Le prix de la liberté et de l’indépendance

Deux semaines se sont écoulées depuis qu’Israël et les États-Unis ont décidé d’en finir avec la menace de la République islamique d’Iran et d’apporter au peuple iranien l’aide extérieure qu’ils ont supplié d’avoir.
L’Iran des mollahs a immédiatement envoyé des missiles balistiques sur les populations civiles israéliennes et sur les pays voisins du Golfe; confirmant ainsi les craintes que tous ces pays n’ont eu de cesse d’exprimer depuis des années.
Et puis le régime islamique a ordonné à son valet, la milice chiite Hezbollah, de joindre le bal et de tirer sur Israël aussi. Toujours sur les civils bien sûr. Le gouvernement libanais a cette fois haussé le ton et a interdit la milice d’entraîner le pays dans un conflit qui ne le concerne pas. Message resté sans effet puisque le Hezbollah a tiré sans relâche sur le nord d’Israel. Une région ou vivent Druzes, bédouins et arabes (chrétiens et musulmans) et Juifs.
Mais ce qui est effarant vu d’ici c’est le pathétique cirque qui se joue en Occident.
Alors que pendant que la mollarchie tuait le peuple iranien, le torturait, l’emprisonnait, que des enfants étaient pendus ou tués à bout portant, nos valeureux défenseurs de la veuve et de l’orphelin sur campus et plateaux télé restaient silencieux, leurs langues se sont déliées dès qu’Israel est entré en jeu. Et subitement le sort des enfants iraniens étudiant dans une école adjacente aux installations des Gardiens de la Révolution, est devenu le fer de lance de la défense des Iraniens. Pas du peuple iranien, non. Car le peuple iranien en diaspora ou au pays ne cesse de remercier Israël et les États-Unis pour leur aide, les messages entre Iraniens et Israéliens sont chargés d’une émotion que je n’ai jamais ressentie avant, le sens d’être unis pour un futur meilleur fondé sur une histoire plurimillénaire.
Et l’on voit ainsi encore une fois des « experts » nous expliquer ce qui est bon pour le Moyen Orient et ce qui est bon pour les Iraniens. Le simple fait que le Hamas et la mollarchie envoient des messages de félicitations au Premier ministre espagnol ne semble ébranler aucune certitude pourtant.
D’autres vieux politiciens en quête d’électorat et de pouvoir alertent sur les dangers d’embrasement.
Comme si avant on vivait sur un camp hippie dans la région.
Mais je me demande si dans tout ce brouhaha, des gens de bien, avec un cerveau, ne voient pas que ces mêmes qui crient à l’impérialisme et au colonialisme refusent d’écouter la voix du peuple iranien. Qu’ils parlent en leur nom niant leurs revendications alors qu’ils ont été aphones quand ce peuple se faisait massacrer. Que l’unité en diaspora et à l’interne permet à une figure, Reza Pahlavi, de se présenter comme celle de la transition. Que l’Iran est un pays constitué d’une mosaïque d’ethnies et de cultures que la mollarchie n’a eu de cesse de tenter d’effacer ? Qu’une majorité veut en finir avec ce régime dictatorial et liberticide ?
Gens de bien le voyez-vous ?
Et ne voyez vous pas que nous, Israéliens, nous ne cherchons qu’à vivre en paix avec les voisins qui ne cherchent pas à nous anéantir tous les quatre matins.
Que n’en déplaise à ces « élites » « progressistes », nous ne laisserons personne décider pour nous. Nous ne laisserons personne nous empêcher de détruire les menaces à notre existence. Je conçois qu’il est difficile d’admettre l’émancipation d’un peuple dont on a pu disposer à volonté pendant 2000 ans. Je pense aux hommes qui ont dû admettre que les femmes puissent travailler, puis avoir un compte en banque, voter, décider de leur corps, de leur destin. Ce chemin ne s’est pas fait dans la douceur.
Depuis 1948, le peuple Juif est cette femme qui a décidé de s’émanciper de la tutelle de son mari abusif, d’en divorcer et de vivre sa vie de façon indépendante.
Rien n’est jamais acquis et il faut constamment préserver ses droits.
Certains peuvent penser que nous aurions dû demander une autorisation pour empêcher la mollarchie de devenir complètement nucléaire, mais malgré nos divergences et nos désaccords, le peuple d’Israël et le peuple Juif n’oublie rien. Et nous savons que nous ne pouvons compter que sur nous. Et que nous n’avons plus à demander de permission à l’ex-mari abusif…
Alors voilà. On passe de durs moments, des nuits impossibles, mais nous savons pourquoi.
Parce que la liberté de l’indépendance vaut cher et que nous sommes prêts à payer le prix.
Comme le peuple iranien.
