L’autodestruction de l’Autorité palestinienne

Mahmoud Abbas vient de déclarer qu’il cesserait de respecter les accords signés avec Israël.

Cette sempiternelle déclaration ainsi que ses menaces concernant l’effondrement de l’Autorité palestinienne deviennent vraiment ennuyeuses et pathétiques car jusqu’à ce jour elles n’ont jamais été réalisées et pratiquées sur le terrain.

La raison est simple : Abbas doit sa sécurité et la survie de l’Autorité palestinienne à Tsahal et au gouvernement israélien.

Tout changement du statu quo et surtout de la collaboration sécuritaire profitera au Hamas et plongera la Cisjordanie dans le chaos total.

Cette fois-ci Abbas a trouvé un nouveau prétexte. Sa récente déclaration fait suite à la démolition de bâtiments construits illégalement et dangereusement à Tsour-Baher, quartier arabe proche de la barrière de sécurité érigée pour justement empêcher l’infiltration de terroristes. Soulignons que ce quartier est administré et sous contrôle de la municipalité de Jérusalem. Il est connu pour ses activités en faveur du Hamas. Plusieurs résidents de ce quartier avaient commis des attentats terroristes.

Abbas a qualifié la démolition de ces maisons de « violation de la légitimité internationale et des accords ». Quelle violation ? Celle de construire sauvagement, sans permis, et de risquer la vie des locataires et de l’environnement ? De permettre des attentats terroristes en payant un salaire aux auteurs et à leur famille ? De quel accord signé parle-t-il ? Celui d’Oslo ? Interdisant toute décision unilatérale ? C’est donc bien Abbas qui viole systématiquement les accords signés et se conduit tel un véritable maître chanteur.

Abbas argumente sa décision car selon lui : « Il s’agit d’un problème qui ne peut être identifié que comme un nettoyage ethnique et un crime contre l’humanité ». Quelle absurdité ! Rappelons à Abbas que tous les résidents palestiniens de Jérusalem-Est possèdent une carte bleue, travaillent dans des entreprises israéliennes, notamment dans la municipalité juive, peuvent circuler librement à l’Ouest, et reçoivent tous les avantages sociaux. Comme chaque Israélien chacun a des droits, mais aussi des obligations, notamment le respect et l’application des lois.

D’ailleurs, la majorité écrasante des résidents arabes de Jérusalem ne souhaite pas vivre dans un Etat palestinien virtuel, mais préfère vivre dans le cadre d’un Etat d’Israël réel, stable et prospère.

Abbas marque toujours sa colère mais toutes ses menaces restent en l’air. Il n’est pas capable et n’a pas les moyens de les mettre à exécution. Juste après cette déclaration attendue, il a annoncé qu’il « mettrait en place un comité chargé d’étudier comment mettre en œuvre sa décision de suspendre les accords. »

Un aveu clair d’incompétence et de désarroi.

Abbas est mis au pied du mur. Impopulaire, désespéré, vieilli, et malade. Entêté pour poursuive sa propagande d’incitation et de délégitimation. Préférant plonger son peuple dans la misère et la désolation, mais en s’assurant que sa propre famille et ses proches poursuivent un train de vie confortable. Peu importe pour lui la mauvaise gouvernance, la corruption et les malversations, les milliards d’euros reçus sans justificatifs par les donateurs, les pays arabes, les ONG et les instances internationales.

Abbas rate à chaque fois les bonnes opportunités et notamment celle du dernier sommet de Bahreïn. A l’approche de la réunion de l’assemblée générale de l’ONU, comme de coutume, il prononcera un nouveau discours belliqueux et lamentable qui n’aura probablement aucun écho favorable.

Cet article a été publié le 28 juillet 2019 sur le site http://jcpa-lecape.org/

About the Author
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 22 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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