Les Frères musulmans sans filtre en Europe

(Crédit : MEMRI)
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SEMMO N°34 – Savoir Écouter les Maux du Moyen-Orient –

Et aussi dans ce numéro : Ambassade embarrassante à Londres – Georges Ibrahim Abdallah « prêt à remettre ça » – Un sirop d’érable au goût rance.

Info n°1 : les Frères musulmans sans filtre en Europe

Nathalie Goulet, sénatrice française représentant l’Union Centriste, « travaille beaucoup avec les Émirats [arabes unis] »[1].

Début janvier 2026, elle a été interviewée par la chaîne émiratie Sky News Arabia au sujet des financements des réseaux des Frères musulmans par l’Union européenne.

Au nom de la diversité, nous [les Européens] finançons nos ennemis. L’Union européenne soutient des institutions liées aux Frères musulmans. Au nom de la diversité, nous soutenons le port du Hijab et nous allouons de fortes sommes à ces groupes.

Nathalie Goulet, auteur par ailleurs d’un projet de loi pour lutter contre le blanchiment d’argent et le narcotrafic international, s’est également émue du fait que l’Union européenne avait contribué à hauteur de 10 millions d’euros au projet du « Coran Européen »[2],[3]. Il s’agit d’un projet de recherche sur 10 ans destiné à prouver l’influence islamique sur la culture européenne entre 1150 et 1850.

Nathalie Goulet indique que ce projet a en fait financé la diffusion des idées des Frères musulmans en Europe. La preuve ? La présence parmi les chercheurs du projet de Nassam Afif, traductrice des écrits de Hassan al-Banna[4], le fondateur de la confrérie et grand-père de Tariq Ramadan, ou de John Tolan, islamologue réputé et favorable à ce que les Juifs d’Europe soient influencés par la vision islamique dans le but de combattre l’antisémitisme[5]. John Tolan a également exprimé son soutien aux thèses de Shlomo Sand qui prétendait que le peuple juif avait été inventé[6].

Nathalie Goulet conclut sur le fait que l’Union européenne doit absolument cesser de financer les associations liées aux Frères musulmans.

Il est important de noter, à ce sujet, que les Émirats Arabes Unis viennent de retirer les universités du Royaume-Uni de sa liste des établissements ouvrant la possibilité de bourses d’études. Cette décision fut justifiée par Amjad Taha, expert stratégique émirati, en ces termes :

Nous ne voulons pas que nos étudiants émiratis soient pris en otage par les islamistes djihadistes britanniques. Les Frères musulmans agissent à l’intérieur des universités britanniques et irlandaises, en recrutant et influençant [les étudiants]. [7]

Les universités israéliennes, elles, sont toujours sur la liste des établissements qui peuvent faire l’objet des bourses d’étude émiraties.

Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/goulet-europe-muslim-brotherhood-funding-quran

Info n°2 : ambassades embarrassantes à Londres

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L’ambassade de Palestine a dévoilé sa nouvelle plaque, de manière fort peu diplomatique. À 3 miles de là, l’ambassade d’Iran quant à elle a vu son drapeau retiré par un opposant au régime des mollahs et remplacé par celui de la monarchie iranienne – pour quelques heures seulement.

Quel est le point commun entre ces deux manifestations ? La faiblesse du gouvernement britannique.

Le 29 juillet 2025, incité par les démarches erratiques et irréfléchies d’Emmanuel Macron, le gouvernement de Keir Starmer a annoncé qu’il reconnaîtrait, inconditionnellement, l’État (inexistant et illégitime[8]) de Palestine. Conscients du fait que la gouvernance de cet État laisserait à désirer si on en juge par le comportement de l’Autorité palestinienne (AP) depuis sa création il y a 30 ans, les dirigeants des deux plus grands anciens empires coloniaux des temps modernes énoncèrent des vœux pieux à peine perceptibles quant à une soi-disant « réforme de l’Autorité palestinienne ». Keir Starmer indiqua simplement au milieu de son communiqué annonçant la reconnaissance infâme :

Nous accueillons avec bienveillance les évolutions annoncées par le Président [de l’AP] Abbas et qui devront servir de base à une AP largement réformée .[9]

On le sait, le Royaume-Uni et la France ont finalement fait fi des conditions préalables qu’ils avaient définies, montrant par là qu’ils étaient plus attirés par le mal que cette annonce causerait à Israël, que par le bien qu’ils prétendent rechercher pour le peuple palestinien.

Ainsi, le nouvel ambassadeur de Palestine à Londres n’a pas mâché ses mots dans sa critique du Royaume-Uni alors même qu’il inaugurait la plaque de la nouvelle ambassade :

[Cette ambassade] est un testament à la force, à la volonté et à la puissance du mouvement global pour la Palestine. Et surtout, elle est le résultat d’une lutte centenaire implacable du peuple palestinien, qui a débuté lors de la déclaration Balfour et sa négation de nos droits nationaux sur notre patrie.

