Les dirigeants palestiniens sacrifient leurs jeunes

Des partisans palestiniens du Fatah lors d'un rassemblement marquant le 57e anniversaire du mouvement Fatah sur la place Palestine à Gaza, le vendredi 31 décembre 2021. (AP Photo/Adel Hana)
Des partisans palestiniens du Fatah lors d'un rassemblement marquant le 57e anniversaire du mouvement Fatah sur la place Palestine à Gaza, le vendredi 31 décembre 2021. (AP Photo/Adel Hana)

Le récent attentat à Elad, qui a vu l’assassinat de trois Juifs orthodoxes, donne à réfléchir sur le comportement de la jeunesse palestinienne qui semble répondre à des mots d’ordre inconscients de ses dirigeants. Ces jeunes oisifs obéissent à ceux qui s’expriment dans des discours violents et provocateurs à l’image de celui du chef du Hamas, Yahia Sinwar, prononcé à Gaza, qui avait appelé les Palestiniens et les Arabes israéliens à prendre les armes, quelles qu’elles soient pour «tuer des Juifs» : «Notre peuple vit dans un État occupé – dans le Néguev, la région du Triangle (nord), la Galilée, Haïfa, Jaffa, Acre et Lod. Que celui qui a un fusil s’en serve. Et celui qui n’a pas de fusil, qu’il prenne un couteau de boucher, une hache ou tout objet tranchant».

Il est clair qu’il s’agit d’un encouragement à la jeunesse arabe à participer à des attentats pour tuer des civils juifs et non pas pour affronter l’armée israélienne. Les dirigeants les poussent donc à agir de manière irréfléchie, sans préparation, sans organisation et sans logistique, les laissant concevoir des attentats où ils ne peuvent trouver au mieux que la prison au bout du chemin, voire la mort. L’amateurisme est le propre de ceux qui n’ont aucune formation militaire et qui agissent souvent en dépit du bon sens et de la simple logique.

Ce fut le cas des deux jeunes As’ad Alrafa’ani (19 ans) et Sabhi Abu Shakir (20 ans), tous deux originaires de Rumana près de la ville de Jénine, qui ont été envoyés à Elad avec des armes rudimentaires, une hache et un couteau, pour poignarder à mort trois personnes avant de fuir les lieux et de provoquer une chasse à l’homme massive. Il s’agit d’actions terroristes mal préparées laissées à la seule inspiration des candidats au suicide.

Aucune analyse des lieux préalable, aucune réserve alimentaire prévue pour quelques jours le temps de la fuite, aucun sac de ravitaillement, aucune carte avec itinéraire de sécurité, et avec une absence de téléphone pour éviter d’être repérés. Bref, au bout de quatre jours, affamés et harassés, les terroristes se sont laissé prendre sans résistance après avoir cependant, sans pitié, tué des pères de famille. Pour leurs dirigeants inconscients, ce sont des héros qui méritent les honneurs et la fête dans les villages pour faire des émules.

Le 8 mai, une autre attaque s’est produite près de la porte de Damas, lorsqu’un terroriste armé d’un couteau a poignardé un agent de la police des frontières de 24 ans. Les forces de sécurité israéliennes présentes sur les lieux ont ouvert le feu sur le terroriste, pour le neutraliser. Il s’agit encore d’un jeune résident de Ramallah, âgé de 19 ans, entré illégalement en Israël. Un autre Palestinien, armé d’un couteau, a tenté le jour même de s’infiltrer à Tekoa depuis la Cisjordanie. Armé d’un couteau, il a fait irruption dans la maison de la famille Yaïr Maimon qui a sorti son arme et tué le palestinien infiltré pour sauver sa famille.

Ces recrudescences d’actes terroristes perpétrés par des jeunes, agissant sur ordre, inquiètent parce qu’elles désorganisent la vie de tous les jours des Israéliens. Elles s’expliquent par le comportement des dirigeants palestiniens égoïstes, gavés de corruption, qui gaspillent les fonds et les aides internationales dans un armement stérile pour générer la mort et les larmes au lieu de s’occuper de leur jeunesse. En cause, l’oisiveté de ces jeunes poussés aux actes extrêmes et la responsabilité des parents qui se glorifient des actes de leurs enfants. À ce stade, il n’y a pas de logique.

Les dirigeants arabes, planqués dans leurs bureaux ou leurs bunkers, sont les vrais responsables car leur objectif est de semer la mort dans le seul intérêt de marquer les esprits et de remplir les premières pages des médias. C’est eux qui doivent payer, d’une manière ou d’une autre, car ils sacrifient sans raison leur jeunesse à qui ils ne donnent aucun espoir d’avenir.

Ces jeunes adolescents sont alors lâchés dans les villes juives avec la certitude de faire des victimes et de devenir eux-mêmes des victimes. Ces terroristes ont surtout la chance que l’armée et la police ont un code moral, une éthique et des principes humains qui laissent les terroristes en vie après leur forfait. Dans d’autres pays, ils auraient eu une balle dans la tête dès leur arrestation, par vengeance d’avoir transformé seize jeunes en orphelins de père. Mais pour ces jeunes qui manient le couteau, ils savent qu’ils auront peut-être une chance d’échapper à la mort et de moisir en prison pendant que ceux qui les ont poussés à agir continueront à vivre dans l’opulence.

Il est vrai que certains jeunes voient dans la mort une certaine issue, plus douce et plus libératrice, plutôt que de ressasser pendant des dizaines d’années leur crime abominable. Mais ils ont peu de conscience et peu de regrets tant ils sont intoxiqués. S’ils s’en sortent, ils auront un avenir meilleur et mieux tracé en étant logés et nourris et certainement éduqués aux frais d’Israël. Leur vie est gâchée, celles de leurs victimes aussi, celle des 16 orphelins certainement, tout cela à cause de discours inconscients enflammés.

Ces terroristes ne se rendent pas compte qu’ils amènent certes le malheur chez les Juifs mais aussi chez eux, dans leurs familles qui voient leurs maisons détruites pour avoir laissé faire. Toute une jeunesse arabe est sacrifiée par ses dirigeants. Les Israéliens ne peuvent pas rester indifférents car ils prônent la vie au lieu de la mort mais on les force à tuer pour se défendre. Les familles des victimes souffrent dans leur chair avec leur chagrin et leur peine. Les parents des terroristes sont aussi touchés dans ces épreuves parce qu’ils n’ont rien fait pour freiner l’ardeur de leurs enfants. Ils paient eux-aussi la bêtise de ceux qui les gouvernent.

Article initialement publié dans Temps et Contretemps.

à propos de l'auteur
Jacques BENILLOUCHE, installé en Israël depuis 2007, a collaboré au Jerusalem Post en français, à l'Impact puis à Guysen-Tv. Journaliste indépendant, il collabore avec des médias francophones, Slate.fr, radio Judaïques-FM à Paris, radio Kol-Aviv Toulouse. Jacques Benillouche anime, depuis juin 2010, le site Temps et Contretemps qui publie des analyses concernant Israël, le judaïsme, la politique franco-israélienne et le Proche-Orient sur la base d'articles exclusifs.
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