Le combat inachevé d’Israël devant l’illusion des Occidentaux

© Stocklib / donaveh
© Stocklib / donaveh

Au moment où l’Etat Juif commémore la Shoah et célèbre son 73ième anniversaire de son indépendance, le combat pour aboutir à la paix avec tous les voisins arabo-musulmans est loin d’être achevé. La lutte contre nos ennemis se poursuit sur tous les fronts et particulièrement face à l’Iran et ses satellites.

Pourtant, le monde occidental et l’Amérique en tête, semble ignorer les menaces de ce régime abject. Ne souhaite-il-pas anéantir l’Etat Juif par l’arme atomique ? Le rayer de la carte du Moyen-Orient par tous les moyens.

En ouvrant à Vienne un nouveau dialogue sans conditions préalables, en envisageant de lever les sanctions contre cet Etat voyou, sans attendre la fin des pourparlers, les Iraniens peuvent donc sourire et crier victoire.

Ils viennent d’annoncer la mise en service de nouvelles cascades de centrifugeuses sophistiquées permettant d’enrichir plus rapidement l’uranium dont l’utilisation lui est interdite depuis 2015.

Pourquoi les Iraniens sont-ils si satisfaits s’ils ne pensent pas que le pari a déjà été gagné et que les sanctions seront levées comme ils le désirent ? Pourquoi l’Arabie saoudite et les pays du Golfe sont-ils plus inquiets que jamais ? Comment ignorer les intentions hégémoniques des pasdarans ? La gangrène du fanatisme des Ayatollahs ? Cet Etat terroriste qui exporte une révolution islamique obscure, celle du Moyen âge. Un régime théocratique rigoriste, dont les violations systématiques des droits de l’Homme, des libertés et des égalités sociales sont devenues monnaie courante.

Plus de 250 milliards de dollars ont été déjà investis dans le projet nucléaire iranien et dans le programme des missiles balistiques. Une fois que tous les sanctions seront levées, le budget militaire augmentera de plus belle, et l’Iran pourra à la fois recevoir un nouvel armement sophistiqué de la Chine- grâce au pacte stratégique signé récemment avec elle- et ainsi exporter ce précieux arsenal à ses satellites tout en poursuivant ses expansions en Irak, au Liban, en Syrie et au Yémen.

Le dégel des avoirs bancaires sera ainsi destiné au financement du terrorisme, à la recherche tranquille du nucléaire, et au développement des missiles balistiques capables de transporter des ogives chimiques et nucléaires. Ces jours-ci des manœuvres et des essais de lancement sont en cours. Soulignons que ces missiles ne font pas partie des discussions actuelles à Vienne bien que les Occidentaux avaient exigé au départ de discuter de ce grave sujet. Le niet iranien est clair sur ce point aussi.

La première illusion diplomatique des Occidentaux a déjà vu le jour en signant un premier traité le 14 juillet 2015. Ce mauvais accord est inscrit dans les annales comme un jour sombre pour le monde libre car les Ayatollahs sont entrés triomphalement dans le club fermé des pays capables de devenir un jour une puissance atomique.

En amorçant un nouveau dialogue en position de faiblesse, l’Occident abandonne ses principes et ses valeurs universelles et surtout isole Israël et ses fidèles alliés arabes. Une fois encore, les Occidentaux perdent la face devant une diplomatie iranienne bien huilée et très habile. L’Amérique de Biden a-t-elle renoncé à lever l’étendard de la solidarité avec ses alliés comme l’avait faite l’administration Obama ?

En se précipitant pour effacer à tout prix la politique de Donald Trump, sans coordonner minutieusement les pas avec ses alliés, l’administration Biden et les Européens pourraient aboutir à un accord plus dangereux, encourager la prolifération nucléaire et le terrorisme et plonger toute la région dans une instabilité permanente.

Soulignons que l’Iran se moque éperdument de toutes les conventions internationales. Téhéran n’a jamais appliqué à la lettre les accords signés et sans le combat inlassable de l’Etat d’Israël contre le projet nucléaire, l’Iran aurait pu avoir sa première bombe atomique.

L’opération spectaculaire du Mossad en mai 2018 pour récupérer des archives nucléaires, les attentats contre des savants iraniens dont Mohsen Fakhrizadeh, cerveau de la bombe atomique iranienne, comme le raid audacieux des Américains contre le général Qasem Soleimani, ont retardé la mise en œuvre du projet atomique et les activités terroristes des Gardiens de la Révolution.

Pour gommer la politique de son prédécesseur et redorer le blason de l’Amérique, Joe Biden est-il prêt à céder tous les atouts pour revenir sur un nouvel accord avec Téhéran ?

Va-t-il suivre la politique d’Obama pour tomber une fois encore dans le piège des ayatollahs ? Pourquoi ignore-t-il les rivalités internes et profondes au sein de ce régime qui pourront bafouer du jour au lendemain les accords signés ? Pourquoi n’attend-t-il pas les résultats des prochaines élections en Iran pour savoir qui gagnera le scrutin et si les fanatiques conservateurs auront toujours la majorité absolue pour imposer leur loi au vénérable Guide spirituel ?

Une fois encore, les Occidentaux répètent les mêmes erreurs. Les pays concernés et les plus menacés au Moyen-Orient ne participent pas aux négociations. Rappelons que le président Macron avait déclaré que les nouvelles négociations sur le nucléaire iranien seraient très strictes et devraient inclure les puissances régionales dont l’Arabie Saoudite et Israël. Une promesse non tenue.

Pour l’heure, les pourparlers ne sont qu’à leur début et il est toujours possible d’adopter une ligne intransigeante face à la duperie iranienne. Espérons également que les visites du chef du Mossad à Washington comme celle du Secrétaire d’Etat à la Défense des Etats-Unis en Israël vont éclairer la position américaine, les engagements et tous les enjeux.

Cependant, face à la menace existentielle, Israël devrait redoubler de vigilance et ne compter que sur lui-même. Il a déjà renforcé considérablement sa puissance technologique et son savoir-faire dans le domaine du Renseignement.

Le dernier raid contre un navire militaire iranien en mer Rouge prouve qu’Israël est bien déterminé à interrompre toutes les livraisons d’armes au Hezbollah et aux autres organisations terroristes. Il ne s’agit pas de provocation, comme certains observateurs le notent, mais de légitime défense et de dissuasion.

Devant le désarroi de l’Occident face à la supercherie qui se dessine par les Ayatollahs, Israël n’est pas tenu à accepter un mauvais accord et agira toujours selon ses propres intérêts.

Dans ce contexte, il est temps de mettre un terme à nos querelles internes, et former rapidement un gouvernement cohérent et stable.

73 ans après la guerre de l’Indépendance la rude bataille contre nos ennemis n’est pas encore achevée.

Cet article a été publié le 11 avril 2021 sur le site https://jcpa-lecape.org/

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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