Le palestinianisme : un nouveau négationnisme

La maire de Strasbourg a reçu une délégation de représentants palestiniens du Comité pour le camp d'Aïda à l'occasion du jumelage de la ville avec le camp d'Aïda. (Crédit : Youtube / Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
La maire de Strasbourg a reçu une délégation de représentants palestiniens du Comité pour le camp d'Aïda à l'occasion du jumelage de la ville avec le camp d'Aïda. (Crédit : Youtube / Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Le négationnisme, en France, a longtemps été l’apanage de l’extrême droite. Il consistait à nier les faits historiques de la Shoah, ainsi que sa spécificité juive, et à remettre en cause l’ampleur des crimes nazis. Ce terme s’est imposé comme celui qui désigne la tentative de falsifier la mémoire et de nier la vérité du génocide contre les Juifs, celle de leur massacre systématisé, de la Solution finale, et des 6 millions de Juifs morts. Or, un mécanisme semblable s’est mis en place dès le 7 octobre, à ceci près qu’il s’agissait pour les détracteurs d’Israël de nier le pogrom du Hamas, pour ensuite le justifier, et remettre en question l’existence de l’État juif.

Ce nouveau négationnisme gagne chaque jour un peu plus d’adeptes. Il ne nie pas les morts de la Shoah, mais il nie les vivants. Il ne nie plus le passé mais le présent. Il ne nie pas les chambres à gaz, mais il nie le droit du peuple juif à disposer de lui-même et à être souverain sur sa terre.

Cette doctrine radicale, autrement désignée sous le nom de « palestinianisme », ne provient non pas des résidus nostalgiques du pétainisme, mais des sphères rouges-vertes de l’extrême gauche. Il s’incarne, au-delà des mouvements terroristes palestiniens, dans des figures telles que Rima Hassan, candidate de La France Insoumise et élue députée européenne, et dans des partis politiques qui se veulent porteurs de progrès mais œuvrent en réalité à la destruction du seul État juif au monde.

Ce nouveau négationnisme nie le fondement même de l’existence juive contemporaine : le lien indéfectible entre le peuple et sa terre. Il cherche à effacer le peuple juif en effaçant sa terre, et en lui supprimant son droit à être maître de son destin sur celle-ci.

Lorsque l’idée même de l’État juif est remise en question ; lorsque des cortèges entiers défilent en scandant des slogans génocidaires, faisant écho à la volonté déclarée des mollahs d’éradiquer Israël, il ne s’agit plus simplement d’un désaccord politique, mais d’un déni de civilisation. Ce négationnisme nouvelle génération ne se cache même plus, il s’affiche fièrement en brandissant la cause palestinienne comme « solution » au sionisme.

Le « cas Strasbourg »

Ce glissement s’est récemment illustré de manière saisissante dans le geste grave et alarmant du « cas Strasbourg ». La maire écologiste Jeanne Barseghian, connue pour ses positions ouvertement hostiles à Israël, a décidé de rompre le jumelage avec la ville israélienne de Ramat Gan pour nouer un partenariat avec le camp palestinien d’Aïda situé en Judée-Samarie.

Il est arrivé par le passé que des mairies revoient leur jumelage avec des localités israéliennes, mais le faire au profit d’une localité palestinienne constitue une nouvelle étape dans l’antisionisme. Comme si cette régression ne suffisait pas, l’affront antisioniste allait franchir une nouvelle étape dans l’aberration.

Une carte sans Israël

La délégation palestinienne, toute de keffiehs et de sourires parée, a tenu à exprimer sa gratitude à la Maire, visiblement émue, par un cadeau à valeur symbolique : une carte figurant la « Palestine », dont Israël a été tout simplement effacé. Ce geste, dans sa radicalité, s’inscrit pleinement dans le palestinianisme, où il est moins question de la création d’un État palestinien que de l’effacement d’Israël, un palestinianisme où les Palestiniens chasseraient les Juifs, comme si, pour exister en tant que peuple, ces derniers devaient éliminer les Juifs.

Légitimité d’Israël

En France, cette nouvelle parole politique décomplexée qui remet en cause l’existence même d’Israël se retrouve personnifiée par Rima Hassan, entre autres. En prônant la création d’un État binational comme elle l’a souvent fait, elle ne propose pas une cohabitation pacifique, mais une fin programmée de l’État juif. Cette idée rappelle tragiquement le Livre blanc de 1939 émis par le Royaume-Uni, qui revenait de facto à refuser et à nier l’État juif déjà florissant au profit d’un État arabe, et ce en dépit des persécutions nazies déjà à l’œuvre en Europe.

Négationnisme

Or, ce négationnisme est plus dangereux que celui de l’extrême droite, parce qu’il remet en cause des acquis. Il est aussi plus insidieux. En effet, en se présentant sous un jour moral et en se parant de vertus humanistes, il justifie l’injustifiable : les pogroms du 7 octobre deviennent des « actes de résistance ». Il donne une légitimation politique aux slogans qui appellent à « libérer la Palestine du Jourdain à la mer », ce qui signifie, concrètement, éradiquer Israël.

Depuis le début du XXe siècle, le monde arabe a systématiquement rejeté les propositions de partition :

  • la Commission Peel en 1937 ;
  • le plan de l’ONU en 1947 ;
  • Camp David en 2000 ;
  • le plan Trump.

À chaque fois, le monde arabe s’est opposé à l’existence et à la reconnaissance d’un État juif, pas seulement à une présence israélienne sur telle ou telle frontière. Ce rejet fondamental prouve que le conflit ne porte pas sur des lignes de partage, mais bien sur le fondement existentiel de l’État juif.

À l’inverse du sionisme, le palestinianisme ne propose pas une vision constructive du monde. Il a fait de la mort sa valeur suprême. Il ne cherche pas à édifier un État palestinien aux côtés d’Israël, mais à détruire l’État juif pour le remplacer par autre chose. Cette autre chose, c’est une idéologie islamique, relayée par les Frères musulmans, porteuse d’une vision du monde fondée sur la charia, et bien loin des valeurs démocratiques qu’Israël incarne dans la région.

Proche de l’entrisme des Frères musulmans dénoncé aujourd’hui au sein de l’Hexagone, ce palestinianisme vise donc à effacer les valeurs juives pour imposer une radicalité religieuse et politique.

Ce nouveau négationnisme est plus dangereux que celui d’hier, car il s’exprime avec l’assurance des moralisateurs engagés, avec le soutien d’universités, de médias, de partis politiques. Il ne faut pas avoir peur de le nommer pour ce qu’il est : une entreprise de délégitimation du peuple juif, une falsification de l’histoire et une menace existentielle pour Israël.

Défendre le sionisme aujourd’hui, ce n’est pas seulement défendre Israël, c’est défendre les valeurs de justice et d’humanité qu’il incarne, des valeurs à l’opposé de celles qui fondent le Hamas et les Frères musulmans.

à propos de l'auteur
Déborah Danino Harkham, PhD, vit et écrit en Israël. Elle est l'auteure d'une thèse abordant les liens entre mémoire, identité et humour dans la littérature de l'après-Shoah.
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