Ces mots, prononcés avec toute la civilité diplomatique que la fonction d’ambassadeur requiert, sont en fait une insulte à la Couronne. Bien sûr, celle-ci n’identifia pas l’affront, confondant sans doute ce crachat avec le crachin londonien si fréquent.

La déclaration Balfour fut le premier acte concret pour le projet sioniste moderne. Elle fut prononcée à un moment où le peuple palestinien n’existait pas encore, à tel point que tout ce qui était désigné comme « palestinien », à cette époque, était en fait non seulement juif mais aussi sioniste.

Cette déclaration se contentait de dire que la Couronne voyait d’un œil favorable « la constitution d’un foyer national pour les Juifs en Palestine »[10].

Rappelons que la Palestine, à cette époque, regroupait Israël et la Jordanie d’aujourd’hui.

Désigner la déclaration Balfour, à Londres même, comme cause originelle du combat palestinien, prenant le risque de créer un incident diplomatique, montre que l’Autorité palestinienne n’a pas d’autre but que de revenir à la période qui précède cette déclaration : pas d’Israël, pas de Juifs qui ne soient pas dhimmis, pas de « deux États pour deux peuples », pas de frontières de 1967, pas de sionisme.

Dénoncer la déclaration Balfour, c’est dire, plus poliment : « from the river to the sea, Palestine will be free »[11].

Voilà ce qu’il se passe quand on récompense les actes de barbarie terroristes[12].

Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/palestinian-embassy-london-zomlot-global-movement-100-years-struggle

Info n°3 : Georges Ibrahim Abdallah prêt « à remettre ça »

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La France insoumise (LFI), ce parti politique français dirigé par le tonitruant Mélenchon, et dont l’eurodéputée Rima Hassan d’origine syrienne est l’égérie propalestinienne, avait accueilli « avec joie »[13], la libération de Georges Ibrahim Abdallah en juillet 2025. Celui-ci avait été condamné par la justice française à la réclusion criminelle a perpétuité en 1987 pour complicité de terrorisme.

De retour au Liban, il a donné une interview à Mayadeen TV le 13 janvier 2026. Selon lui, les actes de terrorisme en France et en Europe ont « malheureusement » cessé, mais il espère qu’elles reprendront « en toute légitimité ».

Les forces arabes doivent accomplir leur devoir [de faire des actes de terrorisme en France et en Europe]. Tôt ou tard, c’est inévitable.

Bien sûr, un esprit normalement et moralement constitué se dira qu’une telle déclaration publique est un mauvais coup pour LFI et les autres militants qui avaient lutté pour la libération du terroriste condamné.

Il n’en n’est rien. LFI ne regrettera pas son soutien, malgré cet appel à la violence. Et on les comprend. Certains électeurs – français comme européens – choisissent leur bulletin de vote en fonction de tels comportements, amoraux et dangereux.

Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/released-lebanese-terrorist-georges-abdallah-1982-assassinations

Info n°4 : un sirop d’érable au goût rance 

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Laith Marouf est un journaliste canadien basé au Liban, prétendument militant des droits de l’homme, et activiste pro-palestinien.

En 2022, le gouvernement canadien lui avait confié la mise en place de la stratégie de lutte contre le racisme des services audiovisuels publics. Quoi de plus naturel, en effet, que de se fier à l’antiracisme d’un militant des droits de l’homme pour établir une stratégie publique. C’était une erreur évidemment. Les hommes pour les droits desquels Laith Marouf luttait, excluaient les Juifs, qui comme chacun sait – surtout depuis le 7-octobre – « ne sont pas des hommes ». Tout comme, d’ailleurs, les associations de militantes féministes internationales nous l’ont montré depuis le même jour, « les Juives ne sont pas des femmes ».

Lorsque le gouvernement canadien ne put plus prétendre ne pas avoir connaissance du racisme antijuif pur et haineux de Laith Marouf, il interrompit sa collaboration. Après lui avoir donné le bon dieu sans confession et sans avoir, selon ses dires difficiles à croire, consulté les points de vue de Marouf par un simple examen des réseaux sociaux, le gouvernement canadien, sans craindre le ridicule, a même tenté de récupérer les 140 000 $ qu’il lui avait versés. Sans succès. Il aurait finalement tenté de transiger à 40 000 $, histoire de « rembourser les frais de justice ». La réponse négative et laconique de Marouf ne laissa pas de place au doute. Après que le gouvernement canadien l’ait instamment pressé d’être candidat à ce poste de consultant, Marouf n’a aucunement conscience d’avoir volé son salaire : lutter contre le racisme, défendre les droits de l’homme, n’implique aucunement de ne pas haïr les Juives et les Juifs[14].

