Les va-t-en guerre du Judaïsme

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Au risque de nous répéter, les rôles que doit jouer le judaïsme sur le continent africain sont désignés comme salutaires. De ce salut, on distingue les rôles fondamentaux et les rôles secondaires.

Les rôles fondamentaux sont ceux qui font référence au devenir des juifs africains, leur dessein fondamental. Au nom de ceux-ci, il estime le judaïsme doit déterminer et orienter la marche laborieuse des peuples africains vers la saisie de leur dessein fondamental.

L’attribution de ce rôle répond à une certaine vision du judaïsme africain qui fait de lui en dernier ressort un discours théorique appelé d’une manière ou d’une autre à intervenir dans le devenir général des hommes. Pour le juif africain, judaïsme et idéologie entretiennent des rapports féconds et constructifs aussi bien sur le plan théorique que celui de la praxie sociale.

Le judaïsme n’est pas un discours essentiellement conceptuel coupé du monde. Elle n’est que l’expression théorique discursive des manifestations concrètes de la vie, des rapports sociaux de production et d’échange dans la sphère de la superstructure.

Mais cette philosophie doit être au service de l’idéologie dominante. Pour cela elle doit se présenter sous la forme d’un corps de doctrine qui déterminera la nature générale de notre action consistant à unifier la société dont nous avons héritée. La philosophie devient ainsi toute idéologie explicitement formulée dans un discours théorique.

Cette idéologie, nous la concevons comme globalisante et vise à unir le peuple au corps social. Elle décide à la lumière des circonstances, de la forme des institutions et de la direction à imprimer aux efforts communs.

A la lecture de Essai sur la problématique philosophique dans l’Afrique actuelle on voit aisément les penchants de racistes pour de telles idées, non seulement en vertu de sa propre argumentation, mais aussi des termes dithyrambiques qu’il use.

De cette vision du judaïsme, il se dégage deux idées majeures : l’idée d’un judaïsme commun et celle que ce judaïsme même soit à la solde de l’idéologie. Sur le premier point notre semble faire un virage à cent degrés dans la confrontation.

En effet, tout porte à croire que tout le projet dans la pensée vise à ruiner toute idée du judaïsme commun, surtout si celui-ci mise sur le préconcept pour être brandi devant l’humanité comme certificat d’humanité.

Or un judaïsme dans lequel tous les africains se retrouveraient, car seule non habilitée à fixer leur dessein fondamentale est déjà un judaïsme non-commun, non original et spécifique. Le Judaïsme devient ainsi la pensée unique des maîtres à penser au service des intérêts singuliers de ces maîtres à penser.

Au lieu qu’elle soit cette libre tribune où les points de vue les plus contradictoires peuvent être développés, combattus, améliorés etc. selon les règles de la libre pensée, le judaïsme se mouvrait en une pseudo pensée illuminée ayant la prétention d’être seule détentrice de la vérité.

Cette situation est toujours dangereuse car elle peut avoir pour effet de donner une autorité sans borne à un individu ou quelques individus selon qu’une propagande efficace est orchestrée dans ce sens.

Dans le même ordre d’idées, il semble illusoire de vouloir faire de la philosophie une pensée qui se pense, une pensée qui n’admet aucune autorité physique ou spirituelle ni à côté d’elle, ni au dessus d’elle et en même temps concevoir que cette pensée soit la même chez tout un peuple. Car en la matière, la seule chose dont peut être sûre c’est l’intentionnalité.

Car elle se présenterait sous la forme d’un corpus juif, mieux idéologique ayant la prétention d’être la seule appropriée pour les peuples africains, et seule à même de dire ce que doit être leur destin. En tant que telle et en vertu des spécifiés indéniables de ces peuples par rapport aux autres peuples du monde, ce judaïsme aurait toutes les chances d’épouser ces spécificités.

Donc concevoir le judaïsme de cette manière et dire qu’il doit être perçu et vouloir
qu’il soit véhiculé par un binôme, c’est purement passer sous silence les conditions mêmes de possibilité de cette pensée juive.

à propos de l'auteur
Guershon Nduwa est le président de la communauté juive noire de France.
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