L’empreinte historique de Slat Al Fassiyine

Slat Al Fassiyine, une histoire, une mémoire. Crédit : Houda Belabd
Slat Al Fassiyine, une histoire, une mémoire. Crédit : Houda Belabd

Elle conserve encore l’endroit où le rabbin se tenait à l’heure de la prière et une ancienne copie de la Torah. Elle, pour la nommer, c’est la synagogue Slat Al Fassiyine. Pour raviver la nostalgie du bon vieux temps, ses adorateurs y accourent toujours en masses, malgré les restrictions sanitaires de la pandémie.

La place altère accordée à l’identité juive dans la constitution marocaine de 2011 met au net les nombreuses initiatives royales et gouvernementales destinées à préserver le patrimoine judéo-marocain. La réhabilitation architecturale des synagogues, comme celle de Slat Al-Fassiyine, n’en fait pas exception.

Érigée au cœur du Mellah de Fès el-Jdid, dans la capitale spirituelle du Maroc, la synagogue, dont le nom signifie en arabe la Prière des Fassis, était l’une des rares synagogues où les rituels non sépharades des toshavim, c’est-à-dire des Juifs marocains autochtones, se poursuivaient jusqu’au XXe siècle.

Un temple mérinide

Ce temple juif est, aussi, le plus antique de tout Fès. Selon plusieurs versions historiques et étatiques, sa construction remonte à l’époque mérinide, soit au XIIIe siècle. Son bâtiment actuel, quant à lui, a été bâti au XVIIe siècle.​​

Tombée en désuétude depuis les années 1950, soit depuis le grand départ de la communauté judéo-marocaine pour Israël, la France et le Canada, la synagogue a fermé ses portes en 2000, non sans causer l’ire des fervents défenseurs du vivre-ensemble intercommunautaire.

​En 2013, selon les directives du Souverain marocain et grâce à des fonds provenant du gouvernement allemand, de la communauté juive de Fès, de la Fondation Jacques Toledano, de la Fondation pour le patrimoine culturel juif marocain et du gouvernement marocain, elle a été ré-inaugurée ​et réhabilitée de fond en comble.

En 2016, lors de la fête de Hanoucca, la synagogue a rouvert ses portes au grand bonheur de ses adeptes et nostalgiques.

à propos de l'auteur
Journaliste avec préméditation, auteure en devenir et poétesse du dimanche, Houda voue un amour sans pareil au patrimoine judéo-andalou, un de ses sujets de prédilection. Lors de ses quelques voyages en Espagne (à Cadix, Jaén, et Huelva en Andalousie, mais aussi à Vilajoyosa, une commune d'Alicante en Communauté Valencienne) elle a pu visiter quelques juderías et découvrir les écrits du grand et majestueux Maïmonide sur son long séjour dans le beau Sud ibérique.
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