L’antisémitisme, symptôme d’une société qui perd ses repères et qui va mal

L’antisémitisme ne commence jamais avec les Juifs. Il commence quand une société ne va plus bien. Et aujourd’hui, une partie de la société ne va pas bien.
Des jeunes qui ont tout fait comme il faut… et qui découvrent qu’ils ne pourront pas offrir à leurs enfants le confort qu’ils ont reçu. C’est le déclassement social. Et ça produit de la frustration, puis de la colère.
Quand l’avenir est bouché, on ne se projette plus. On vit dans le présent. Un présent court, émotionnel.
Et en même temps, on est submergé d’informations. On voit tout… mais on ne comprend plus rien. Trop d’images, pas de hiérarchie. Trop d’émotions, pas de pensée. Alors on simplifie. On ne cherche plus à comprendre. On cherche à se rassurer. Et on se rassure en se mettant dans le camp du Bien, quitte à dire n’importe quoi.
C’est comme ça qu’on en arrive à des scènes absurdes : “À bas le racisme, vive le Hamas.” Des féministes qui soutiennent le régime des mollahs, des bobos parisiens qui défendent des systèmes qui pendent des homosexuels.
Le monde est à l’envers et ça ne choque plus. Parce qu’on ne raisonne plus. On affiche, on signale, on vote. On vote LFI, pas pour gouverner mais pour se positionner moralement. Le vote devient un signal identitaire. Et dans cette simplification du monde — victimes d’un côté, coupables de l’autre — on arrive au Juif.
Mais ça ne devient pas violent tout de suite. Il y a une mécanique. D’abord un climat : des accusations circulent, on parle de “génocide” sans preuve, on accuse sans conséquence. Le réel disparaît, le slogan prend sa place. Et dans ce brouillard, une idée s’installe : le problème, ce serait Israël, le problème, ce serait les Juifs. Pas toujours dit frontalement, mais suffisamment pour devenir normal.
Ensuite, le silence. Celui que beaucoup connaissent. Vous allez au commissariat, vous déposez plainte, et rien. On vous insulte, on vous accuse, et ça passe. Ce qui aurait dû être scandaleux devient banal.
Et surtout, une hiérarchie s’installe : Gaza mobilise tout, les Iraniens massacrés ne mobilisent personne. Ce n’est pas un manque d’information, c’est un choix. Et dans ce choix, vous le sentez : votre situation ne compte plus vraiment. Les gens sont tellement pris dans leur propre malaise qu’ils ne voient plus le vôtre.
Et à ce moment-là, tout est prêt : d’abord on parle, puis on se tait, et ensuite ça frappe. Les actes ne sortent pas de nulle part, ils sont le produit d’un climat et d’un silence.
Parce qu’il faut un responsable simple. Quand le monde devient incompréhensible, on cherche une explication facile. Le Juif est cette explication. Pas parce que c’est vrai, mais parce que c’est simple. Le Juif devient le raccourci d’un monde qu’on ne comprend plus. Et ensuite, il suffit de marginaliser : “ce n’est pas le moment”, “il y a plus grave”. Et progressivement, vous êtes là… mais vous ne comptez plus. La haine n’avance jamais seule, elle avance avec l’indifférence.
La haine n’avance jamais seule, elle avance avec l’indifférence.
Mais tout peut basculer en un instant. Aujourd’hui, une chose s’est clarifiée : les Juifs d’Israël et de la diaspora sont alignés. La peur est là, mais elle ne paralyse plus, elle réveille. Les doutes reculent, on sait ce qu’on défend. On comprend que cette haine n’est pas morale, elle est politique. Et surtout, une illusion tombe : on n’est pas seuls.
Du Liban à l’Iran, des voix s’élèvent contre l’islam politique. Certains regardent Israël autrement, pas comme un problème mais comme une force. C’est un moment de lucidité. Le monde juif se redresse. SI ISRAËL FAIT TOMBER LE RÉGIME DES MOLLAHS, LE REGARD DU MONDE BASCULERA. Ce qui est aujourd’hui dénoncé sera reconnu. Israël n’est pas le problème, il est une solution.
Chronique pour Radio J.
