Le déplorable silence de la communauté juive

Dimanche dernier, j’ai participé à une marche pour condamner l’assassinat de 148 Kenyans. Tués car ils ne respectaient pas la charia, pour certains non musulmans.

Ce crime abject nous replonge dans les heures sombres de l’histoire où nombre d’hommes, de femmes et d’enfants furent assassinés car Juifs.

Depuis toujours, la Communauté condamne le silence des églises qui à quelques exceptions près n’ont rien dit sur le sort des Juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Qu’avons-nous appris de tout cela ?

Malheureusement rien. Nos instances religieuses se taisent devant les massacres des Chrétiens d’Orient, des Kenyans et d’autres.

De temps en temps, les organisations politiques juives condamnent ces faits, mais si peu.

Quel rabbin s’est fendu d’un prêche afin de condamner ces assassinats ?

Rien n’est comparable à la Shoah. Nous avons critiqué le silence de Pie XII pendant la guerre mais qu’allons-nous répondre aux autres lorsqu’ils nous diront que « vous non plus ne dîtes rien lorsqu’il y a des massacres »

Après les attentats contre Charlie hebdo et Hyper Cacher, quatre millions de personnes sont descendus dans la rue. Quatre millions de personnes ont soutenu notre communauté contre ces crimes abjects.

Quatre millions de personnes ont crié « je suis Charlie, je suis policier, je suis juif ».

Et nous, combien étions-nous lors des dernières manifestations contre les massacres des Kenyans ou des Chrétiens d’Orient ? Si peu malheureusement…

Sachez que ce dimanche 19 avril j’ai eu honte

Honte de ne voir aucun « dignitaire » de la Communauté

Honte de ne voir aucun rabbin des communautés de Paris, à l’exception d’un rav exceptionnel

J’ai eu honte comme j’ai eu honte, il y a quelques mois lorsqu’aucun représentant de la Communauté n’était présent à la manifestation suite à l’enlèvement de 400 jeunes filles par Bokho Haram.

Je vous en conjure, mes amis, demandez à vos rabbins, présidents de communauté de parler de ces massacres, d’être solidaires de ces victimes.

Et vous individuellement, qu’allez-vous répondre à vos enfants ou petits-enfants lorsqu’ils vous demanderont dans quelques années ce que vous avez fait pour lutter contre la barbarie ?

About the Author
Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. Il pense qu’il est possible d’arriver à la paix par la religion (puisque les guerres partent souvent de celle-ci). C’est pour cette raison qu’il s’emploie en France à travailler sur le dialogue interreligieux et ce notamment avec l’Imam Chalghoumi Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie. Éric est souvent invité à des congrès pour la paix pour donner son expertise sur certains problèmes Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix et le dialogue inter religieux en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Il est Directeur exécutif de l’Union des Peuples pour la Paix Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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