L’Internationale de la Haine

La droite extrême est en France une composante politique permanente. Elle semble parfois disparaître des radars, mais c’est pour mieux resurgir quelques années plus tard.

On se souviendra que durant les mandats de F.Mitterrand, elle a eu une audience considérable puis après Carpentras, elle avait quasiment disparu.

Ces cycles sont largement liés à la force et la fermeté de la droite française. Quand elle ne transige pas avec le racisme et la xénophobie, quand elle n’est pas divisée et déchirée par des rivalités personnelles, elle résiste et la droite extrême se tasse. En revanche quand un Mariani, après avoir plaidé de longues années pour une alliance rejoint le parti principal de l’extrême-droite, alors ses électeurs renforcent ce courant nauséabond.

Dans les années 1920, ils s’appelaient Xavier Vallat, François de la Rocque (colonel), Antoine Redier, Bertrand Deroulede, Jean Ybanegaray, Henry Dorgeres ou bien François Coty. Ils étaient violents et ils s’exprimaient entre autres dans Gringoire, ils formaient des ligues et empruntaient les symboles du Ku Klux Klan (la croix de feu).

Puis vint la Guerre et le régime de Vichy, alors les Charles Spinasse, Jacques Doriot, Marcel Déat et son Rassemblement national populaire (déjà), le Docteur Allibert, Pierre Laval, Colonel Rémy alias Gilbert Renault, Eugène Deloncle, Philippe Henriot, Joseph Darnand et Louis Ferdinand Céline ont écrit dans Je suis partout et ont envoyé à la mort des centaines de milliers d’innocents.

Puis vinrent les guerres coloniales et la défaite de Diên Biên Phù. Et la génération de Minute et de Rivarol, les Pierre Poujade, Jean Marie Le Pen et son Front National, Pierre Sidos, Jean Louis Tixier – Vignancourt et son Rassemblement National s’attaquèrent à la République au nom de son déclin…

Charles de Gaulle releva le défi et prit le destin de la France en main.

Alors cette droite extrême retrouva sa forme initiale, sous la forme de l’OAS, l’Organisation de l’Armée Secrète avec Pierre Lagaillarde, Joseph Ortiz, Jean Jacques Suzini, le Colonel Tomazo, Jean Didés rejoints par le fameux «quarteron de Généraux».

On les croyait disparus à jamais mais…

Maintenant ce sont les Louis Aliot, Jordan Bardella, Thierry Mariani, Sébastien Chenu, Ludovic Pajot, Nicolas Bay, Gilbert Collard, Bruno Bilde ou Robert Menard qui viennent chercher à détruire la République et en prime l’Europe.

Tout ça par avidité et pour le pouvoir.

Tout cela au nom d’un nationalisme qui cache leur soumission.

Tout cela parce que Poutine et Trump les ont achetés pour le faire.

Et ils ont le culot de se dire patriotes ?

Qui défend la France ?

Que serait devenu le Portugal sans l’Europe ?

Que serait devenu la Grèce sans l’Europe ?

Maintenant, ils fondent l’Internationale de la Haine avec leurs amis européens.

Comme en 40 avec Pétain, ils n’hésiteront pas un seul instant à vendre la France et leur âme à Poutine, Bannon ou je ne sais qui, pourvu qu’on leur laisse quelques miettes de pouvoir et qu’ils puissent casser du juif…

About the Author
Alain BENICHOU est né à Oudjda au sein d'une famille de juifs d'Algerie vivant au Maroc tout de suite après la guerre (24 mars 1947). Il a été recruté en 1971 par le Ministère de l’Intérieur pour travailler à la modernisation de l’action de l’Etat. Dans ce cadre il a modernisé le système de centralisation des résultats électoraux. Il a été deux fois décoré dans l’ordre du Mérite par Messieurs Philippe Marchand (chevalier) puis Daniel Vaillant (officier). En 2010 il a pris sa retraite et s’est installé à Tel Aviv. Il a écrit deux romans (sur sa famille) et un recueil de nouvelles (sur Israël).
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