L’intelligence artificielle à l’assaut de l’économie israélienne

L’année 2026 marquera en Israël un tournant dans l’utilisation de l’Intelligence Artificielle dans les entreprises comme au sein du grand public. La vitesse de diffusion de l’IA devient rapide et le nombre d’utilisateurs va croissant.

Israël est en train de combler son retard dans l’utilisation et la diffusion de l’intelligence artificielle (IA). Soutenues par les pouvoirs publics, les entreprises font un usage croissant de l’IA qui devient une composante décisive dans la production de biens et services.

Adoption en entreprises

En ce début 2026, l’intelligence artificielle transforme le mode de vie des Israéliens, dans leur travail comme en famille ; elle est intégrée dans tous les secteurs d’activité et en améliore la productivité par l’automatisation de certaines tâches.

Selon l’enquête publiée récemment l’Institut israélien de la Statistique sur l’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises, la proportion d’entreprises utilisant l’intelligence artificielle dans la production de produits et de services a augmenté de manière significative : elle est passée de 28 % des entreprises en juin 2025 à 39 % en avril 2026.

Dorénavant, la part des entreprises utilisant l’IA dans leur processus de production est particulièrement forte dans certains secteurs comme :

  • la haute technologie : 65 % des entreprises,
  • les services et l’hôtellerie : 43 % des entreprises,
  • les commerces : 31 % des entreprises,
  • l’industrie à basse technologie : 26 % des entreprises,

Du côté des salariés aussi, la technologie de l’IA est bien intégrée dans les habitudes de travail : 57 % des employés israéliens l’utilisent au travail au moins une fois par semaine.

Un des secteurs qui connaît une progression rapide dans l’utilisation de l’IA est le secteur bancaire. Le rapport que vient de publier la Banque d’Israël sur l’état du système bancaire indique que les établissements bancaires ont intégré les applications d’IA dans leur mode de travail, tant au niveau des unités opérationnelles qu’au sein de leur direction.

Aide publique

Le gouvernement israélien a vite compris les enjeux de l’IA pour l’économie du pays. En ce début 2026, il a mis en place une série d’initiatives visant à améliorer les infrastructures, le capital humain et l’accès aux données :

  • le 19 janvier dernier, le ministère de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie a débloqué un budget de 40 millions de shekels qui sera consacré au lancement de 13 projets gouvernementaux pour l’intégration de l’intelligence artificielle dans le travail des ministères publics ;
  • le 17 mai dernier, le conseil des Ministres approuvait la mise en place d’un Quartier général national de l’Intelligence artificielle visant à garantir la supériorité technologique d’Israël dans le domaine de l’IA et à renforcer sa position parmi les grandes puissances mondiales.

Si les entreprises israéliennes de l’IA sont déjà dynamiques, l’aide de l’Etat est indispensable pour améliorer les infrastructures et les compétences numériques.

Licenciements massifs

En revanche, la diffusion de l’Intelligence Artificielle dans le monde professionnel inquiète de nombreux Israéliens : l’IA est perçue comme étant capable de remplacer l’homme, en effectuant son travail de meilleure qualité, plus rapidement et à moindre coût.

Et pour cause ; de nombreuses entreprises de haute technologie israéliennes viennent d’annoncer une vague de licenciements sans précédent. C’est notamment le cas des sociétés de logiciels Wix et Intuit qui annoncent une réduction de 20% de la main d’œuvre employée dans leurs centres de recherche en Israël.

Pour l’heure, le nombre croissant d’utilisateurs de l’IA semble indiquer que l’Israélien a dépassé sa peur initiale pour en tirer le meilleur profit. L’assaut de l’intelligence artificielle sur l’économie israélienne ne fait que commencer…

à propos de l'auteur
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il est installé depuis 1983. Il possède un doctorat en sciences économiques de l’Université de Paris. Il a enseigné l’économie à l’Institut supérieur de Technologie de Jérusalem de 1994 à 1998, à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 2002 à 2005 et au Collège universitaire de Netanya de 2012 à 2020. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il est notamment l’auteur de "Les Arabes d’Israël" (Autrement, 2008), "Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ?" (Armand Colin, 2012), "Les Israéliens, hypercréatifs !" (avec Mati Ben-Avraham, Ateliers Henry Dougier, 2015), "Israël, mode d’emploi" (Editions Plein Jour, 2018) et "Les Années Netanyahou, le grand virage d’Israël" (L’Harmattan, 2022). Dernier ouvrage paru : "Juifs et Arabes israéliens, la nouvelle donne après le 7 octobre 2023" (Auteurs du Monde, 2026). Régulièrement, il commente l’actualité économique au Proche-Orient dans les médias français et israéliens.
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