Le Dakar de trop ?

Le Rallye Dakar 2020 aura lieu cette année en Arabie saoudite du 5 au 17 janvier 2020.
FRANCK FIFE / AFP
Le Rallye Dakar 2020 aura lieu cette année en Arabie saoudite du 5 au 17 janvier 2020. FRANCK FIFE / AFP

Le 5 janvier, le Dakar se déroulera en Arabie Saoudite. On peut se demander comment la poignée de concurrentes qui y participent vivent le fait d’aller courir dans un pays où les droits des femmes ne sont pas bafoués puisqu’ils y sont tout simplement inexistants, à moins de considérer que le fait de pouvoir passer le permis de conduire ne constitue une avancée majeure…

D’une manière plus générale, on se demande comment une telle course peut se dérouler dans un pays : « au bilan désastreux en matière de droits fondamentaux. », comme l’indique Amnesty International.

Pour Hubert Auriol, triple vainqueur de la course, il vaut mieux ne pas mélanger sport et politique. C’est sans doute ce que se sont dit les organisateurs des Jeux Olympiques de Berlin en 1936…

Le nouveau directeur de la course, David Castera, explique lui, d’une manière plus pragmatique, que le choix de ce pays a été fait pour des raisons spécifiquement financières. Il est vrai qu’il était tentant pour cet antre d’un islam ultraconservateur de se refaire une beauté et d’attirer les touristes en ouvrant tout grand le robinet à pétrodollars.

Quand il a créé le Dakar en 1977, Thierry Sabine le définissait ainsi : « Un défi pour ceux qui partent. Du rêve pour ceux qui restent ».

Force est de constater que, même en tenant compte des contraintes financières, le rêve n’est plus qu’un décor de dunes masquant la terrible réalité d’une dictature inhumaine dirigeant une société aux règles archaïques.

Le problème n’est pas tant que le Dakar parte d’un pays arabe, mais, si l’arrivée s’était faite à Tel Aviv, ville dont Laure Adler a loué dans ces mêmes colonnes la tolérance, cette course aurait alors retrouvé son état d’esprit initial.

En la cantonnant dans cette vaste prison de luxe à ciel ouvert, et en acceptant d’y participer, organisateurs et pilotes n’ont pas seulement vendu leur âme, ils ont également brisé le rêve de son créateur.

à propos de l'auteur
Fondatrice du collectif Trans-Europe, première candidate trans a l'élection présidentielle
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