Le remplacement impératif de l’ONU

La SDN créée après la première guerre mondiale dans le but de maintenir la paix dans le monde fut évidemment un échec illustré par la seconde guerre mondiale. En conséquence le président américain Franklin D. Roosevelt décida de créer un nouvel organisme, « l’ONU », qu’il espérait être plus efficace que la SDN et cela avec le concours des alliés vainqueurs de l’Allemagne nazie.
La Charte des Nations Unies fut signée par 50 États en 1945, et le 10 décembre 1948 l’ONU adopta la Déclaration Universelle des droits de l’homme comme guide de conduite pour chacun des États Membres. Mais il se trouve à présent que la très grande majorité d’entre eux sont très loin de l’esprit de la déclaration des droits de l’homme au point que la légitimité de leur présence en tant que membre a dégradé l’Institution et son autorité.
Préambule de l’adoption des droits de l’homme par l’ONU le 10 décembre 1948 :
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.
Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.
Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les États Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu’une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.
L’Assemblée générale a proclamé la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les membres et tous les organes de la société, ayant cette déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, sa reconnaissance et son application universelle et effective, tant parmi les populations des États Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
De 1945 à 2022 le nombre d’États Membres de l’ONU est passé de 51 à 193 en raison notamment de légitimes décolonisations et ont entraîné un profond changement dans la nature de cette institution.
Deux États tyranniques sont devenus membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU et ont en conséquence un droit de véto sur les décisions qui décrédibilisent davantage l’ONU et qui sont la Russie et la Chine.
Si l’on considère les pays de plus d’un million d’habitants, 36 pays sont des démocraties et donc « approximativement » 157 pays[1] sont des tyrannies, des dictatures où des pays qui ne sont pas guidés par les règles de l’ONU que sont les droits humains. Plus de 80% des membres de l’ONU sont des pays non démocratiques qui ne devraient pas en être membres et c’est la raison pour laquelle ses décisions et ses missions sont devenues vides de sens. Par ailleurs la montée du fanatisme religieux chez de nombreux membres accroît ce phénomène dramatique.
De 1946 à 2022, 210 propositions ont été bloquées -117 par l’URSS puis la Russie, et 82 par les États-Unis.
Les principaux contributeurs (2018) de l’ONU sont les États-Unis : 22%, le Japon : 9,68%, la Chine : 7,921%, l’Allemagne : 6,389%, la France : 4,859%, le Royaume-Uni : 4,463%, le Brésil : 3,823%, la Russie : 3,088%, le Canada : 2,921% et l’Australie : 2,337%.
Dix pays financent 67,48% de l’ONU, et 183 pays seulement 32,52%.
Les pays occidentaux représentent une part de 52,65% du budget dont 22% par les seuls États-Unis. Les décisions des États-Unis peuvent donc être bloquées par la Russie qui est un contributeur 7 fois plus petit.
Quelques exemples notables d’échecs de l’ONU
- Incapacité du Royaume-Uni à remplir les conditions de son mandat en Palestine dont il a finalement confié la charge à l’ONU en 1947 après avoir réduit la Palestine dans l’intérêt des sa politique hégémonique et économique commencée depuis 1905 pour installer la dynastie hachémite – chassée de son très précaire Royaume du Hedjaz dont il ne lui reste plus que la ville d’Aqaba. La dynastie Hachémite qui a été échaudée par Septembre noir pourrait jouer un rôle plus important concernant l’épineuse question palestinienne.
- Le Royaume-Uni avait empêché les Juifs, sous le régime nazi, de rejoindre la Palestine, et s’est abstenue de voter à l’ONU lors de L’Assemblée générale sur la Palestine en 1947.
- Incapacité d’arrêter le génocide des Tutsis au Rwanda (800 000 morts).
- Incapacité d’arrêter le conflit en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995.
- Inaction des 400 Casques bleus néerlandais qui ont laissé les serbes massacrer 8 000 Bosniaques à Srebrenica.
- Incapacité de venir au secours d’Haïti en 2010 lors du grave séisme qui fit environ 280 000 morts et 300 000 blessés. Seule l’armée américaine (10 000 soldats) est venue au secours de la population (Opération Unified Response).
- Incapacité d’arrêter les massacres des civils ukrainiens par l’armée russe depuis 2022. Les bombardements russes visent de nombreux civils dans l’espoir qu’ils se désolidarisent du gouvernement qu’ils ont élu.
- Incapacité de mettre fin aux exactions de la Syrie et de l’Iran sur leurs propres peuples et d’arrêter la déstabilisation du Moyen-Orient par l’Iran.
Les États totalitaires qui s’opposent à l’ONU s’organisent entre eux depuis le 15 juin 2001 au sein de l’OCS (Organisation de la Coopération de Shangaï) ; leur but est de s’opposer aux États Occidentaux. Le siège de l’OCS est à Beijing avec pour langues officielles le chinois et le russe.
L’OCS comprend des membres permanents, des pays observateurs et des partenaires de dialogues. Les membres en 2001 ont été les suivants : Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan ; ils ont été rejoints en 2017 par l’Inde (qui doit choisir clairement son camp) et le Pakistan, puis par l’Iran en 2023 et par la Biélorussie en 2024.
Certains de ces pays étaient observateurs avant d’être membres. Les pays observateurs sont les suivants : Mongolie depuis 2004 et Afghanistan depuis 2012. Les pays partenaires de dialogue sont les suivants : Arménie (2015), Azerbaïdjan (2015), Sri Lanka (2009), Cambodge (2015), Népal (2015) et Turquie (2012).
Quelques-uns de ces pays sont dotés de l’arme nucléaire avec en tête la Russie suivie de la Chine, de l’Inde, et du Pakistan. Ces pays regroupent 42% de la population mondiale et 22% du PIB mondial. La capacité de nuisance de ces pays est donc très supérieure à leur importance économique. Lors de la dernière réunion de l’OCS du 31 août 2025, la Chine a plaidé pour une coopération étroite avec la dangereuse Corée du Nord qui est dotée de l’arme atomique et de missiles intercontinentaux.
Objectif essentiel du respect des droits de l’homme
Cet objectif est de constituer des démocraties légitimes grâce au vote d’électeurs qui ont à cœur de respecter les droits de l’homme et par suite d’empêcher l’accès au pouvoir de futurs tyrans qui s’introduisent dans la vie politique grâce au populisme, ce qui est le cas général dans les pays ne disposant pas d’un système éducatif adéquat. Ainsi les élections palestiniennes ont donné des résultats catastrophiques.
La complémentarité de fonction entre des structures comme celles de l’OCDE et de l’OTAN pourrait remplacer l’ONU pour les pays humanistes. C’est en effet sur une nouvelle base que le dialogue pourrait être maintenu avec des pays tels que les tyrannies de l’OCS.
La proposition américaine du Conseil de la paix est très éloignée de la réalité, en acceptant trop de membres douteux sur la base d’une cotisation annuelle à l’instar des clubs de golf de luxe et en laissant un droit de véto à une seule personne qui serait président à vie, parce que le pouvoir corrompt et la vie humaine est précaire. Cette proposition a l’avantage de souligner le fait que l’ONU a atteint son niveau d’incompétence.
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[1] Ce chiffre contient aussi quelques micro-pays de moins d’un million d’habitants
