Le Monde entre « censure » et « parti pris » !

Pour le professeur universitaire Mustapha Sehimi, "la censure" et "le parti pris" sont aux antipodes de la déontologie professionnelle réclamée à cor et à cri par Le Monde.
Pour le professeur universitaire Mustapha Sehimi, "la censure" et "le parti pris" sont aux antipodes de la déontologie professionnelle réclamée à cor et à cri par Le Monde.

Le politologue marocain Mustapha Sehimi, s’est indigné, vendredi, du refus de Lemonde.fr de publier une tribune qu’il a écrite en réplique à deux articles publiés au sujet du Sahara marocain, désignant la réaction du média français de «parti pris» et de «censure».

Mustapha Sehimi indique que, fin décembre, la plateforme Lemonde.fr publie une tribune signée par les universitaires François Dubousson, et Ghislain Poissonnier contenant le Sahara marocain, et faisant part d’un regain de tension dans cette région, mettant les droits humains au second plan.

Le 30 décembre, M. Sehimi envoie, à la correspondante au Maroc du site et à sa rédaction-en-chef à Paris, une réplique faisant l’objet d’une «mise en perspective historique et politique d’un processus de décolonisation enclenché par le Maroc depuis 1963 jusqu’en 1975», mentionne-t-il dans une tribune intitulée «Lemonde.fr et le Maroc: le parti pris comme… censure».

Selon les mots du professeur de droit à l’Université Mohammed V à Rabat, ce rappel est crucial pour que les lecteurs du quotidien aient une information leur permettant une assimilation cohérente des multiples aspects de cette cause nationale. Résultat: «je n’ai reçu aucun accusé de réception», s’exclame-t-il.

Ce n’est que le 6 janvier que la journaliste l’informe, enfin, qu’elle a été avisée que la tribune ne pourra pas être publiée, et ce à cause du nombre de textes que la rédaction reçoit dans un laps de temps restreint, fait savoir M. Sehimi.

Le 4 janvier, continue l’universitaire, un chercheur de l’IESA-CSIC (Cordoue) Thierry Desrues, a droit, lui, à une tribune sur ce même sujet avec l’intitulé: «Au Maroc, une victoire diplomatique sur le Sahara au risque d’une défaite morale sur la question palestinienne».

Pour le politologue, il s’agit d’une «resucée mettant en relief l’état d’esprit des Marocains réduit à une plateforme de certaines associations campant depuis toujours dans une sorte de +front du refus+ – dans le registre +plus palestinien que les palestiniens+, comme l’avait déclaré Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, voici plus de trois mois.»

Aussi, a-t-il ajouté que le 7 janvier, après une relance demandant un accusé de réception de la tribune: «voilà la rédactrice en chef adjointe, Marie de Vergès, qui se résout enfin à me saisir pour s’excuser du retard de sa réponse et m’informer que +nous n’allons pas pouvoir publier car nous avons déjà abondamment traité le sujet ces dernières semaines+».

Deux poids, deux mesures…

«Traité de quelle manière ? Et par qui ? Avec quel point de vu ? Où est le pluralisme ? », se demande M. Sehimi, qui voit en ces réflexes «un paravent – transparent d’ailleurs – d’un parti pris. Une forme de censure qui ne s’assume pas ! Affligeant… »

Approché par l’agence marocaine MAP, Mustapha Sehimi a précisé que Le Monde a réagi d’une façon «contraire à ses propres principes affichés d’ouverture et de pluralisme», faisant remarquer que cet organe de presse a publié deux articles «de mauvaise foi (…) qui procèdent d’un parti pris et d’une hostilité récurrente à l’endroit du Maroc».

Somme toute, l’universitaire fait savoir que ces pratiques sont aux antipodes de la déontologie journalistique – dont se félicite Le Monde – et que sa tribune non-publiée par ce média est un «article équilibré et informatif», qui met en exergue des «éléments d’information sur un processus de décolonisation enclenché il y a plus d’un demi-siècle».

à propos de l'auteur
Journaliste avec préméditation, auteure en devenir et poétesse du dimanche, Houda voue un amour sans pareil au patrimoine judéo-andalou, un de ses sujets de prédilection. Lors de ses quelques voyages en Espagne (à Cadix, Jaén, et Huelva en Andalousie, mais aussi à Vilajoyosa, une commune d'Alicante en Communauté Valencienne) elle a pu visiter quelques juderías et découvrir les écrits du grand et majestueux Maïmonide sur son long séjour dans le beau Sud ibérique.
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