Le Général De Gaulle ami ou ennemi d’Israël

Le président français Charles de Gaulle passant en revue la garde d'honneur à l'aéroport national de Washington, aux États-Unis, le 22 avril 1960 (AP Photo)
Le président français Charles de Gaulle passant en revue la garde d'honneur à l'aéroport national de Washington, aux États-Unis, le 22 avril 1960 (AP Photo)

Le 9 novembre 2020, 50 ans après la mort du général De Gaulle toute la classe politique en France salue sa mémoire. Le président Macron s’est rendu à Colombey pour une cérémonie malgré la crise du COVID-19. On mentionne également les 130 ans écoulés depuis sa naissance et les 80 ans depuis son fameux appel du 18 juin.

Diverses questions se posent sur les relations entre de Gaulle et Israël. A-t-il été un ami ou un ennemi, était-il antisémite ou pas… ?

Jusqu’à aujourd’hui la trahison de la France de de Gaulle à la veille de la guerre des Six Jours est ressentie en Israël comme un coup de couteau dans le dos. Ajoutons à cela la célèbre phrase de De Gaulle, quelques mois après la guerre des six jours : « les juifs sont restés ce qu’ils avaient été tout temps c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur » (novembre 67.)

De Gaulle est le seul dirigeant étranger dont le changement d’attitude à l’égard d’Israël a été ressenti comme une trahison qui n’a toujours pas été pardonnée. La déception est à la hauteur de l’amitié antérieure et des attentes qu’elle a pu susciter.

Examinons l’historique des relations entre de Gaulle et Israël pour comprendre cette situation.

Le général de Gaulle revient au pouvoir en 1958 après la collaboration de la France et d’Israël avant pendant et après la guerre de Suez. À cette date, les liens entre les deux pays sont très étroits en particulier dans le domaine militaire. Il ne semble pas qu’un changement soit prévisible ni souhaité à cette époque.

On assiste à une continuité des relations entre les deux pays malgré quelques nuances. La politique de la Ve République conserve la ligne politique la quatrième : aider Israël mais sans trop heurter les arabes. Celle-ci varie en fonction des espoirs que la France croit pouvoir placer dans le monde arabe.

L’état des relations avec les pays arabes est le vrai baromètre des relations franco israéliennes. Les échanges se poursuivent dans tous les domaines et notamment en ce qui concerne l’envoi d’armement les ventes d’avions et de pièces de rechange. De nombreuses rencontres entre personnalités françaises israéliennes continuent d’avoir lieu. Par exemple, 5 février 1960, Moshe Dayan, à cette époque ministre de l’Agriculture, et Shimon Peres, adjoint du ministre de la défense viennent à Paris. Dayan y rencontre le général Ely.

Les choses commencent à changer avec la fin de la guerre d’Algérie et surtout à partir de son indépendance. En 1960 il n’y avait aucune ambassade arabe à Paris excepté celle du Liban. Après l’indépendance de l’Algérie se multiplient les échanges et les visites de délégations de divers pays arabes en France et vice versa. Au début, de Gaulle pensait qu’il pourrait garder les liens de la France avec son allié Israël tout en développant ses relations avec les pays arabes.

À titre d’exemple voici une anecdote racontée par Uzi Narkis attaché militaire de l’ambassade d’Israël en France à cette époque qui illustre l’imbrication étroite des liens personnels et professionnels dans les relations entre militaires

« A l’été l’été 1960 lors d’une de mes nombreuses visites au quartier général de l’état-major, relate Narkis, j’ai invité Dodelier et son adjoint de Boissieu à effectuer une visite en Israël pour assister à un exercice de blindés dans le Néguev. De Boissieu a expliqué qu’il avait besoin d’une permission spéciale de son beau-père, le général de Gaulle, car ses mouvements étaient toujours politiquement analysés. Et plus tard, poursuit Narkis, quand il a publié un livre de mémoire intitulé Pour servir le Général, il a écrit « J’ai parlé de ces inquiétudes avec l’attaché militaire israélien à Paris, le colonel Uzi Narkis, qui était mon ami à l’Ecole de guerre et il m’a donné sa parole que les journalistes israéliens n’en sauraient rien et que s’ils découvraient cette visite, ils ne publieraient rien. […] Aucun des attachés militaires étrangers ne nous a identifiés. » […] Si je tenais à faire ce voyage, c’est que je sentais qu’il y avait là un problème que seuls les sentiments pouvaient arranger. Il s’agissait d’abord d’amis. Quand on fait des manœuvres, on souffre et quand vous voyez, vers une heure du matin, un Rabin arriver avec des boîtes des bières pour l’ami français, il s’agit avant tout d’amitié. La mort de Rabin pour moi était avant tout la mort d’un ami comme l’a été celle de Narkis. »

