Londres-Jérusalem : l’avenir des relations après le décès de la Reine Elisabeth II

Le roi Charles III de Grande-Bretagne lors de sa première audience avec le Premier ministre Liz Truss au palais de Buckingham, à Londres, le vendredi 9 septembre 2022, après le décès de la reine Elizabeth II jeudi. (Yui Mok/Photo de piscine via AP)
Le roi Charles III de Grande-Bretagne lors de sa première audience avec le Premier ministre Liz Truss au palais de Buckingham, à Londres, le vendredi 9 septembre 2022, après le décès de la reine Elizabeth II jeudi. (Yui Mok/Photo de piscine via AP)

Le décès de la Reine Elisabeth II plonge le Royaume Uni dans la mélancolie et l’incertitude mettant à une rude épreuve la nouvelle Première ministre, Liz Truss. Elle est la 15ième chef de gouvernement britannique que la Reine a nommé durant ses 70 ans de règne.

Durant sa courte carrière politique, Liz Truss, a changé souvent de camp et d’opinion. Elle pense probablement, qu’il faut changer de parti si l’on veut conserver les mêmes idées… Et pourtant, malgré cette conduite opportuniste, nous devons nous réjouir de la nomination. Depuis sa tendre jeunesse, Liz Truss, prouve sans aucun équivoque, une amitié sincère et un soutien inébranlable à l’égard d’Israël et du peuple juif.

Cette position constante s’inscrit en continuité avec la politique amicale de Boris Johnson. Un renforcement de la relation Israélo-britannique est donc à prévoir. Nous sommes convaincus que le nouveau roi, Charles III, connu pour ses amitiés profondes à l’égard du peuple juif, contribuera volontairement à ce rapprochement.

Déjà en octobre 2021, Truss avait signé un protocole d’accord bilatéral qui prévoit entre les deux pays une forte coopération dans tous les domaines et sur tous les plans, notamment dans les secteurs des services du Renseignement, de la cyber-sécurité et le combat contre le terrorisme islamiste. Ce genre de protocole n’a jamais été signé avec la France…

Sur le dossier iranien aussi, la Grande Bretagne s’engage à mettre fin au programme nucléaire militaire des ayatollahs. Va-t-elle franchement s’opposer à la position de l’Union européenne ? Sera-t-elle plus intransigeante que les Américains ?

Truss a également annoncé qu’elle étudiera la question du transfert de l’ambassade de Grande-Bretagne de Tel Aviv à Jérusalem. Une position courageuse qui est contraire à la politique britannique traditionnelle. S’agit-il que d’une promesse électorale ?

La nouvelle locataire du 10 Downing Street est aussi très critique sur le rôle partial et parfois même antisémite de l’ONU à l’égard d’Israël.

Elle a promis de durcir les règles anti-BDS et de lutter sans relâche contre la haine des juifs et les actes antisémites dans son pays.

La majorité écrasante du peuple britannique avait déjà jeté dans la poubelle de l’Histoire la dangereuse idéologie de l’ancien leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn.

Il présentait un socialisme primaire calqué sur le marxisme-léninisme. Un communisme prétendument égalitaire et généreux pour toutes les classes populaires mais qui, au demeurant, a pratiqué durant des décennies les travaux forcés et le Goulag. Un totalitarisme policier oppressif à l’égard des communautés ethniques, et surtout à l’encontre de millions de Juifs qui ont survécu à la terreur derrière le Mur de fer.

Les cris d’alarme courageux lancés par les leaders conservateurs dont Theresa May et Boris Johnson ainsi que par le Grand rabbin de Grande-Bretagne, avaient réussi à alerter et à mobiliser tous les Britanniques contre le fléau de l’antisémitisme, contre la bête immonde représentée par Corbyn.

La forte communauté juive a toujours été solidaire des luttes universelles et a contribué à l’effort de guerre contre les nazis avec notamment la célèbre Brigade juive. Les Juifs de Grande-Bretagne ont donné un second souffle à l’économie du pays et à sa vie culturelle et politique.

On peut raisonnablement espérer que les relations bilatérales entre Israël et la Grande-Bretagne, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, seront renforcées avec la nomination de Liz Truss, en dépit des campagnes et appels de certaines organisations d’extrême gauche et ONG pro-palestiniennes.

Par ailleurs, il convient de souligner que Sadiq Khan, le maire musulman de Londres, a permis d’ouvrir un dialogue fascinant et fructueux avec les dirigeants modérés de la communauté musulmane.

Le Brexit a offert à la Grande Bretagne une large manœuvre diplomatique. Dorénavant, Londres n’est plus dépendante des caprices bureaucratiques des commissaires ou fonctionnaires installés à Bruxelles en ce qui concerne la politique israélienne et le problème palestinien.

Nous souhaitons à Liz Truss plein succès dans ses nouvelles fonctions au moment où le peuple britannique pleure le décès de la Reine Elisabeth II.

Enfin, soulignons que durant 70 ans de règne et ses multiples voyages à travers les continents et les océans, il est étonnant et regrettable que sa Majesté n’a jamais foulé le sol de l’Etat d’Israël.

Le Roi Charles III est toujours le bienvenu en Israël. Venu en 1995 pour les funérailles d’Itzhak Rabin, en 2016 pour rendre un dernier hommage à Shimon Pérès et en 2020 présent à une conférence internationale sur la Shoah. Il s’était recueilli sur la sépulture de sa grand-mère, installée au sein de l’église du couvent Sainte-Marie-Madeleine, située au-dessus du jardin de Gethsémani sur le mont des Oliviers à Jérusalem…

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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