Logique de l’interlocution dans la mémoire juive
L’Universalisation de l’interlocution dans laquelle la Torah est plongée, ne peut se concevoir hors des régimes de sens dans lesquels elle est plongée, et qui lui imposent ses limitations tant formelles que contextuelles. Si elle échappe pourtant comme processus d’auto-rectification à l’engloutissement dans les formes historiques et culturelles où elle se déploie, c’est par une rhétorique constitutive de son caractère politique.
Le Juif est alors obligé de garder jalousement tous ses souvenirs, de les évoquer sans cesse, de les répéter continuellement, les accumulant et les entassant en un savoir global, tout entier, présent à chaque instant, prêt à être appliqué, perpétuellement disponible. Le juif ne peut ni ne doit s’appuyer sur son propre réseau sémantique personnel, faute de quoi il deviendrait complice. Omettant de s’enquérir sur ses conditions de possibilité, il devient alors nécessaire de s’appuyer sur une compréhension du débat, jalonné par un système objectif de repérages.
Le processus d’abstraction, soit du particulier au général, voire à l’universel, peut se lire à travers les aporétiques s’appelant les uns les autres dans l’animation de la pensée. A l’heure du déclin de tous les discours humanistes et surtout de la multiplication des systèmes catégoriaux juifs.
Systèmes catégoriaux juifs qui réactualisent d’autres empruntées à notre propre histoire, à d’autres formes culturelles qui répètent des questions plus intemporelles. Ceci, pour instruire par différence celles de notre temps.
Bref, on répète à satiété qu’il faut instaurer un vrai dialogue, sans l’avoir défini. Or, il faut porter une extrême attention à ce qu’on désigne ainsi. Le mot en paraît usé avant d’avoir pris sens. Déjà déshonoré ou en défection, le dialogue est de ces réalités qu’on ne connaît pas.
Un exemple : On répète benoîtement une phrase qui dit : « la France sans les Juifs ne serait pas la France » oubliant par le même fait que l’Europe ne serait pas ce qu’elle est sans les Roms. On ne saurait donc trop engager le dialogue à prendre des risques calculés avec simplement des concepts irréfléchis.
