Les combats et les défis de Tsahal

Le chef d’état-major Gadi Eizenkot achève son mandat de quatre ans avec une satisfaction profonde.

Il laisse à son successeur, le général Aviv Kohavi, 54 ans, une armée plus puissante et plus sophistiquée pour pouvoir combattre efficacement sur tous les fronts, dissuader nos ennemis, et relever les nouveaux défis.

Gadi Eizenkot, 58 ans, est le premier chef d’état-major d’origine marocaine. Il parle peu et préfère l’action tout court.

Les photos exclusives publiées pour la première fois sur le site officiel de Tsahal prouvent que cet ancien chef de la brigade Golani est un homme affable, courageux, intègre, discret, et incorruptible.

Avant de quitter l’uniforme, Eizenkot a accordé de nombreuses interviews à la presse israélienne et internationale.

Ce général peu bavard a révélé les actions de Tsahal durant ces quatre dernières années et le bilan est fort satisfaisant malgré les leçons à tirer dans certaines opérations, et les améliorations encore à faire.

On apprend que l’armée israélienne a mené de nombreux bombardements en Syrie et au Liban et que des milliers de cibles ont été frappées.

Face à l’escalade dans la bande de Gaza, Eizenkot rejette la doctrine selon laquelle plus de force mettra fin au terrorisme. Il minimise la force du Hamas et nous dit crûment : « Quand vous combattez pendant des années contre un ennemi faible, cela vous affaiblit également ». Il affirme que la bande de Gaza n’est pas seulement un problème militaire, c’est un problème beaucoup plus complexe qui exige une approche sur plusieurs fronts et notamment diplomatique et militaire.

Le général baroudeur pointe l’Iran, et en particulier Qasem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la Révolution comme l’ennemi numéro 1 de l’Etat juif. Ses intentions de prendre Israël en tenailles au Nord et au Sud ont échoué au grand jour.

La stratégie iranienne dans la région n’a pas été réalisée et le Hezbollah a échoué à utiliser son réseau de tunnels d’attaque souterrains pour procéder à une invasion surprise de la Haute Galilée.

L’opération Bouclier du Nord qui vient de s’achever avec la découverte d’un sixième tunnel, ainsi que les raids contre des objectifs militaires iraniens en Syrie et contre des convois d’armes sophistiquées, ont empêché le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution d’utiliser le sol libanais et syrien comme tremplin pour attaquer Israël.

Durant les quatre années à la tête de Tsahal, le chef d’état-major a accompli toutes ses missions avec détermination en dépit des nombreuses critiques, souvent violentes à son encontre, comme dans l’affaire du soldat Azaria, ou son soi-disant laxisme à l’égard du Hamas en le pointant faussement comme « gauchiste »…

Il faut dire que c’était la première fois dans l’histoire de Tsahal que de telles critiques ont été prononcées, notamment par des membres irresponsables du Cabinet de sécurité et surtout sur les réseaux sociaux. Elles sont inadmissibles car notre armée est celle de tout le peuple et doit être strictement apolitique. Un ministre a bien entendu le droit d’avoir une opinion différente de l’état-major, mais son point de vue et son jugement sur les opérations de l’armée ne devraient pas être dévoilés sur la place publique.

Face aux défis à relever nous devrions apporter notre soutien inébranlable à Tsahal. A tous ces fils et filles d’Israël, Juifs et non-Juifs, qui défendent notre pays et assurent notre sécurité quotidienne, en risquant en permanence leur vie.

Nous souhaitons que le nouveau chef d’état-major, le général Kohavi, suive le chemin de son prédécesseur et nous lui souhaitons plein succès dans toutes ses missions et opérations.

Cet article a été publié le 13 janvier 2019 sur le site http://jcpa-lecape.org/

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 22 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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