Le régime algérien prend ses rêves teutons pour des réalités !

La chancelière allemande Angela Merkel serrant la main du Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avant les pourparlers à Alger, lundi 17 septembre 2018. Merkel s'est rendu en Algérie pour une journée afin de promouvoir les relations bilatérales et de discuter de la migration et de la situation en Libye voisine. (Photo AP / Anis Belghoul)
La chancelière allemande Angela Merkel serrant la main du Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avant les pourparlers à Alger, lundi 17 septembre 2018. Merkel s'est rendu en Algérie pour une journée afin de promouvoir les relations bilatérales et de discuter de la migration et de la situation en Libye voisine. (Photo AP / Anis Belghoul)

C’est une véritable opération de désinformation à grande échelle que le pouvoir algérien a tenté de fomenter, ces derniers jours, comme lui seul sait si bien le faire, en inventant de toute pièce un document qu’il attribue au Bundestag (Parlement allemand) et qu’il érige en doctrine de politique étrangère allemande sur le Sahara marocain.

Cette nouvelle mascarade médiatique a été montée par le « Western Sahara Ressources Watch », une officine à la solde et prise en charge par les responsables algériens qui pilote à partir de Bruxelles, toutes les opérations de lobbying toxique et de propagande anti-marocaine, commandées par Alger, en bénéficiant de la complicité de la députée allemande répondant au nom de Katja Keul, fille adoptive de l’Algérie, puisqu’elle a vécu quelque temps à Mostaganem, se rend plus souvent à Tindouf qu’au siège du Parlement allemand et sert de tambourine aux thèses polisariennes dans son pays.

Ce scoop de l’année fabriqué de A à Z par le régime algérien autour du Sahara marocain, vanté comme la toute dernière révélation, a été produit en fait au mois de mars 2019 à la demande de la même Katja Keul ; ce stratagème devait servir à élaborer une motion contre le Maroc, laquelle a été vite écartée en raison de son caractère fallacieux.

Saisi à la volée par une presse algérienne qui s’emballe pour des vétilles, ce document frappé de caducité et qui renferme une analyse subjective, biaisée et farfelue de la question du Sahara marocain, a été sorti des décombres pour faire croire à « une évolution logique et inéluctable du référentiel juridique dans l’espace judiciaire européen ».

Les médias proches du polisario ainsi que son agence de presse ont immédiatement relayé les passages critiques vis-à-vis du Maroc. Ils ont néanmoins passé sous silence la partie consacrée au polisario et la fantoche république qu’est la pseudo-RASD.

Si le rapport souligne que la fantomatique RASD a été reconnue par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1984, devenue aujourd’hui Union Africaine (UA), ses auteurs ajoutent qu’un Etat suppose un territoire, un peuple et un pouvoir effectif. Or la majorité du territoire étant de fait sous administration marocaine, la pseudo RASD ne répond pas aux éléments constitutifs d’un Etat, selon le droit international.

La phrase est trop lourde en mots choisis pour bluffer le lecteur, mais ce n’est ni plus ni moins que du radotage neuronal d’une gérontocratie finissante aux commandes d’un régime aux abois, parce qu’en réalité le seul référentiel en la matière est la doctrine onusienne, notamment les paramètres clairement définis dans les résolutions du Conseil de Sécurité 2414, 2440, 2468, et 2494 et qui consacrent la solution politique réaliste, pragmatique, durable, et basée sur le compromis et confirment la responsabilité pleine et entière de l’Algérie dans le maintien du statu quo et dans le drame que vivent les populations sahraouies marocaines séquestrées sur son territoire, à Tindouf.

Cette position immuable de l’ONU a d’ailleurs été réitérée lors du dernier briefing du Secrétaire Général Antonio Guterres au Conseil de Sécurité en avril 2020. Et c’est cette même position qui est partagée par l’Union Européenne. Elle est consignée dans « la Déclaration politique conjointe », adoptée à l’unanimité des Etats membres, à l’issue des travaux de la 14ème session du Conseil d’Association Maroc-UE en juin 2019.

Cette déclaration politique a consacré un « langage commun » entre le Maroc et l’UE sur la question du Sahara marocain, à savoir l’appui des efforts du Secrétaire général de l’ONU pour poursuivre le processus politique visant à parvenir à une solution politique, juste, réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable à ce conflit artificiel et qui repose sur le compromis, en conformité avec les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

La position européenne est également concrétisée dans les derniers textes des accords agricole, aérien et de pêche qui ont expressément inclus le Sahara marocain dans le territoire national et coupé court à tout fantasme expansionniste de l’Algérie et consorts.

Quant à la position du Bundestag, la vraie, elle a été exprimée par son Président Wolfgang Schäuble lors d’une rencontre qu’il a eue à Berlin avec son homologue marocain et maintes fois réitérée par les représentants du Gouvernement fédéral à savoir que l’Allemagne soutient la solution politique consensuelle et appuie le processus onusien en cours.

La messe est dite et ferme le caquet aux ennemis du Maroc, en primeur les autorités algériennes.

à propos de l'auteur
Farid est marocain, spécialiste en sciences politiques, Relations Internationales et Economie Politique
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