devenir de nos sœurs et frères, de ce que l’on ne sait pas, de ce que l’on imagine…

Hag A’Herut pour toutes et tous !!

 

 

à propos de l'auteur
Marc Lev réside en Israël depuis 1985, est blogueur depuis plus de 15 ans quant au monde juif face à l'International, à la région du Moyen-Orient, aux mouvances islamistes; a publié divers romans liés aux problématiques régionales, au régime iranien, aux extrémismes ( "Demain ?", "Et si..", "Après-demain..?" ), et a de-même développé des dons artistiques en se spécialisant dans des créations de peintures sur supports de bois divers avec des expositions ici et là. Marc Lev, dans ses écrits hebdomadaires, tente de donner une vision de l'intérieur, depuis Israël, des problématiques touchant le judaïsme international, Israël, la région du Moyen-Orient... par lesquels il se veut porteur de matières à réflexion...
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