Les placements en Israël

Il s’agit de permettre au public francophone souvent non averti d’avoir un aperçu global de l’investissement en Israël afin de posséder les outils pour faire le meilleur choix.

Le cadre : trois régulateurs sont chargés de protéger l’investisseur en Israël :

La banque d’Israël : produits financiers proposés par les banques.

Reshut niyarot erekh (correspond à l’AMF en France ): investissement.

Reshut shuk hahon : assurance et établissements financiers.

Cette classification nous permet de définir quatre catégories principales de placement en Israël.

  1. Les dépôts bancaires

A) Shekalim (pikdonot) : La somme placée peut varier entre mille et des millions de shekalim et le temps du dépôt peut varier d’un jour à 10 ans. Ils sont vendus dans les succursales ou par internet. Vu le taux très bas proposé (autour de 0.2% par an, taux qui augmente selon la durée), certaines banques ne vendent plus de tels dépôts. Par contre, la banque Misrahi et la banque de Jerusalem proposent aux clients de toutes les banques des dépôts relativement attractifs sans le besoin d’ouvrir un compte. Les comptes créditeurs sont rémunérés. Les banques parfois proposent à leurs clients des sicav monétaires (kranot caspiyot) qui ont la même rentabilité et sont liquides quotidiennement. Enfin, l’intérêt est imposé à 15%, il existe des exonérations : retraités, handicapés…

B) Indexé monnaie étrangère (patsam) : euro et dollar. Caracterisques identiques à ceux décrits ci-dessus. A noter que parfois les intérêts sont négatifs et l’épargnant est pénalisé par la différence entre le cours d’achat de la devise et le cours officiel et la marge pris par la banque sur le taux du libor. (Il existe des dépôts en monnaie étrangère).

C) Dépôts structurés (pikdonot mouvnim) : Produit très complexe, ne peut être proposé que par un conseiller financier. Bloqué pour une longue période, le capital n’est parfois pas assuré. Ce produit était attractif, quand les taux d’interèts étaient plus élevés.

2. La bourse

A) Actions (menayot): par l’intermédiaire d’une banque ou d’un établissement financier. Rentabilité très variable, tenir compte des dividendes versés. Imposition de 25% sur les plus values et dividendes 50% pour les reat (immobilier locatif), les pertes sont déductibles.

B) Obligations (tigrot hov) : Emprunts d’état ou sociétés. Deux sociétés sont habilitées à noter les obligations cotées en Israël. Très fortes plus values ces dernières années dues aux baisses successives des taux d’intérêt. De ce fait, leur rentabilité future est souvent incertaine et voir négative. Imposition de 15% sur les intérêts et 25% sur les plus values, les pertes sont déductibles.

C) Sicav (kranot néémanout), ( site internet spécialisé funder.co.il), couvre tous les domaines, la plupart du temps sans droits d’entrée. Frais de gestion 0-2%. Même imposition que décrite ci-dessus.

D) Produits sur indice (kranot sal,kranot mehakot). Couvre tous les domaines, parfois peut être acheté et vendu plusieurs fois par jour. Droits d’entrée 0.2%, mais frais de gestions moins élevés que pour les Sicav. Même imposition que décrite ci-dessus.

Remarques : Souvent les banques prélèvent jusqu’à 0.4% de frais de compte sur les actifs mobiliers. Ce taux est négociable et peut être même supprimé et n’existe pas dans les établissements financiers.

3. Retraite

A) Caisses ( koupot guémel) : Investissement de moyen et long terme. Site officiel internet gemel.net.co.il. Vendu par des assureurs, à la banque et par des établissements financiers. Imposition très complexe. Par exemple, si le versement a bénéficié d’une réduction d’impôt, l’argent retiré même à la retraite peut être imposé comme un salaire. Dans le cadre d’un salarié, souvent l’employeur participe à 50% du versement. Rentabilité très variable et dépend du support de l’investissement. Ces dernières années, moyenne pluri –annuelle 3-5% par an.

B) Polices d’épargne (polisot hisachon) : Investissement de moyen et long terme, vendu par des assureurs. Imposition très complexe, les pertes ne sont pas déductibles, mais l’on peut changer de support d’investissement sans imposition. Les assureurs proposent de doubler l’investissement par des prêts à taux réduit, autour de 1%. Rentabilité très variable et dépend du support de l’investissement. Ces dernières années, moyenne pluri –annuelle 3-5% par an.

C) Fonds de formation (keren hishtalmout) : Investissement moyen terme. Le salarié ne verse qu’un tiers, déductible pour les indépendants, mais plafonné. Vendu par les organismes financiers. Non imposable après 3 ans pour formation ou 6 ans sans restriction. Les organismes financiers proposent des prêts à taux faible pour éviter les retraits. Rentabilité très variable et dépend du support de l’investissement. Ces dernières années, moyenne pluri –annuelle 3-5% par an.

4. Autres

A) Fonds d’investissement (kranot hashkaot): Ne peut être proposé qu’à moins de 35 investisseurs. Couvre tous les domaines, souvent dans l’immobilier ou la technologie. Rentabilité très variable, imposition complexe.

B) Plate-formes prêts sur internet : Contrôlé depuis 2018, rentabilité 3-12%, risque de perte totale du capital, bien que souvent l’organisme couvre le risque par une assurance. Imposition 15% sur les intérèês, perte non déductible.

C) Achat immobilier : Sites internet ou agent immobilier. Rentabilité très variable, en moyenne 2% pour le locatif. Imposition achat jusqu’à 10%, plus values 25%, location non imposée jusqu’à 5000 shekalim.

AVERTISSEMENT :

Il faut se méfier des publicités sur des investissements qui proposent des rentabilités mirobolantes, surtout quand il s’agit de programme d’investissement immobilier à l’étranger.

à propos de l'auteur
Docteur Daniel Gugenheim a enseigné en France dans les grandes écoles de commerce comme HEC et l'ISG. Ayant effectué son alya en 1986, il enseigne à l'université Bar Ilan et fut économiste près de 30 ans à la Reshut Nyarot Erekh (Autorité des Marchés Financiers). Il a publié de nombreux articles en économie et finance en Europe et en Israël. Il est conseiller financier à Qualita où il donne une chronique hebdomadaire à la radio. Il est chroniqueur également à radio Judaica Bruxelles et est intervenant sur la chaine de télévision i24.
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