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L’Iran échappe à la réprobation morale constante que l’on jette sur chaque action d’Israël et des États-Unis

Le vice-président américain JD Vance s'exprime lors d'une conférence de presse après sa rencontre avec des représentants du Pakistan et de l'Iran, le 12 avril 2026 à Islamabad, au Pakistan. (Crédit : AP/Jacquelyn Martin, Pool)
Le vice-président américain JD Vance s'exprime lors d'une conférence de presse après sa rencontre avec des représentants du Pakistan et de l'Iran, le 12 avril 2026 à Islamabad, au Pakistan. (Crédit : AP/Jacquelyn Martin, Pool)

Le regard médiatique porté sur le conflit au Moyen-Orient en cours est parfaitement biaisé. Celui-ci ne doit pas aspirer à la neutralité, évidemment, seulement à l’honnêteté. En ce sens, on peine à percevoir le moindre jugement moral sur le comportement des mollahs iraniens. Dans le même temps, toute la sévérité intellectuelle est axée sur les faits, gestes et déclarations d’Israël et des États-Unis. Exemples à l’appui : Emmanuel Macron a considéré l’initiative guerrière américano-israélienne comme contraire au droit international. Ce droit est manifestement à géométrie variable, concernant au moins la partie israélienne. Dur de considérer comme conforme au droit international l’attaque iranienne contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires le 17 mars 1992 ou l’assistance financière, militaire et logistique au Hamas et au Hezbollah officiellement terroristes.

Sans la République islamique, il n’y aurait pas eu de 7-Octobre.

Les discours très particuliers de Donald Trump sont particulièrement brocardés. Pour beaucoup, c’est à juste titre, au regard de leur caractère erratique, hyperbolique et narcissique. En revanche, les forfanteries hallucinées du porte-parole de l’Iran islamique ne donnent jamais lieu à la moindre ironie. Détail minuscule mais révélateur : sur la chaîne publique de télévision française samedi dernier à 13 heures, nous avons assisté à l’arrivée des délégations américaines et iraniennes au Pakistan. Le vice-président JD Vance était décrit comme « droit et bombant le torse ». Le représentant iranien n’était pas raillé physiquement : regard critique à sens unique.

Le vote par le Parlement israélien d’une loi prévoyant la peine de mort pour les terroristes palestiniens a fait l’objet d’une contestation massive. Sur cette loi certes très contestable, même l’Ordre des avocats du Barreau de Paris y est allé de sa contestation. La même condamnation n’a pas été faite des pendaisons expéditives des opposants iraniens. Pourtant, les mises à mort effectives d’innocents comme celle de Saleh Mohammadi, 19 ans, lutteur de l’équipe nationale, ou d’Amirhossein Hatami, 18 ans, et de tant d’autres sont bien plus graves qu’une loi soumise à la Cour suprême pour exécuter des terroristes. Il n’y a eu que trop peu de condamnations ordinale ou intellectuelle de ces exécutions.

Le correspondant américain d’une chaîne d’informations continue française s’est plaint le 6 avril depuis Washington de ce que les bombardements américains sur des infrastructures civiles iraniennes étaient illégaux : « de toute manière, Donald Trump se fout de la loi », a-t-il ajouté familièrement. De même, les bombardements ciblés par l’aviation israélienne sur les fiefs du Hezbollah au Liban donnent lieu à force commentaires et récriminations. On peut le comprendre puisque ceux-ci ne sont pas exempts de dégâts collatéraux sur des civils : notamment ceux sur Beyrouth le mercredi 8 avril. Peu toutefois, à l’exception remarquable de François-Xavier Bellamy, ont eu l’intelligence et le courage de faire remarquer que « le Hezbollah en est le responsable puisque ses dirigeants se cachent dans des quartiers où vivent des populations civiles (…) l’utilisation de boucliers humains est prohibée par le droit international ». Très peu auront rapporté que, selon Tsahal, 180 terroristes avaient pu être éliminés dans ces bombardements. Et surtout, c’est à mettre en perspective avec l’absence de condamnation des bombardements iraniens, systématiquement sur des zones civiles et causant des pertes de vie humaines.

C’est dans le creux de cette injustice que j’avais pu pronostiquer dès le 20 octobre 2023, dans Journal de guerre, que l’État pogromisé, Israël, serait bientôt nazifié. Cette injustice démesurée pourrait se voir sous le mélange des aversions politiques antisionistes et anti-yankee couramment observées, mais il convient plutôt de l’expliquer sous un angle psychologique. Il s’agit de la résultante d’un masochisme occidental croisé d’une indulgence méprisante pour l’oriental.

à propos de l'auteur
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain.
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