Le déni de racisme s’étend à l’Italie

Daisy Osakue, jeune athlète italienne de 22 ans, de parents nigérians, a été blessée fin – juillet 2018 à un œil dimanche soir après avoir reçu un œuf lancé depuis une voiture. Sa participation aux championnats d’Europe est compromise.

Accusé d’alimenter l’intolérance dans son pays, Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord (parti d’extrême droite italienne), ministre de l’Intérieur du gouvernement italien a condamné l’agression, affirmé sa solidarité de principe avec les victimes. Il refuse cependant de considérer une quelconque augmentation des actes racistes en Italie, banalisant et généralisant les délits racistes dans le cadre global de la délinquance générale.

C’est précisément ce que la France subit depuis le déclenchement des délits et crimes antisémites voici plusieurs années : refus de média, de politiques, de fonctionnaires administratifs et judiciaires de reconnaître le caractère antisémite d’actes et de faits qui pourtant correspondent à ce critère aggravant de façon patente, avérée et attestée.

La négation récurrente du caractère raciste (Italie) et antisémite (France) de délits et crimes peuvent désormais être comparées. Peur des représailles de personnes ou groupes de personnes délictuelles ou criminelles appréhendées, idéologies politiques, absence d’intégrité éthique et professionnelle, telles sont les causes de ces atermoiements.

L’absence de réactions, les dénégations, les contournements de l’espace public et légal constituent une carence des responsabilités, un abandon du Droit et un encouragement à la prolifération du racisme et de l’antisémitisme. Elle est à ce titre au moins autant périlleuse que les délits et crimes racistes et antisémites. Le déni de racisme du ministre de l’Intérieur italien, personnalité déterminante du gouvernement auquel il appartient, montre l’exemple à qui voudrait le suivre.

L’exemple français des victimes condamnées à justifier ce qui est probant au premier examen pourrait inspirer l’Italie dans le refus de la haine. Pour l’instant, force est de constater la similitude des deux situations.

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Pierre Saba
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