L’école et la culture : nouvelles cibles du gouvernement Netanyahu

Après la justice et la presse, c’est au tour de la culture de subir la volonté du gouvernement de tout contrôler.
L’école d’abord. Dès sa prise de fonction, le ministre de l’Éducation, Yoav Kish, avait manifesté son souci de mieux contrôler les programmes et d’éviter les conférences données dans les écoles par les organisations pacifistes. Mais il fait bon accueil aux organisations du bord opposé qui défendent devant les élèves la tradition présentée sous ses aspects nationalistes et religieux dans leurs acceptions les plus étroites.
Désormais, c’est à l’enseignement supérieur que le ministre voudrait imprimer sa marque pour que les universités soient « plus connectées aux besoins nationaux ». Non pas aux besoins de l’économie ou de la technologie israélienne pour lesquelles les universités ont amplement démontré leur compétence. Mais les « besoins nationaux » selon la doxa bibiste.
Le ministre aimerait modifier la composition du Conseil de l’enseignement supérieur qui accrédite les universités, les programmes d’enseignement et les orientations de recherche. En un mot, il voudrait plus contrôler les enseignants et les chercheurs, au mépris du principe de l’autonomie académique inscrit dans la loi de 1958.
Son collègue chargé de la culture et des sports, Micky Zohar, n’est pas en reste. Des spots télévisés financés par le gouvernement font la promotion de la campagne qu’il a lancée : « Le cinéma israélien, une histoire israélienne », mettant en avant des comédies populaires des années 1960–1970 et des films jugés « non controversés ».
Il affirme vouloir promouvoir une nouvelle version du cinéma israélien moins critique envers l’État. Et pour cela, leur réserver les subventions de son ministère (130 millions de shekels par an, soit environ 35 millions d’euros), au détriment des œuvres d’art et essai ou de créations audacieuses. La menace a déjà été mise à exécution. Mécontent que le prix Ophir (le « César » israélien) ait été attribué au film « La mer » dont le héros est un enfant palestinien, l’entreprenant ministre a boycotté la cérémonie de remise du prix et créé une manifestation alternative en faisant pression sur les artistes pour qu’ils choisissent la seconde.
Yoav Kish, Micky Zohar, et leurs petits camarades de la coalition font semblant d’ignorer que la recherche doit être libre et que l’art est par nature contestataire. Ils sont en train de perturber une vie intellectuelle et une culture dont les Israéliens étaient fiers à juste titre : fiers de leurs prix Nobel, fiers du succès des séries et des films israéliens dans le monde entier. Fiers des artistes qui satisfont le public local et donnent à l’étranger l’image d’un pays où il existe (encore) des chercheurs et des créateurs qui ont besoin de liberté et non de contrôles politisés.
