Le flegme britannique a cédé la place à la furie

SEMMO n°31 – Savoir Écouter les Maux du Moyen-Orient
À Londres, alors que plus d’un tiers des enfants d’âge scolaire sont musulmans[1], il devient de plus en difficile d’y rencontrer le fameux flegme britannique. Les fréquentes manifestations anti-israéliennes et anti-juives,ont eu raison de cette valeur de retenue, dénuant Trafalgar Square de toute tenue. Les « Oh Dear ! » ne suffiront sans doute pas à endiguer ces cris de haine. Et Paris, qui se trouve sur la même voie que Londres, devra sans doute dépasser les appels timides du style : « ces cris n’ont pas leur place dans notre pays ».
Info n°1 : beaucoup de bruit pour rien dans les rues de Londres
La MAB-Muslim Association of Britain, fondée en 1997, figure sur la liste des organisations terroristes des Émirats Arabes Unis[2]. Mais en Grande-Bretagne, elle fait bonne figure.
Soutenue entres autres par les politiciens Ken Livingstone et Georges Galloway, elle promeut l’éducation de toute la société britannique, le lobbying des députés et la lutte pour la justice sociale sous l’égide de l’Islam. Elle refuse le racisme et l’islamophobie[3]. Elle fait partie de la Fédération des organisations islamiques en Europe, fondée par la Confrérie des Frères musulmans en 1989.
Le 27 août 2025, Saleem Nussibeh, représentant cette association, s’est exprimé lors d’une manifestation pro-palestinienne devant l’ambassade d’Israël londonienne. Ses mots de haine et d’appel au génocide furent prononcés sous protection policière :
[Israël] n’est pas un pays. C’est un avant-poste colonial[4].
S’adressant à une foule en délire huant des cris d’encouragement, Nussibeh poursuivit :
[Israël] pratique l’apartheid depuis 1948, pratique le génocide depuis 1948, affame les Palestiniens depuis 1948 [5].
Et comme pour répondre aux initiatives de reconnaisse d’un État palestinien que la France persiste à vouloir accomplir (à l’heure où ces lignes sont écrites), Saleem Nussibeh met son auditoire en garde :
Dans les jours qui viennent, des gens qui portent les mêmes couleurs que nous (…) vont venir à l’Assemblée générale [de l’ONU] et vont parler d’un « État de Palestine ». Mais ce sera un État fantoche, sans armée, sans aéroport, sans frontières sérieuses, un État paralysé, handicapé.
Et des gens vous diront que Netanyahu [le Premier ministre d’Israël] est le problème, que pour sauver Israël, il sera jeté sous un bus. Mais ne vous faites pas avoir. Netanyahu n’est pas le problème. Smotrich n’est pas le problème. Ben Gvir n’est pas le problème. C’est Israël qui est le problème, (…), la société israélienne est le problème (…).
Ce que vous voulez est la Palestine de 1948, la destruction de l’entité sioniste, la Palestine du fleuve à la mer, la fin d’Israël. Ce que vous voulez est la fin de l’hégémonie américaine, la libération du Moyen-Orient. [6]
Sur le ton digne des hurlements des discours fascistes encouragés par la foule, Nussibeh a continué de s’emporter, prenant à témoin les forces de police anglaises :
Israël est la tumeur dans le corps du Moyen-Orient. Il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient tant que cette tumeur ne sera pas détruite. Du fleuve à la mer…
Ce à quoi la foule en liesse répondit avec automatisme :
la Palestine sera libre .
On ne sait pas si Nussibeh s’est ensuite assis pour prendre un thé à la bergamote. Mais au son de ces cris, la population britannique serait en droit de s’inquiéter sur l’avenir de sa civilisation. Exercera-t-elle ce droit ? On peut en douter.
Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/palestinian-activist-london-rally-israel-destroyed-us-hegemony
Info n°2 : une neurologue pour qui la haine des Juifs est le nerf de la guerre
Le Docteur Rehianna Ali, neurologue britannique et ancienne candidate parlementaire, avait été suspendue de son activité médicale fin 2024 pour cause de déclarations antisémites, et ce pour une durée de 18 mois. Elle s’était entre autres demandé publiquement si les lecteurs juifs de « Jewish News » étaient des êtres humains normaux.
À peine 6 mois plus tard, sa suspension fût levée, les juges arguant que le contexte de la guerre à Gaza pouvait justifier une telle animosité[7].
Devant un tel revirement, on ne peut que comprendre que le docteur Ali, une neurologue pour qui le nerf de la guerre ne peut être que la haine des Juifs, dénonçait, le 23 août 2025 à Birmingham, lors d’une manifestation pro-palestinienne :
(…) la pratique de l’usure. Pourquoi ? Non pas parce que je suis antisémite, mais parce que l’usure est une forme d’esclavage financier.
Cherchant sans doute à joindre son racisme à une cause utile, le Docteur Rehianna Ali s’empresse, après l’usure, de s’attaquer au fait que le Royaume-Uni considère le Hamas comme entité terroriste :
(…) le Hamas [est] un mouvement de résistance légitime. La lutte armée est légale selon le droit international. C’est la loi du Royaume Uni, noyautée par les lobbies d’Israël, qui n’est pas en phase.