Et pour bien marquer cette différence, pour bien montrer que sa haine ne porte pas sur les sionistes seuls, Marouf s’est attaqué aux « Juifs antisionistes ». En novembre 2025, sur la chaîne Free Palestine TV, il a prétendu que sans eux, la colère des opposants au soi-disant génocide de Gaza aurait été telle qu’ils auraient mis le feu aux synagogues du monde. Mais Marouf estime que cette retenue n’est pas méritée, parce que, tout antisionistes qu’ils sont, ils ne vont pas jusqu’à prendre les armes contre les autres Juifs. « Où sont les Schindler Juifs ? » s’insurge-t-il, prétendant que comme des Allemands se sont insurgés contre les nazis, des Juifs devraient se révolter contre les sionistes.

Trahissant son penchant favorable pour l’Allemagne nazie, Marouf déplore que, 80 ans plus tard, l’Allemagne n’ait toujours pas été absoute pour ses crimes nazis, alors qu’Israël le serait déjà pour des crimes équivalents beaucoup plus récents.

Laith Marouf concentre donc bien tous les travers du racisme haineux : le mensonge et la généralisation à tout un peuple, la diffamation, l’appel à la violence et l’apologie de crimes contre l’humanité.

Le gouvernement canadien, s’il avait fait preuve de clairvoyance, aurait pu, gratuitement, comprendre exactement en quoi consiste le pur racisme en se contentant d’analyser les positions de Laith Marouf avant de l’engager comme consultant. Bien mal lui en a pris : estimant d’abord qu’un « pauvre arabe victime de méchants sionistes » ne pouvait qu’être bon, chaque expression haineuse de Marouf est un coup de couteau qu’il encaisse, en soutenant sans doute « même pas mal ». Quand le Canada comprendra qu’il a mal, il sera sans doute trop tard pour panser les plaies. « Il fallait y penser plus tôt », pourra-t-on lui rétorquer.

Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/laith-marouf-anti-zionist-jews-moderated-fervor-synagogues-real-enemy-canada

[1] Voir cette intervention de la sénatrice au Sénat à 2:00 : https://x.com/senateur61/status/2011500536948727934?s=20

[2] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/E-10-2025-002376_FR.html#:~:text=Révélé%20le%2013%20avril%202025,de%20le%20faire%20

[3] https://euqu.eu

[4] https://amzn.eu/d/b4cI486

[5] https://youtu.be/IIvlx2kXiH8?si=3trH3PCSmR-wO1Im&t=354

[6] https://www.meforum.org/fwi/fwi-news/european-commission-spends-big-money-on-islamist-projects

[7] https://www.universityworldnews.com/post.php?story=20260115184836794#:~:text=The%20impact%20of%20excluding%20UK,drop%20from%20the%20year%20ending

[8] « Inexistant et illégitime » sont des ajouts de l’auteur de ses lignes. Inexistant, parce que c’est un fait. Illégitime parce que ceux qui réclament cet État pour l’habiter exigent qu’il remplace l’État d’Israël. C’est pourquoi toutes les offres de partage, depuis 90 ans, ont été refusées par les Arabes.

[9] https://www.gov.uk/government/news/statement-on-the-humanitarian-crisis-in-gaza-and-the-recognition-of-a-palestinian-state-29-july-2025?utm_source=chatgpt.com

[10] https://avalon.law.yale.edu/20th_century/balfour.asp

[11] Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre [de Juifs].

[12] Ces reconnaissances, sans conditions préalables, ont été désignées par Israël comme une récompense aux massacres du 7-octobre.

[13] https://lafranceinsoumise.fr/2025/07/17/la-liberation-de-georges-ibrahim-abdallah-est-la-victoire-du-mouvement-anti-colonial-et-de-letat-de-droit/

[14] Voir : https://www.westernstandard.news/news/feds-tried-to-settle-with-hate-speech-advocate-for-fraction-of-funds/62084

à propos de l'auteur
Laurent souhaiterait partager ses observations de la vie israélienne et française à travers son regard de Juif français devenu israélien en 2008. Il a pris l'habitude de regarder et analyser les phénomènes politiques, culturels, religieux, géopolitiques, sous un regard différent de celui qu'on a l'habitude de voir. En effet, avant d'arriver en Israël, il a vécu en France, en Allemagne, en Belgique et au Royaume Uni. Il observe les phénomènes humains avec un très large point de vue, puisant dans son expérience de vie et dans son désir d'écrire. Laurent a passé son enfance en Allemagne, fait ses études de management en Alsace et passé sa carrière professionnelle au Royaume-Uni, en France, en Belgique, en Israël.
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