Nous voyons ici que jusqu’à cette date il n’y avait pas de changement dans les relations franco-israéliennes au contraire. De Gaulle loin de manifester des réticences a donné son accord à son gendre pour effectuer le voyage contre l’avis du Quai d’Orsay

Si j’ai mentionné Couve de Murville, (le ministre des Affaires étrangères), c’est parce que certains estiment que c’est lui qui est derrière l’embargo imposé par la France en 67 à la veille de la guerre des six jours. Auparavant je voudrais quand même mentionner les deux visites de Ben Gourion à Paris et ses rencontres avec le général de Gaulle. Ben Gourion et de Gaulle ont entretenu une correspondance suivie depuis 1960.

Les relations entre les deux pays ont un caractère passionnel et c’est sans doute à partir de là qu’il faut expliquer les réactions de de Gaulle, sa célèbre conférence de presse, son embargo sur les avions achetés et déjà payés par Israël. À mon avis de Gaulle avait une vision très particulière de l’intérêt de la France et pour lui un petit pays comme Israël ne pesait pas lourd face à l’importance des états arabes.

Pour conclure j’estime qu’il n’y avait pas de réel changement sur les plans de relations entre militaires, sur les ventes et les achats d’armement. La chaleur des liens anciens se poursuit mais de Gaulle a déjà la volonté de les ramener un cadre plus protocolaire. En outre, il faut mentionner la volonté de de Gaulle de freiner les collaborations entre les deux pays dans le projet de réacteur nucléaire.

En 1960 avant que ce réacteur ne soit opérationnel de Gaulle décide de suspendre ce projet. Après quelques mois de négociation un accord fut conclu en novembre, Israël continuera ce projet à condition qu’il promette de ne pas construire d’armement et de l’annoncer publiquement.

De Gaulle lui-même fait référence à cette décision dans son ouvrage, Mémoires d’espoir : « Ainsi cesse, écrit-il, en particulier le concours prêté par nous à un début, près de Beersheba, d’une usine de transformation d’uranium en plutonium, d’où, un beau jour, pourraient sortir des bombes atomiques. »

Le journal de Ben Gourion, montre qu’après le retour de De Gaulle au pouvoir, diverses personnes essaient de rassurer les Israéliens sur la pérennité des relations franco-israéliennes mais Ben Gourion pour sa part ne s’illusionne pas, comprenant que les relations franco-arabes conditionneront la politique française. On lui parle d’une alliance possible avec la France mais il écrit, « je ne pense pas que de Gaulle y soit prêt avant qu’il ait résolu le problème de l’Algérie et qu’il soit sûr qu’une alliance avec Israël ne lui cause pas de dommage. »

Le compte-rendu, trouvé dans les archives du ministère des Affaires étrangères français, d’une rencontre le 21 février 1959 à l’Elysée, entre de Gaulle et l’ambassadeur Tsu, qui a lieu à la demande de ce dernier, est assez significatif de la « politique réservée » qu’entend mener de Gaulle. La France continuera d’aider Israël mais sans ostentation et n’entend pas heurter les arabes. A Tsur qui demande s’il se rendra en Israël, « le Général a fait une réponse qui laissait peu d’espoir à son interlocuteur. Il a déclaré, […] qu’il recevrait volontiers M. Ben Gourion si celui-ci vient en Europe. Le Général a défini ainsi la politique que la France poursuit à l’égard d’Israël : entretenir de bons rapports mais ne pas se mettre en avant, afin de ménager les arabes. Quant à la livraison d’armes, question que M. Tsur a évoquée, le Général l’a prié de s’adresser aux ministères compétents.

La même année [1959], de Gaulle affirme à l’ambassadeur Gilbert : « J’aime Israël. Je l’admire beaucoup et en particulier son œuvre humaine, si Israël était attaqué, je viendrais à son secours tout de suite et en force. Mais je ne serai pas d’accord pour me mettre à la tête d’une croisade contre les arabes.

