Trump aboie plus qu’il ne mord

Alors que l’Iran traverse une période de répression sans précédent, dénoncée par des ONG telles qu’Amnesty International, l’on ne pourra que s’étonner de l’incroyable prudence à laquelle ne nous avait pourtant pas habitué Donald Trump. Pourtant, l’on ne peut pas dire que ce pays ait, depuis l’accession de l’Ayatholla Komeni au pouvoir en 1979, respecté les lois internationales, s’en prenant même à l’inviolabilité des ambassades adoptée le 18 avril 1961 à Vienne, comme le montre le superbe film « Argo » réalisé par Ben Affleck en 2012.
Heureusement que la Jordanie, l’Irak, et la Syrie, séparent Israël de ce foyer de l’intégrisme, même si la guerre Iran-Irak fut l’occasion d’une collaboration aussi discrète qu’étonnante...
Là où les choses deviennent révélatrices de la complexité de la situation au Moyen-Orient, c’est que que des États sunnites viennent au secours de l’Iran chiite afin de calmer les ardeurs du président américain et ce ne sont pas les seuls à avancer des arguments en défaveur d’une option militaire.
Mais, à bien y réfléchir, deux raisons majeures expliquent que Trump aboie plus qu’il ne mord. Tout d’abord, ce dernier sait très bien qu’une intervention militaire sur le sol iranien ne saurait remporter les suffrages d’une population ancrée dans son indépendance. Seules des frappes ciblées pourraient venir à bout de ce régime de terreur, mais, comme l’a montré l’opération US au Venezuela, il faudrait plusieurs mois pour mettre au point ces dernières.
Ensuite, il ne serait pas absurde de se demander si l’opération menée le 20 mars 2003 en Irak n’a pas laissé des traces quand à ses désastreuses conséquences… Comme on à l’habitude de le dire, la nature a horreur du vide. L’on sait ce que l’on perd, pas ce que l’on gagne, en particulier dans cette région du monde. Plus que tout, les USA et leurs alliés, qu’ils soient Juifs ou Arabes, redoutent que le vide laissé par une intervention militaire ne soit remplacé par un chaos donnant libre court à des extrémismes aussi sordides qu’incontrôlables. C’est ainsi, aussi curieux que cela puisse paraître, qu’Israël, avant que des mouvements de protestation massifs ne touchent l’Iran, passait un accord que l’on pourrait qualifier « de non agression » avec son pire ennemi.
Comme l’a brillamment démontré le film de Ridley Scott « Mensonges d’État », le Moyen-Orient est un endroit où la surface des choses masque une réalité bien plus profonde et complexe q’il n’y paraît. C’est ainsi que, malgré son courage et sa résistance à l’oppression, le peuple iranien n’a pas fini de souffrir du poids de chaînes dont lui seul peut se libérer..
