Le Sahara face à la bipolarité des nostalgiques

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La décolonisation a chambardé la dynamique des relations internationales au Maghreb. À la fin de la deuxième Guerre mondiale, les grandes puissances colonisatrices se retrouvaient affaiblies dues aux pertes économiques et humaines. L’indépendance des états africains devint nécessaire. Certes, certains pays ont pu goûter à une prospérité postindépendance relative, mais en grande majorité, ils font encore face à de grands défis politiques et sécuritaires.

La décolonisation en Afrique n’a aucunement suivi le cadre habituel lors de la vague de décolonisation des années cinquante et soixante. Le cas du Sahara marocain est le meilleur exemple. Le Sahara marocain, dit occidental, devient un terrain d’affrontement entre les hégémonies régionales et mondiales. Le jeu politique, derrière ce conflit, dépasse le Maghreb et les ambitions de ses dirigeants.

Dans un contexte de bipolarité post-2ème guerre mondiale, la joute dépasse les enjeux locaux et régionaux. La bipolarité est une répartition du pouvoir mondial, dans laquelle deux puissances usent de leur influence économique, militaire et culturelle au niveau international. Les sphères d’influence et les alliances se développent sous ce prisme impérial. Les pays se doivent de choisir un camp. Par exemple, durant la guerre froide, la plupart des pays, à obédience capitaliste, tombaient sous l’influence des États-Unis; tandis que la plupart des pays socialistes tombaient sous l’influence soviétique.

Les deux camps manœuvrent afin de soutenir des groupes dans des zones non indépendants, comme au Sahara occidental. Dans ce contexte international, le néoréalisme politique incarne la méthode utilisée par les puissances dans ce dossier, ni les États-Unis ni l’Union soviétique (aujourd’hui la Russie) ne répondent aux événements, qui se produisent au Sahara, par un affrontement militaire. Le conflit gelé répond mieux à leurs intérêts impériaux, aux dépens du développement local et régional.

L’ingérence étrangère devient et demeurera la cause de la pérennité de ce conflit. La primauté des intérêts géopolitiques dépasse celle du droit et des liens historiques entre le Maroc et ses provinces du sud.

Les acteurs internationaux ont un intérêt stratégique à garder le conflit gelé et résument leur position au processus onusien d’autodétermination, faisant fi de la réalité sur le terrain. Au-delà du manque de directives claires en droit international, l’impasse est essentiellement due au manque de volonté politique du Conseil de Sécurité à mettre fin à ce feuilleton. Quelle utilité du concept d’autodétermination, lorsque le contentieux est soumis exclusivement aux intérêts étrangers ?

Le dilemme de la résolution de la question Sahraouie ne réside pas en sa complexité ni en l’absence de négociation des parties prenantes. Le conflit du Sahara est avant tout un conflit teinté par des intérêts hégémoniques des États étrangers plutôt que l’aspiration indépendantiste d’une partie du peuple sahraoui.

Le soutien de la communauté internationale au Maroc lors des affrontements de Guergarat, suivi par la ratification européenne de l’accord de pêche incluant le Sahara et l’ouverture de consulats prouvent la reconnaissance croissante de la souveraineté marocaine sur le territoire. Le plan d’autonomie, implanté en parallèle avec le plan de décentralisation administratif marocain, devient le seul argument viable aux yeux de tous. Après l’invasion russe en Ukraine, le climat politique international devient de plus en plus allergique face à quelconques aspirations séparatistes.

Le conflit au Sahara est désormais un conflit du siècle dernier. Aujourd’hui, le royaume mise sur le développement économique de ses provinces du sud et sur la coopération sud-sud pour sceller ce dossier à jamais.

à propos de l'auteur
Blogueur, M.sc politique appliquée, propagande et communication politique, ÉPA PhDing, Diplomatie religieuse et culturelle
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