Gageons que le Docteur Rehianna Ali, encouragée par la récente annulation prématurée de sa suspension, continuera ses provocations racistes et antisémites dans les rues britanniques, sans contrainte.
D’ailleurs, ceux qui lui ont succédé à la tribune, ne semblaient pas craindre le dérapage non plus :
L’entité sioniste est une tumeur en Asie de l’Ouest, et doit être supprimée.
Ou bien :
Tout Israélien qui voudra rester dans la Palestine historique après le démantèlement de l’entité sioniste devra passer un processus de « dé-sionisation », tout comme l’Allemagne avait subi une dénazification après la seconde guerre mondiale.
Ou encore :
Envoyez l’armée, envoyez la marine. Forcez les Israéliens à évacuer la Palestine. Ce ne doit pas être sujet à débat.
Entre ces cris de haine contre les Juifs, et ces manifestations de racisme au cœur même des rues anglaises, il ne serait pas étonnant que les Anglais soient obligés de consulter des neurologues pour soigner leur nerfs. Heureusement, l’un d’entre eux vient d’obtenir le droit de pratiquer à nouveau.
Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/birmingham-march-palestine–military-force-evacuate-israelis-dezionisation-hamas
Info n°3 : dans la mosquée de Birmingham, moins de cris, plus d’arguments, toujours effrayants
Asrar Rashid est un savant islamique britannique. Au cours d’une interview qu’il a accordé le 19 juillet 2025, il a promis que le califat, perdu pour le monde musulman avec la chute de l’empire ottoman après la première guerre mondiale, ne renaîtra pas à Istanbul mais à Jérusalem ; et que les armées d’invasion musulmanes prendront Al-Qods.
Cela se produira au nez de Netanyahu, au nez du fragile et vieux Biden, au nez de Donald Trump.
Voulant argumenter en faveur du califat, Rashid explique que :
Les musulmans doivent comprendre que la démocratie ne fonctionne pas pour nous [les musulmans] (…) En 2006, les Palestiniens ont élu le Hamas à Gaza et en « Cisjordanie » (sic). [L’Occident n’était pas content de cela] et que se passe-t-il quand l’Occident n’est pas content ? Ils ont obligé l’OLP à faire un coup d’État (sic). Morsi a été élu en Égypte, et il est finalement mort en prison.
Puis, voulant rassurer les Juifs, Rashid ajoute :
Le peuple juif sera en sécurité dans le califat. (…) Tant qu’ils paient la jizya [l’impôt spécial pour les dhimmis, citoyens de seconde zone dans les pays musulmans] les Juifs seront en sécurité.
En attendant, les Juifs ne sont pas en sécurité au Royaume-Uni. Personne ne leur a demandé de payer la jizya pour l’instant. Cela arrivera peut-être. Avec la sécurité ? Il serait naïf de le croire évidemment.
Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/asrar-rashid-caliphate-jerusalem-isis-fake-jihad-palestinians
Info n°4 : « le monde entier doit se taire quand un Palestinien parle »
En 2019, Ahed Tamimi, la jeune blonde et frisée icône palestinienne, foulait déjà les pavés de Londres, criant que « du fleuve à la mer, toute la Palestine sera libre [8] ».
Plus récemment, elle s’est exprimée dans une interview au sujet du judaïsme.
Depuis que je suis enfant, ma définition du judaïsme est que c’est exactement la même chose que le sionisme. Il n’y a pas de différence entre les deux (…). Nous combattons les Juifs, pas le sionisme.
Puis, elle s’en est prise aux soutiens de la cause palestinienne dans le monde occidental.
Pour quelle raison les medias occidentaux parlent-ils de ma souffrance ? Désolée, mais c’est moi qui dois exposer mon point de vue, pas eux.
Le monde entier doit se taire quand un Palestinien parle. Nous sommes supérieurs à tout le reste du monde parce que nous sommes les seuls à combattre l’injustice, au prix de notre vie, au prix de notre humanité.
Anthony Blinken, ancien secrétaire d’État américain sous l’administration Biden à la fin de son mandat en janvier 2025 s’était étonné du silence du monde face aux massacres du Hamas.
Outre le caractère absurde d’une telle déclaration de la part d’un homme aussi puissant, on comprend la nature de ce silence que le monde doit observer lorsque les Palestiniens parlent… Et massacrent. Lorsque le Hamas a massacré, aidé par des civils gazaouis, il s’est exprimé.
D’ailleurs, Tamimi n’a pas hésité à espérer la Troisième Guerre mondiale et les bombes nucléaires.
En attendant l’apocalypse, elle affirme que l’aide du monde occidental est un dû vis-à-vis des Palestiniens, et que ceux-ci doivent la prendre sans remercier.
Pour en savoir plus : https://www.memri.org/tv/ahed-tamimi-palestinian-activist-jews-zionism
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[1] https://x.com/naftalibennett/status/1957326238944465016?s=46&t=WPJ8oZ66knklCHaToeDvZQ
[2] https://www.opensanctions.org/entities/ae-lt-f2f9275bddabb85ad3ba9ac0ea8486bc2e073f7a/
[3] https://www.mabonline.net/about-us
[4] https://youtu.be/iQkQtDk8ms0?si=pew5WEuouAU0Mzxg&t=57
[5] https://youtu.be/iQkQtDk8ms0?si=XyhTWyNQiWCC2qgU&t=75