La personnalité du ministre des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville est une autre source d’inquiétude pour les Israéliens et laisse augurer de relations plus délicates avec la France. Eytan en prévient l’ambassadeur d’Israël à Paris, après une conversation avec Gilbert, « l’attitude de Couve de Murville envers Israël n’est pas positive […] et s’observe à tous les niveaux du Quai.

Donc au retour du General de Gaulle pas des vrais changements. Ils commencent à se renforcer et à se faire sentir après l’Indépendance de l’Algérie et surtout à la veille de la Guerre de Six jours. Tout ce qui a été mentionné là-haut nous amener à une constatation.

Pour répondre à la question posée dans le titre de cet article, à mon avis de Gaulle n’était pas un ennemi d’Israël, mais ce qui l’intéressait essentiellement c’était défendre l’intérêt de la France selon lui.

C’est la raison pour laquelle il a annoncé que la France n’aidera pas le pays qui engagera le premier les hostilités. Mais l’embargo a été imposé avant le premier coup de feu, avant le commencement même de la Guerre de Six jours.

La fin de la Guerre de Six jours et par-dessus tout le succès de l’armée israélienne ont dégrade considérablement les relations entre les deux pays. Plus encore, de Gaulle s’est senti trahi du fait qu’on ne le pas écoute. S’ajoute à cela sa conférence de presse du mois du Novembre 1967 sur son appréciation sur le peuple juif.

En résumé, lors des premières années de gouvernance de de Gaulle, on ne constate pas de changement sur le terrain. Les contacts entre militaires, notamment, à là de fin l’opération de Suez, demeurent aussi fréquents et amicaux. La complicité entre les militaires est d’autant plus aisée que la tension en Algérie donne à beaucoup de militaires l’impression que chacun des deux pays affronte sur son propre terrain l’hostilité des arabes.

Les ventes d’armes se succèdent et l’armée israélienne poursuit l’acquisition des moyens nécessaires à sa défense. En parallèle, relations économiques et culturelles se développent tandis que les rencontres entre hommes politiques, diplomates ou hauts fonctionnaires ne cessent pas, au contraire.

Cependant les prémisses d’une nouvelle donne sont perceptibles. On sent dans les cercles les plus élevés du pouvoir français, une volonté de normaliser ces relations qui dépassent le niveau diplomatique habituel. On voit à cette période se dégager le caractère central de de Gaulle dans l’exercice du pouvoir. Or quelles que soient l’admiration et l’estime que de Gaulle peut porter à Israël, il ne dérogera pas à ses conceptions : c’est le politique qui fixe le cadre.

Toutefois pour le moment, cette nouvelle donne qui s’installe ne modifie que peu les relations en place. La ligne directrice de la politique française reste d’aider Israël, néanmoins on voit revenir une constante (qui s’était quelque peu atténuée au sortir de Suez), le souci de ménager les arabes.

L’éventuelle reprise en main des relations franco-israéliennes sous l’impulsion de de Gaulle est d’autant moins sensible, en dépit de la volonté de ce dernier de tout contrôler, que le Moyen-Orient à cette époque n’est pas sa priorité, « De Gaulle s’occupe personnellement des sujets les plus importants, le Moyen-Orient n’est pas aujourd’hui considéré comme un des sujets les plus importants et par conséquent n’est pas aux mains de De Gaulle ».

Un dernier point mérite d’être relevé. Qu’Israël soit ou non conscient que ses relations avec la France pourraient ne pas être toujours aussi favorables, on voit le jeune Etat commencer à développer des stratégies de fabrication et de maintenance locales. On peut penser que ces transferts de connaissance et de production posent les premières bases d’une certaine autonomie, embryon de réponse à une situation de dépendance qui pourrait un jour s’avérer dangereuse.

Les années 1960 – 1962, pour la France, correspondent à l’apogée de la crise algérienne puis à son règlement. En plein cœur de ces années (1960 et 1961) se produisent les deux visites officielles de Ben Gourion à Paris. La France est secouée par les événements qui précédent l’indépendance de l’Algérie, et ses relations avec les pays arabes sont particulièrement problématiques, ce qui amène certains à dire que les changements dans les rapports franco-israéliens sont déjà sensibles alors que d’autres affirment au contraire que la rupture avec le monde arabe, l’absence de relations diplomatiques avec ces pays (à l’exception du Liban) poussent un peu plus encore la France vers Israël.

