Libertés contre Hezbollah

Des partisans chiites libanais du groupe du Hezbollah soutenu par l'Iran, lèvent les poings et scandent des slogans à l'occasion de la commémoration d'Ashoura, commémoration de la mort de Saddam Hussein, le petit-fils du prophète Muhammad, dans l'Irak d'aujourd'hui, au 7ème siècle 10, 2019, à Beyrouth, au Liban. (Photo AP / Hussein Malla)
Des partisans chiites libanais du groupe du Hezbollah soutenu par l'Iran, lèvent les poings et scandent des slogans à l'occasion de la commémoration d'Ashoura, commémoration de la mort de Saddam Hussein, le petit-fils du prophète Muhammad, dans l'Irak d'aujourd'hui, au 7ème siècle 10, 2019, à Beyrouth, au Liban. (Photo AP / Hussein Malla)

Ce qui se passe en ce moment au Liban n’est pas anodin. La jeunesse a entraîné le public libanais à manifester son mécontentement, son « burn-out » de tout ce qui dysfonctionne dans le pays au détriment du public et à l’avantage de la nomenclature politique et institutionnelle.

Le président du conseil, Saad Hariri, a répondu au mouvement de masse par une intervention télévisée. Il s’y solidarise avec les jeunes et la jeunesse manifestant. Le Hezbollah, milice armée et financée par la « république islamique » d’Iran tient le pays en otage. Elle menace et réclame la fin des manifestations.

Ces manifestations sont le reflet de celles qui agitent de grandes villes européennes (Paris, Barcelone, etc). Elles indiquent l’écho reçu au pays des cèdres. Elles sont adaptées aux nécessités locales que sont les besoins en électricité, en eau potable, en libertés publiques, en fin des potentats politiques, etc…

Pour autant, le réel changement qui modifierait considérablement la condition des libanais consisterait à sortir le pays de l’étau iranien, d’en terminer avec l’état de guerre contre Israël, de se rapprocher des démocraties parlementaires en Europe et dans le Monde, y compris l’Etat hébreu.

Chacun sait chez les Libanais qui manifestent combien la solidarité contrainte avec les ennemis de l’Etat juif est contraire aux intérêts humains et vitaux du pays. Chacun sait combien cette contrainte coûte au pays en terme de libertés, de souveraineté, de tranquillité, de prospérité. Ce sujet est repris en filigrane dans la presse libanaise qui n’est pas inféodée au Hezbollah (L’Orient Le jour, An Nahar, etc) et dans les conversations privées parmi les Libanais.

Ces manifestations monstres qui agitent le Liban iront-elles jusqu’à porter les revendications de souveraineté et de liberté qui signifieraient la fin de la mainmise du Hezbollah sur l’ensemble économique, militaire et institutionnel du Liban ? Le sujet de la paix avec Israël sera-t-il ressorti comme en 1982 ?

La terreur imposée par le Hezbollah et la fermeté de l’appareil d’Etat forment une chape de plomb difficile à faire sauter pour des civils habitués à obéir et à se taire.

Mais qui sait jusqu’où peut mener une vague déferlante dirigée par l’intérêt des peuples qui veulent vivre et vivre libres ?

à propos de l'auteur
Pierre Saba
Comments