Le « plan du siècle » – rêve et réalité

Le président Donald Trump écoutant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, prenant la parole lors de l'annonce du "deal du siècle", le mardi 28 janvier 2020. (Photo AP / Susan Walsh)
Le président Donald Trump écoutant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, prenant la parole lors de l'annonce du "deal du siècle", le mardi 28 janvier 2020. (Photo AP / Susan Walsh)

Le « plan du siècle » n’est pas parfait et très compliqué à l’appliquer sur le terrain, mais il a le grand mérite de réaliser les revendications israéliennes, celles que nous souhaitons depuis le 14 mai 1948, jour de la proclamation de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion.

Pour la première fois dans les annales du conflit israélo-arabe un président américain brouille les cartes et propose avec audace une vision différente pour régler la question palestinienne. Tout en remettant les pendules de l’Histoire à l’heure, il prend sérieusement en considération tous les facteurs représentés par la majorité écrasante des Israéliens :

  • Les droits historiques du peuple juif sur sa terre.
  • Un Etat à majorité juive prépondérante sur le plan démocratique, politique et culturel.
  • Pas de retrait sur les lignes d’armistice de 1949.
  • Des frontières sûres et défendables.
  • Jérusalem indivisible sous souveraineté israélienne.
  • Les réfugiés palestiniens n’auront pas droit au retour en Israël.

Pour mener une vie normale dans un environnement hostile, Israël devrait donc se munir d’une infrastructure complète de défense. L’Etat juif doit pouvoir assurer sa profondeur stratégique, défendre ses points vitaux, et protéger sa population dans les zones urbaines surpeuplées situées le long de la plaine côtière et la région de Jérusalem. Seules des frontières défendables et des mesures de sécurité adéquates pourront assurer la stabilité du Proche-Orient.

Les réactions des Palestiniens au « plan du siècle » étaient prévisibles mais contrairement au passé ils sont de plus en plus isolés dans le monde arabe.

Comment donc refuser cette « feuille de route » ? Pourquoi ne pas applaudir aux efforts américains pour pouvoir enfin aboutir à une paix durable et une coexistence avec les Israéliens ?

Tels ses prédécesseurs, Abbas rate à chaque fois les bonnes opportunités et les rendez-vous de l’Histoire. Impopulaire, désespéré, vieilli, et malade, il est entêté pour poursuivre sa propagande d’incitation et de délégitimation. Préférant plonger son peuple dans la misère et la désolation, mais en s’assurant que sa propre famille et ses proches poursuivent un train de vie confortable. Peu importe pour lui la mauvaise gouvernance, la corruption et les malversations, les milliards d’euros reçus sans justificatifs par les donateurs, les pays arabes, les ONG et les instances internationales.

Abbas devrait savoir que les guerres, le terrorisme, le boycottage, les sanctions et les diktats n’aboutiront à rien, bien au contraire, ils aggraveront sa situation. C’est clair, le rêve des Palestiniens d’obtenir un jour un Etat indépendant sur les lignes d’armistice d’avant juin 1967 ne sera plus réalisé.

Si Abbas n’est plus un partenaire pour la paix pourquoi donc attendre, et ne pas appliquer les lois israéliennes à la vallée du Jourdain et à toutes les implantations dans le cadre du « plan du siècle » ?

Depuis trois ans, Nétanyahou planifie et coordonne la mise en œuvre de ce plan avec le président Trump et son administration. Cette attitude très amicale et compréhensive sur l’avenir des Territoires était inimaginable durant les huit années d’Obama à la Maison Blanche.

Dans la même veine, triste de constater que d’anciens conseillers d’Obama tentent de discréditer Nétanyahou et Trump, et menacent d’abroger le nouveau plan le jour où un président démocrate sera installé à la Maison Blanche.

La presse israélienne et internationale n’a pas non plus accordé un seul crédit au président Trump, ni d’ailleurs à Nétanyahou. Elle préfère s’accrocher à la mise en examen et à la destitution, et minimiser ainsi l’importance stratégique de la décision présidentielle américaine sur la sécurité et la défense de l’Etat juif pour les générations à venir.

Dans le contexte historique, et sur le fond, rappelons que quelques semaines seulement après la guerre des Six Jours de 1967, le vice-Premier ministre, le Général Yigal Allon, avait soumis un plan de paix et sa propre conception sur l’avenir des frontières. Il insistait sur la sauvegarde de certains territoires d’importance stratégique et évoquait des « frontières défendables » pour remplacer les lignes d’armistice vulnérables de 1949.

Les premières implantations dans les Territoires ont d’ailleurs été autorisées et furent installées par le parti travailliste.

Ainsi, le 5 octobre 1995, deux ans après la signature des Accords d’Oslo, le Premier ministre Yitzhak Rabin avait déclaré à la tribune de la Knesset : « Les frontières de l’Etat d’Israël, dans tout accord sur le statut final, seront tracées au-delà des lignes qui existaient avant la guerre des Six Jours. » Il avait précisé avec force : « Nous ne reviendrons plus aux lignes du 4 juin 1967. La frontière de sécurité de l’Etat d’Israël sera située dans la vallée du Jourdain, dans son concept le plus large ».

Certes la reconnaissance américaine sur la souveraineté israélienne provoquera des affrontements et des émeutes et comme prévu une longue bataille médiatique, juridique et diplomatique dans les instances internationales.

Toutefois, cette reconnaissance historique demeurera, à jamais et contre vents et marées, un fait accompli apposé par le tampon présidentiel..

Il est temps que l’Europe et en particulier la France prennent en considération non seulement les aspirations des Arabes, mais aussi l’héritage du peuple juif, ainsi que les menaces et les intérêts vitaux et sécuritaires de l’Etat d’Israël.

Cet article a été publié le 29 janvier 2020 sur le site https://jcpa-lecape.org/

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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