Ces deux visites ont été interprétées de diverses manières. Certains Israéliens, comme Pérès, y ont vu une preuve du renforcement des relations entre les deux pays tandis que d’autres ont interprété la fameuse phrase de de Gaulle comme une simple formule de courtoisie.

La fin de la guerre des Six Jours (pas plus que sa courte durée et sa réussite totale du point de vue israélien) n’apporte d’apaisement entre la France et Israël. Au contraire, la tension politique entre les deux pays s’aggrave et la décision d’embargo est maintenue. D’un côté De Gaulle aurait ressenti le fait qu’Israël ne l’ait pas écouté comme une sorte de blessure disent les uns (il aurait confié, furieux, à son Premier ministre Pompidou, « ils n’ont pas écouté la France »), comme un soulagement disent les autres tandis que de l’autre, Israël assimile toujours l’absence de soutien de la France à une immense trahison.

A ce contexte, viennent s’ajouter, la fameuse conférence de presse de De Gaulle du 23 novembre 1967 et la polémique qui l’entoure. Les déclarations de Charles de Gaulle sur les « Juifs restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur » sont qualifiées d’antisémites par plusieurs journaux israéliens. Pourtant pour l’amiral Bloch, ces mots de De Gaulle « n’étaient pas une critique d’Israël mais un compliment, et le pays les a mal interprétés
Début 1969, un deuxième embargo est imposé à Israël par la France. La raison invoquée est une opération militaire israélienne au Liban. La décision est prise 2 janvier 1969 mais elle n’est pas annoncée et Israël n’en est pas immédiatement averti.

Alain de Boissieu témoigne de l’état d’esprit du général de Gaulle au moment de prendre cette décision. « J’étais à Colombey, se souvient-il, le jour où les Israéliens ont bombardé le terrain de Beyrouth. Le général était meurtri de voir le Liban attaqué avec des hélicoptères français. Il a dit, non là, ce n’est pas possible, on ne peut pas jouer sur deux tableaux comme ça. On se met mal avec tout le monde. Ce n’est pas bon. L’attaque de l’aérodrome de Beyrouth avec des appareils français, c’était de la provocation.

Du côté israélien, ce nouveau durcissement inquiète évidemment. On ne croit plus beaucoup au caractère provisoire de ces mesures dont la répétition laisse entendre qu’il s’agit d’une ligne politique réellement déterminée.

Mon analyse aboutit enfin à relativiser le tournant de 1967. Même après l’embargo décrété juste à la veille de la guerre des Six jours, il est clair que les relations et les échanges ne se sont pas arrêtés là (et parfois même se sont encore intensifiés, en particulier entre les militaires), que les ordres de de Gaulle et de son ministre des Affaires étrangères, Couve de Murville, n’ont pas mis un terme à la « complicité » entre Israël et la France dans le domaine militaire. Dans une large partie de l’armée française, à tous les niveaux de hiérarchie, des responsables militaires restèrent sensibles à la cause des Israéliens, et se montrèrent prêts à aider Israël. Ceci malgré les consignes, ou avec l’aval discret du gouvernement ? Rien ne permet de l’affirmer.

Reste qu’il me semble à présent établi que ces relations spéciales ne s’arrêtent pas brutalement en 1967 à la veille de la guerre des Six jours. Je n’estime pas davantage qu’il s’agisse d’un processus de dégradation progressive entamé dès la fin de la guerre d’Algérie. Je privilégie, pour ma part, une analyse médiane. Si, à son retour au pouvoir, De Gaulle inscrit sa politique israélienne dans la continuité de celle de ses prédécesseurs, il impose néanmoins graduellement dès son retour, une certaine prise de distance, qui se double peu à peu d’un rééquilibrage en direction du monde arabe, dicté par son analyse globale de la situation internationale. Tout cela relève plutôt d’une sorte de normalisation des rapports entre deux pays ayant chacun leurs propres intérêts.

Quant aux raisons des décisions de de Gaulle en 1967 et en 1969, je les résumerai en disant que de Gaulle n’était ni hostile à Israël, ni antisémite, ni antisioniste. Pour de Gaulle, seul comptait l’intérêt de la France, et celui-ci impliquait l’instauration de la paix au Proche-Orient par l’action des Quatre Grands dont la France.

