Les Arabes doivent aux Juifs bien plus que 250 milliards de dollars

Comme l’a écrit The Times of Israël, durant une commémoration en Israël pour les centaines de milliers de Juifs qui ont été forcés de quitter les pays arabes dans les années qui ont suivi la guerre israélo-arabe de 1948, « le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont demandé des réparations financières » dont le montant est estimé à 250 milliards de dollars.

J’espère qu’Israël obtiendra cet argent, et j’espère aussi qu’elle obtiendra beaucoup plus.

Nous, les Arabes, combattons Israël depuis plus de 70 ans avec deux objectifs: soit détruire Israël par la force, soit détruire Israël en la transformant en un État arabe grâce à une « solution » permettant à de prétendus réfugiés palestiniens de rejoindre l’État juif. Des coalitions d’armées arabes ont essayé la première approche en 1948, 1967, et 1973, et diverses entités terroristes arabes croient toujours qu’elles peuvent atteindre cet objectif. La deuxième approche a été la politique officielle du Fatah (même si elle n’a pas été expliquée en tant que telle dans les médias occidentaux) depuis qu’ils ont accepté l’existence d’Israël, mais pas en tant qu’État juif.

Si nous avions détruit Israël, nous serions entrés dans l’histoire en tant que responsables d’un autre génocide du peuple juif, peu de temps après l’Holocauste. En résistant et en vainquant les coalitions d’armées arabes qui ont tenté de la détruire, Israël nous a empêchés de devenir les deuxièmes nazis de l’histoire.

Et si nous avions réussi à transformer Israël en un État arabe, nous nous serions retrouvés avec un autre État arabe nul, où la démocratie est une fiction et où la torture, le bâillonnement de la presse, et les assassinats politiques ne le sont pas. Au mieux, la version arabe d’Israël aurait été un deuxième Liban, un pays en train de sombrer dans la théocratie musulmane avec des libertés décroissantes et une économie qui se meurt. Au lieu de cela, les Arabes israéliens vivent dans un pays avancé, avec de vastes opportunités économiques et des libertés démocratiques. Les Palestiniens vivant en Judée-Samarie et à Gaza auraient également pu obtenir ces avantages s’ils avaient choisi la paix plutôt que la guerre.

Israël nous a sauvés de nous-mêmes et continue de le faire aujourd’hui, en nous offrant à chaque fois une branche d’olivier, alors que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas mériter cette branche.

Israël accorde des droits égaux à ses citoyens arabes, même si le monde arabe a expulsé violemment presque tous ses Juifs.

Israël accueille les visiteurs arabes même si les Israéliens sont bannis de la plupart des pays arabes et même si les Israéliens sont souvent mal accueillis dans les pays avec lesquels Israël a conclu des traités de paix.

Israël évite méticuleusement de causer des victimes civiles lorsqu’elle se défend contre les terroristes, même si nos terroristes visent ouvertement les civils israéliens.

Israël a aidé des Syriens blessés lors de la guerre civile syrienne malgré que la Syrie soit toujours en guerre avec Israël et quelle continue de faire des menaces.

Si les Juifs s’étaient comportés comme nous, il n’y aurait pas un seul arabe en Israël aujourd’hui, y compris en Judée-Samarie et à Gaza. Il n’y aurait même pas eu la possibilité qu’on prétende que la Palestine existe.

Alors que nous traitions les Juifs comme s’ils étaient moins que rien, ils ont réagi en nous traitant comme des êtres humains et, ce faisant, ils nous ont donné une certaine dignité. Ils ont répondu à notre déni de leur humanité en reconnaissant notre humanité commune. Mais que nous choisissions de voir cette humanité partagée ou que nous choisissions de continuer à haïr les Juifs est notre décision à nous. Les Israéliens peuvent nous traiter comme faisant partie de la même humanité, mais ils ne peuvent pas nous obliger à nous comporter de la même manière.

Ce que nous devons à Israël va bien au-delà de ce que nous pouvons payer, et pourtant nous pourrions essayer, à commencer par reconnaître notre humanité commune.

Version anglaise : Arabs owe Jews a lot more than 250 billion dollars

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About the Author
Fred Maroun est un Canadien d'origine arabe qui a vécu au Liban jusqu'en 1984, y compris pendant 10 ans de guerre civile. Fred respecte le droit d'Israël d’exister en tant qu'État juif, et il est pour un Moyen-Orient libéral et démocratique où toutes les religions et nationalités, y compris les Palestiniens, peuvent coexister en paix ensemble et avec Israël, et où les droits des personnes sont respectés. Fred qui est athée, libéral, et un défenseur de l'égalité des droits LGBT partout dans le monde.
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