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Le droit d’ingérence, pour qui ?

Illustration. António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, s'exprime lors de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le mardi 10 septembre 2024. (AP Photo/Yuki Iwamura)
Illustration. António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, s'exprime lors de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le mardi 10 septembre 2024. (AP Photo/Yuki Iwamura)

Où sont passés tous les défenseurs des droits de l’Homme ?

Où sont passés tous les donneurs de leçons de morale ?

Où sont passés les dirigeants européens pour défendre la population iranienne, sous la coupe réglée des gardiens de la révolution ? Il est vrai qu’ils n’ont pas été prévenus ou sollicités, pour quoi faire d’ailleurs ?

Où son passés ceux qui condamnent si promptement Israël pour ses soi-disant crimes de guerre, en se défendant.  Les mêmes, qui semblent ignorer ce qui se passe en Iran depuis des années où des dizaines de milliers de citoyens ont été assassinés, emprisonnés, pendus, torturés ?

Où sont passés les diplomates virtuoses des négociations, dont on a perdu la trace depuis 47 ans, après l’arrivée du premier guide suprême avec un avion Air France et depuis 37 ans, son successeur aux mains couvertes de sang, supprimé ce samedi ?

Où sont passés les intellectuels, les artistes, les acteurs qui participent volontiers aux émissions de nos médias, tous grand partisans de la laïcité qui nous est chère, mais dont le silence est assourdissant lorsqu’il s’agit du sort des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants tous victimes d’une théocratie dictatoriale et mortifère, qui a fait de son pays une forme de prison sous la férule des gardes chiourmes que sont les gardiens de la révolution ?

Pour rafraichir les mémoires :

La République Islamiste d’Iran, l’État exemplaire depuis 47 ans que l’Onu aime, si on s’en tient aux rapports entre l’institution et les Mollahs.

Les mandats de la république au sein de l’Onu :

Rapporteur au sein de la première commission désarmement et sécurité. Quand on pense au nucléaire on peut se poser des questions.

Mais mieux, Présidence du Groupe Asie-Pacifique du conseil des droits de l’homme en 2025

Vice-présidence de la Commission du développement social… Pour l’Onu c’est un pays « » sous surveillance ». On s’interroge, car une surveillance aussi longue aurait pu, aurait du se traduire par des conclusions.  Ce n’est pas le cas … on prolonge la surveillance, sans doute par manque d’éléments. La question reste posée.

Comme état membre de l’Onu, l’Iran depuis l’établissement de la R.I.I. il y a 47 ans, n’a de cesse que de vouloir détruire Israël, ce qu’elle tenté de faire à plusieurs reprises avec ses proxy qu’elle arme et finance et directement en l’attaquant, sans succès.

Mais voilà, il y a une exception. Ce qui précède s’applique uniquement à l’extérieur du pays. A l’intérieur, il s’agit de préserver l’ordre révolutionnaire. Pour le régime, il n’y a pas d’opprimés dans le pays, il n’y a que des contre-révolutionnaires. Des dizaines de milliers d’opposants ont payé le prix du sang. Le nombre de victimes assassinées ne se compte plus. Le nombre d’exécutions capitales est l’un des plus élevés sur la planète :

  • 853 en 2023
  • 972 en 2024
  • 1 500 en 2025 selon une ONG. Sans doute plus après les manifestations de janvier 2026

Sa doctrine

Le régime se conçoit et se déclare porteur d’un projet transformateur, conteste l’ordre international jugé injuste (Pour qui ?) porteur d’une mission morale universelle. Cette doctrine s’inscrit dans sa constitution, qu’elle n’a de cesse de propager sur le globe. Le nombre des attentats dont ses proxys sont l’auteur ne se comptent plus à l’échelle du globe. La France est bien placée pour le savoir.

Elle soutient les mouvements considérés comme « résistants » (par elle). Le Liban en sait quelque chose et ce n’est peut-être pas encore terminé, le Hezbollah y veille.

L’Iran affirme défendre les peuples opprimés notamment : Les Palestiniens, certaines populations chiites, des groupes au Liban, en Syrie (ça vient de changer) en Irak où elle entretient des milices qui s’opposent au gouvernement légal, au Yémen où elle arme et soutient les Houthis.

Alors Israël :

L’Iran ne reconnaît pas Israël

La rhétorique officielle vise le « régime sioniste « considéré comme oppresseur que l’Iran veut éliminer et le fait savoir à chaque occasion.

Les gardiens de la révolution (les Pasdaran) sont-ils une organisation terroriste ?

Le parlement européen a voté en janvier 2023 une résolution demandant l’inscriptions des Pasdaran sur la liste terroriste de l’UE.

Le Conseil de l’UE ne l’a pas fait … Y a-t-il des pays européens qui ont officiellement désigné les Pasdaran :

Royaume Uni, renforce les sanctions, mais étudie la qualification.

France : soutien à des sanctions, mais des obstacles juridiques au niveau européen, dit-on

Allemagne : Plaide pour une approche coordonnée européenne.

Pays Bas : Le parlement a adopté une motion en 2023 demandant la désignation, non encore mise en œuvre. Plusieurs pays appliquent des sanctions renforcées en 2022-2024. Mais pourquoi appliquer des sanctions sans désignation ? Cherchez l’erreur.

A PROPOS DU DROIT D’INGERENCE

Où donc sont passés les grands défenseurs et promoteurs du droit d’ingérence humanitaire ? Ceux de la Gauche bien-pensante et pétris de bonnes intentions ?

A propos, savez-vous qui a « inventé » le droit d’ingérence :

C’est un concept qui est le fruit d’une construction politico-juridique progressive popularisée à la fin du XX° siècle.

Le terme est surtout associé à deux figures françaises :

Bernard Kouchner cofondateur de MSF puis de Médecin du Monde. Qui défend l’idée que l’aide humanitaire doit pouvoir franchir les frontières malgré la souveraineté des États.

Mario Betalli juriste et professeur de droit qui a formalisé juridiquement l’expression « droit d’ingérence humanitaire

Leur objectif était de répondre aux tragédies humanitaires où les États empêchent l’aide extérieure » (Biafra, Cambodge des Khmers rouges, famine en Éthiopie).

Alors condamner à nouveau Israël et par association les États-Unis en argumentant qu’ils bafouent le droit c’est au mieux être ignorant mais en réalité faire preuve d’un cynisme et d’une amoralité absolus.

Conclusion

Tous ceux qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes feraient mieux de continuer à s’abstenir. Que vient faire le droit international quand les plus grands pays, l’Europe en tête, n’ont rien pu régler et lorsque nous sommes restés des spectateurs impuissants devant les derniers massacres de plus de quarante mille victimes de janvier.

Soudain, faute de mieux et de moyens on voudrait qu’une autre institution impuissante et partisane, l’ONU, se charge de traiter le problème. Qu’ont-ils fait depuis ces dernières quarante-sept années ?

à propos de l'auteur
Ancien cadre supérieur et directeur de sociétés au sein de grands groupes français et étrangers, Francis Moritz a eu plusieurs vies professionnelles, depuis l’âge de 17 ans, qui l’ont amené à parcourir et connaître en profondeur de nombreux pays, avec à la clef la pratique de plusieurs langues, au contact des populations d’Europe de l’Est, d’Allemagne, d’Italie, d’Afrique et d’Asie. Il en a tiré des enseignements précieux qui lui donnent une certaine légitimité et une connaissance politique fine.
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