Les sociétés cotées, en bien meilleur forme économique que les indices boursiers à Tel-Aviv

Dans notre blog du 4 août 2020 « quel est le risque de faillite sur le marché obligataire israélien« , nous nous sommes proposé d’actualiser dans cette tribune les conclusions de notre modèle après la publication des résultats financiers de juin 2020.

En effet, la communauté économique et financière attendait avec appréhension les effets du confinement. Déjà, dans notre analyse des résultats du premier trimestre, nous avions postulé qu’il n’y avait pour l’instant pas de risques de vague de faillites sur le marché obligataire israélien. Les analystes financiers en Israël concluent maintenant aussi qu’il y a beaucoup de bonnes surprises.

Les profits exemplaires de la société fox

Lors de la période du confinement, les commerces situés dans les grands centres commerciaux ont exprimé publiquement leurs inquiétudes devant cette situation qui pourrait entraîner des grandes difficultés financières. Un des chefs de cette protestation fut Hari Vizel, le propriétaire d’une des plus grandes chaines de mode : Fox.

Cette dramatisation de la situation économique a permis à ces sociétés d’une part de ne pas payer leur loyer et de ne pas avoir à supporter les frais de salaire et autres charges. Ces facilités et la reprise de la consommation des ménages après le confinement leur ont permis de ne pas prendre l’aide du gouvernement qui leur était proposé et d’obtenir des profits historiques qui ont entraîné le versement très important de dividendes, dans le cas de la société fox, en particulier.

Les profits des compagnies d’assurance

La période du confinement a entraîné une baisse de demande de remboursement  des dommages et la reprise du marché financier, surtout à l’étranger a occasionné de forts profits financiers.

Le secteur bancaire

Ce secteur, dont la valeur boursière a baissé de plus de 30% depuis le début de l’année a présenté des pertes considérables, car la banque d’Israël leur a imposé un niveau de provision pour dettes non récupérables plus important que la norme internationale, alors que dans les faits, les ménages ont baissé de moitié leur demande de gels de dettes hypothécaires et d’un tiers des crédits à la consommation.

Les profits secteur de la technologie et du commerce du détail

Comme dans le monde entier, ces deux secteurs ont amélioré leurs résultats, car les conséquences directes du corona sont une plus grande utilisation du digital et une consommation accrue des produits de première nécessité.

Modèle Gugenheim : Nous publions depuis plusieurs années dans la presse financière israélienne un indice permettant de mesurer le risque de non remboursement des sociétés qui ont emprunté sur le marché financier israélien. Ce modèle qui est inspiré des théories d’universitaires français en gestion financière des années 80 s’est trouvé particulièrement performant sur les sociétés israéliennes en décelant par avance les sociétés en cessation de payement de ceux qui restaient viables. Il est principalement basé sur l’analyse de la trésorerie des entreprises et non sur le bénéfice comptable ou le rapport entre les actifs et dettes à court terme (fonds de roulement).

Ce modèle réactualisé au moins une fois par trimestre présente d’une part un indice global de risque de faillite sur le marché obligataire israélien (de 1 à 10, à partir de 5, nous déconseillons l’investissement sur le marché obligataire) et d’autre part le nombre d’entreprises par catégorie de huit risques de faillites (aaa jusqu’à bbb).

Conclusion

L’analyse des résultats financiers des sociétés (décembre 2015- juin 2020), montre une petite amélioration globale du bénéfice au second trimestre 2020. Ainsi, en moyenne, globalement sur les premiers six mois de l’année, il n’y a plus de pertes.

Notre indice est donc repassé au niveau 1. De même, on ne constate pas un glissement significatif du nombre d’entreprises dans une cotation plus risquée.

Cette constatation est corrobée par le fait qu’il n y a pas d’augmentation significative d’entreprises dont les experts comptables chargés de vérifier leur bilan ont averti que l’entreprise risque d’être en cessation de payements.

Ainsi, nous soutenons que bon nombre d’obligations, y compris certaines qui ont un taux de rentabilité d' »obligations poubelles » comme nous l’avons souligné plus haut et particulièrement celles où s’effectuent beaucoup de transactions sont injustement décotées par le marché.

à propos de l'auteur
Docteur Daniel Gugenheim a enseigné en France dans les grandes écoles de commerce comme HEC et l'ISG. Ayant effectué son alya en 1986, il enseigne à l'université Bar Ilan et fut économiste près de 30 ans à la Reshut Nyarot Erekh (Autorité des Marchés Financiers). Il a publié de nombreux articles en économie et finance en Europe et en Israël. Il est conseiller financier à Qualita où il donne une chronique hebdomadaire à la radio. Il est chroniqueur également à radio Judaica Bruxelles et est intervenant sur la chaine de télévision i24.
Comments