Le Hamas cherche la guerre

DOSSIER - Dans cette photo d'archive du 20 mai 2021, roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers Israël, dans la ville de Gaza. (AP Photo/Hatem Moussa, Dossier)
DOSSIER - Dans cette photo d'archive du 20 mai 2021, roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers Israël, dans la ville de Gaza. (AP Photo/Hatem Moussa, Dossier)

Nouvelle confrontation avec Israël ? Le Hamas cherche la guerre.

Durant l’ecriture de cette courte analyse, attentat au couteau contre des citoyens israeliens à la gare routière de Jérusalem. Le terroriste a été neutralisé. Sans aucun doute un attentat d’influence Hamas ou Jihad Islamique. Ce type d’attentats est exactement le type d’incident qui produit une dynamique de violence entre Israël et les mouvements salafistes, c’est exactement ce qu’ils recherchent pour creer des actions-réactions.

La raison d’être du Hamas, du Jihad Islamique et de tous les groupes terroristes islamistes de part le monde est l’activation de la violence qui produit de la violence, c’est leur manière d’exister et de se developper.

Depuis la dernière opération « gardien des remparts » en mai dernier, le Hamas n’est pas satisfait de sa situation politique militaire et financière. Lorsqu’un groupe terroriste n’est pas satisfait de sa situation, lorsqu’il se sent isolé, appauvri et surtout défait militairement alors, il tente d’ameliorer ses positions, tant a l’interieur qu’a l’exterieur. Dans le cas présent, la bande de gaza aux mains du mouvement salafiste hamas, assisté de son associé parasitaire, le Jihad Islamique se sentent pris dans une sorte d’etau régional et international.

Si la « question palestinienne » reste un sujet politique et diplomatique d’intérêt international, surtout au sein de la nouvelle administration Biden et Blinken, il est traité et suivi par l’autorité palestinienne, seule, reconnue comme légitime par la communauté internationale, pour dialoguer, échanger sur le dossier palestinien.

Même s’il existe des divergences de vue nombreuses entre l’état d’Israël et l’Autorité Palestinienne, la coopération sécuritaire et surtout au niveau du renseignement ont créé avec les années une véritable relation à tous les niveaux, qui favorise la construction de structures d’intérêt commun aux deux acteurs, liés par le combat contre un ennemi commun : le Hamas et le terrorisme islamiste palestinien.

C’est dans ce cadre là, et ce malgré des déclarations publiques nombreuses sur une « apparente » union entre Gaza et Ramallah par des officiels des deux camps, qu’une lutte âpre et extrêmement violente existe et s’est renforcée entre le Hamas et l’Autorité Palestinienne.

Le Hamas acculé est très dangereux, c’est-ce qui se passe aujourd’hui et ceci surtout depuis la fin des opérations israéliennes dans la bande de Gaza en mai 2021. Le Hamas et le Jihad sont d’abord et avant tout des organisations islamistes violentes ; l’élément palestinien n’en est que la couverture. Si ces mouvements étaient véritablement intérréssés par la population de Gaza, depuis longtemps déjà, il y aurait une amélioration des conditions de vie des gazaouis, or c’est tout le contraire que cherchent à obtenir les chefs des groupes islamistes : entretenir un chaos chronique, des manques et des dysfonctionnements structurels et accuser naturellement Israël comme le seul et unique responsable. Les Gazaouis ne sont pas dupes, mais ils sont non pas dans le blocus d’Israël mais coincés politiquement, économiquement et idéologiquement dans le blocus du Hamas. Le véritable blocus qui empêche tout développement dans tous les domaines est d’origine Hamas et Jihad Islamique.

Depuis plusieurs mois, jour après jour, semaine après semaine, le Hamas mené par son chef, Ihieh Sinwar et Ismail Hanieh entretiennent le feu pour le faire devenir brasier. Ce sont des ballons incendiaires, des jets de bombes, cocktails molotov, des tirs de fusil mitrailleur, des roquettes tirées au compte goutte, juste assez pour pouvoir produire une réaction israelienne qui sera evidemment la raison d’autres actions violentes.

Et puis on paie des milliers de jeunes gazaouis, ils provoquent l’armée israélienne le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Et soudain des morts, des blessés, un soldat israelien tué à bout portant par un jeune terroriste armé avec un revolver, trois balles dans la tête du soldat israelien, qui succombera à ses blessures après s’être battu durant 9 jours à l’hopital.

La mort de ce soldat israelien a produit une vague de fond au sein de la société israelienne. Une sorte de « cela suffit ! » exactement ce que recherchaient les chefs du Hamas et du Jihad, provoquer Israël, créer l’événement qui rapproche de la confrontation recherchée.

Nous l’avons dit plus tôt, la raison d’être de ces mouvements salafistes, ce n’est aucunement l’intérêt de leur population mais la volonté de faire la guerre pour exister et survivre en tant qu’organisations terroristes.

Et enfin comme toujours, l’argent, les dollars en espèce, surtout dans des valises, des millions de dollars imprimés dans le pays de l’ennemi juré, mais tellement attendus par les chefs du Hamas appauvris par la guerre qu’ils mènent grâce à l’argent qu’ils reçoivent surtout de leurs amis qatari. De l’argent pour les Gazaouis en apparence mais d’abord et avant tout pour les chefs du Hamas, qui tout à coup, préfèrent avoir en leurs mains ‘’in god we trust » signé par le directeur general de la banque centrale americaine plutôt que des billets de banque provenant de banques centrales arabes et signés par des directeurs de ces mêmes banques : pour l’argent le Hamas préfère le bon vieux dollar americain.

Cet argent qui n’arrive plus aussi facilement par valises dans les poches des chefs du Hamas, est un sujet qui agace les chefs du Hamas, alors on fait des attentats, on lance des ballons piégés, des missiles, et pour couronner le tout, on menace Israël si des évadés du Jihad Islamique sont repris morts ou vifs par les forces de sécurité israeliennes.

Toutes ces menaces depuis des mois, ces attaques incessantes contre Israël, cette nouvelle vague d’attaques au couteau comme aujourd’hui à la gare centrale de Jérusalem ont un seul et unique but : produire de la violence, des blessés et des morts pour avoir une raison d’être, toujours la violence et la mort pour exister.

L’autorité palestinienne maintient en ces jours graves avant le jour du grand pardon, Yom Kippour, une relation étroite avec les forces de sécurité israéliennes, le Premier ministre Bennet vient de rencontrer après 10 ans le Rais, le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi, une rencontre d’une importance capitale dans la lutte sans merci contre le terrorisme islamiste.

Il n’est pas impropable que nous soyons à la veille d’une explosion de tension entre la Bande de Gaza aux mains du Hamas et l’Etat D’Israël. Il est clair et certain qu’Israël ne peut continuer et permettre de laisser grandir et grandir un Hamas encouragé par Téhéran et ses alliés du nord.

En cette veille proche du jour le plus sacré pour tout le peuple juif et l’etat d’Israël, le traumatisme de Kippour 73 résonne encore très fort, avec une différence essentielle et centrale, Israël n’est pas dans la somnolence ni dans l’attente.

Peut-être est-il venu le temps de détruire le régime terroriste islamiste dans la bande de Gaza.

à propos de l'auteur
Colonel de reserve de Tsahal. Ecrivain, analyste sécuritaire politique et militaire
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