Le Coronavirus et le principe de précaution

Le marché vide du Carmel à Tel Aviv le 24 mars 2020, suite aux ordres du gouvernement de fermer tous les bars, restaurants, centres commerciaux et marchés afin de contenir la propagation du coronavirus. Photo de Miriam Alster / Flash90
Le marché vide du Carmel à Tel Aviv le 24 mars 2020, suite aux ordres du gouvernement de fermer tous les bars, restaurants, centres commerciaux et marchés afin de contenir la propagation du coronavirus. Photo de Miriam Alster / Flash90

Le professeur Michael Levitt, biophysicien et prix Nobel, déclare dans une interview au « Jerusalem Post » qu’à son avis il n’y aura pas plus de dix personnes qui succomberont au coronavirus en Israël. Il juge donc disproportionnées les craintes en la matière, d’autant que d’après lui la pandémie touche à sa fin.

Le professeur Didier Raoult, infectiologue, professeur de microbiologie et spécialiste des maladies infectieuses, dit qu’« il n’y a pas d’infection virale respiratoire qui ne soit saisonnière. Paradoxalement la chose la plus intelligente qui ait été dite à ce propos l’a été par Trump, qui estime qu’au printemps le Coronavirus va disparaître ».

Le professeur Yoram Las, ex-directeur général du ministère de la Santé en Israël estime pour sa part que le pays n’aurait jamais du fermer ses frontières. Il réfute la comparaison avec l’Italie, notant que le Coronavirus y est plus ravageur qu’ailleurs parce que la morbidité respiratoire y est notoirement supérieure à celle de ses voisins lors d’épidémies de grippe.

Le confinement ordonné par les autorités un peu partout au monde risque d’avoir un effet dévastateur et de provoquer des dégâts humains et matériels considérables consécutifs à l’écroulement de la production industrielle, et donc de l’économie.

La gestion de l’épidémie par les autorités consiste en ce moment à mettre en œuvre ce que l’on appelle le « principe de précaution », concept formulé par le philosophe Hans Jonas dans les années 1960 concernant la protection de l’environnement. Ce principe est respectable, mais comporte aussi le risque d’en faire trop.

Le monde est malade du Coronavirus, et il faut donc tenter une opération visant à juguler la pandémie, mais il faut aussi espérer que nos dirigeants ne nous annoncent pas un jour que l’opération a réussi mais que le patient est mort.

à propos de l'auteur
Daniel Horowitz est né en Suisse, où ses parents s’étaient réfugiés pour fuir l’occupation de la Belgique. Revenu à Anvers il grandit au sein de la communauté juive. A l’âge de quinze ans il entre dans l’industrie diamantaire et y fait carrière. Passé la soixantaine il émigre en Israël où il se consacre désormais à l’écriture. Il a récemment publié aux éditions l'Harmattan un ouvrage intitulé "Leibowitz ou l'absence de Dieu".
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