Cependant le changement du discours accompagnant ce rééquilibrage de la politique française en direction du monde arabe provoqua l’incompréhension en Israël.

Pour illustrer le point de vue israélien, laissons la parole à Bar On : « Dans la mémoire collective d’Israël et dans l’esprit du public israélien, dit-il, le général de Gaulle, […] reste pour nous un personnage énigmatique et très controversé. Il s’identifie dans notre esprit comme un chef d’Etat dont les sentiments de sympathie et d’amitié pour Israël s’étaient clairement manifestés, entre autres sous forme d’échanges technologiques et d’équipements militaires qu’il avait autorisés dans les premières années de notre pays, les plus difficiles.

C’est en effet grâce à cet appui que l’armée israélienne a pu se développer en une force de défense de premier ordre. Et pourtant, comment ignorer la volte-face si inattendue à un moment d’épreuve particulièrement difficile, dans des circonstances où la survie elle-même de notre jeune Etat était mise en question ? La décision du Général de nous tourner le dos, de nous « laisser tomber », sans considération pour les répercussions sur le plan international, ainsi que sur celui du moral national à une heure cruciale, ne pouvait qu’imprimer une cicatrice douloureuse dans l’âme de la nation israélien ».

Les Israéliens continuaient à s’interroger sur la nature de ces relations franco-israéliennes exceptionnelles et les raisons de leur rupture, sans parvenir à trancher.
Une rupture toujours douloureuse et assimilée en Israël à un revirement et une trahison. Un ressenti, qui en dépit du travail des historiens, reste fort dans l’opinion publique.

On hésite toujours entre la froide hypothèse de l’opportunisme politique, ne voyant dans ces relations qu’un mariage de raison dicté par la guerre d’Algérie dont la raison d’être disparaît avec celle-ci, et l’hypothèse de la naïveté expliquant l’aide de la France par une pure amitié pour un petit pays en détresse.

Entre les deux, d’autres explications trouvent crédit chez certains qui mettent en avant les malentendus entre de Gaulle et les dirigeants israéliens. On avance parfois même en Israël un refroidissement provoqué non par la France mais par une volonté des Israéliens de se tourner vers les Etats-Unis, supposés proposer une alternative à la France dans son rôle de fournisseur d’armement.

Je me suis fondée sur des nouvelles sources offertes par l’ouverture des archives françaises et israéliennes, jusque-là, jugées trop confidentielles pour être livrées aux chercheurs. Ce qui m’a conduit à des thèses plus nuancées mais bien sûr moins romanesques.

L’embargo de 1967 qui allait dans le sens préconisé depuis longtemps par les services du Quai bouleversa l’infrastructure de la défense d’Israël qui s’efforça de trouver d’autres sources d’approvisionnement pour sa défense. Dans les années 70, après l’épisode des vedettes de Cherbourg et la consommation de la rupture, les Etats-Unis deviennent par la force des choses le premier fournisseur d’armes d’Israël. Et même quand l’embargo français est finalement levé en 1974, il est trop tard pour faire marche arrière et revenir à la situation qui a précédé l’embargo car les Etats-Unis ont pris la place de la France.

Les Citations ainsi que certains extraits/résumes sont pris de mon livre
 » La France et Israël 1947-1970, de la création de l’État d’Israël au départ des Vedettes de Cherbourg », publié en Janvier 2009 chez Honore Champion ». (Ce livre a paru aussi en hébreu chez Resling en 2014)

à propos de l'auteur
Miriam a fait ses études à Paris et est titulaire d'un Doctorat d'histoire, (université Paris I Panthéon-Sorbonne) sur les Relations Internationales et en particulier entre la France et Israël. Passionnée par la France et Israël, elle a écrit un livre sur leurs relations: "La France et Israël 1947-1970, de la création de l’État d’Israël au départ des Vedettes de Cherbourg", publié en Janvier 2009 chez Honore Champion. Ce livre a été traduit en Hébreu et est paru en 2014 chez Resling. Elle participe à des documentaires et intervient régulièrement dans des médias en français, ainsi qu'en anglais et hébreu en tant qu'expert dans les relations internationales. Mais également, elle participe à des conférences internationales et dispense des cours dans différentes langues.
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