Le double jeu des Occidentaux et l’hypocrisie de la gauche israélienne

© Stocklib / Alessandro Bianco
© Stocklib / Alessandro Bianco

La solution du problème palestinien est devenue une réelle obsession au sein des chancelleries occidentales, dans les médias, les réseaux sociaux et chez les intellectuels de gauche. Une flagrante disproportion dans le choix et le traitement des informations et les événements d’actualité dans le monde.

Chaque incident qui concerne les Palestiniens est toujours mis à la une et en relief, avant même de connaître tous les faits. Aucun souci de justice ni de vérité, avec parti pris d’avance. La version palestinienne est toujours justifiée et plus crédible que toutes les affirmations du porte-parole de Tsahal.

Chaque décision prise sur ce sujet par le gouvernement israélien est condamnée automatiquement, accompagnée souvent de menaces et de sanctions. Aucun conflit existant à travers les continents, aucun dossier de politique étrangère n’est traité de la sorte : partialement, grotesquement, toujours avec deux poids, deux mesures. L’hypocrisie est transparente, la tromperie et la désinformation dominent.

A part la polémique provoquée par l’administration américaine concernant l’ouverture d’un consulat à Jérusalem pour les affaires palestiniennes, deux autres sujets préoccupent aussi les Européens : « l’expansion des colonies dans les territoires palestiniens occupés » et six ONG palestiniennes désignées comme « organisations terroristes ».

Ils demandent donc au gouvernement israélien de revenir sur les deux décisions car elles « violent le droit international et sape les efforts en faveur de la solution à deux États. »

Tout d’abord, soulignons que les implantations n’ont jamais été un obstacle à la paix. Rappelons leur démantèlement dans le Sinaï, après la signature du traité de paix avec l’Egypte en 1979 ainsi qu’après le retrait total de la bande de Gaza en 2005. Des milliers de familles israéliennes ont été évacuées par les forces de Tsahal. Hier comme aujourd’hui, le désir ardent d’aboutir à une paix véritable avec nos voisins arabes est toujours vivace et prévale sur toutes les autres préoccupations.

Américains et Européens ne peuvent nous donner des leçons concernant les « colonies » et sur la gestion dans des « territoires occupés ». Avant de condamner nos décisions, ils devraient aussi savoir que la Cisjordanie n’a jamais été un territoire palestinien et qu’il s’agit bien d’un territoire disputé.

Cela est valable aussi concernant les droits de l’Homme. Les Occidentaux seraient capables de vendre leur âme au diable pour accomplir leur mission dans ce domaine. L’exemple avec la confrérie des Frères musulmans en Egypte est éloquent parmi tant d’autres.

Aujourd’hui, alors que des preuves irréfutables sont dévoilées sur le lien de plusieurs ONG palestiniennes avec le Front populaire de libération de la Palestine-un groupe armé considéré comme terroriste par l’Union européenne- on s’affole soudain tout en fustigeant cette décision.

L’ONU, les Etats-Unis, les Européens et particulièrement la France qui soutiennent financièrement ces ONG réagissent en évoquant le caractère pacifique de ces organisations et le « rôle indispensable de la société civile dans la vie démocratique. »

Comment supposer que ces ONG défendent le droit des femmes et des enfants quand leurs chefs sont en réalité des terroristes vêtus de costumes et cravates…

A ceux qui ont la mémoire courte rappelons que le FPLP a été créé en novembre 1967 par le Dr Georges Habache, médecin en pédiatrie… Ce chef palestinien était un terroriste notoire qui a revendiqué plusieurs attentats sanglants et spectaculaires.

Selon lui, la lutte contre le sionisme devra toujours être revêtue d’un aspect social. La guerre contre Israël doit être universelle et il faut frapper partout où se trouvent des Juifs et des objectifs israéliens.

En Janvier 1992, Habache est hospitalisé à Paris, en octobre 2004, Yasser Arafat le suivra…

Dans le théâtre de l’absurde, stupéfiant de constater à chaque fois les réactions et les actions des ONG israéliennes de défense des droits de l’Homme. Cette fois-ci, leurs directeurs se sont précipités à Ramallah en signe de solidarité avec les Palestiniens.

Le directeur de Bt’selem évoque un scandale et ose comparer le gouvernement israélien de « régime totalitaire essayant de faire taire l’opposition et les critiques, en assimilant droits de l’homme et terrorisme. »

Le mouvement « La paix maintenant » parle de « trahison de la part du gouvernement Lapid-Bennet aux engagements de statu quo et de projets destructeurs en développant la colonisation. »

Toutes ces critiques acerbes sont dirigées contre un gouvernement dont siègent des membres de ce mouvement pacifiste…

Pis encore, tous critiquent et condamnent ces décisions mais dans la même veine ils soutiennent hypocritement le gouvernement pour ne pas permettre à Nétanyahou de revenir au pouvoir.

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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