L’anti-sionisme, une fatwa dans le dos

Le fondateur du parti La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon prononçant un discours lors d'une manifestation pour un cessez-le-feu à Gaza et en solidarité avec le peuple palestinien devant l'Office des Nations unies, à Genève, le 3 février 2024. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)
Le fondateur du parti La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon prononçant un discours lors d'une manifestation pour un cessez-le-feu à Gaza et en solidarité avec le peuple palestinien devant l'Office des Nations unies, à Genève, le 3 février 2024. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Le climat toxique qui s’est installé en France depuis le 8 octobre 2023, a provoqué ici et ailleurs une montée vertigineuse des actes antisémites et une libération de la parole sous forme de menaces reprises même par des élus de la République. Les accusations de « génocide », « famine », « apartheid » entendues et répétées sur tous les médias et réseaux à l’égard d’Israël sont non seulement des dénis de réalité, des diffamations et des mensonges, elles sont aussi une porte ouverte à la violence verbale telle que l’expression « du Jourdain à la mer, la Palestine sera libre », devenue mot d’ordre et reprise sur tous les campus et manifestations culturelles ou autres. L’antisionisme ici, rejoint les discours des pires fondamentalistes lorsque ces derniers énoncent qu’il faut « rayer Israël de la carte », et qu’il faut « tuer les Juifs ». Ces paroles ont porté des actes de violence inouïe comme nous avons pu le vivre pendant toute cette guerre, ce n’est plus l’étoile jaune, c’est une fatwa dans le dos.
 
Alors comment arrêter l’hémorragie et protéger la communauté juive de France des dérives du palestinisme qui s’incarne dans un parti et qu’il faut bien nommer : LFI. La députée Caroline Yadan a proposé une loi, et a même dit, sur les ondes, que les Juifs, après son vote, pourraient rester en France en toute sécurité. Alors, le vote n’a pas eu lieu et le projet est reporté afin de pouvoir en débattre avec les partis à l’assemblée. LFI a annoncé qu’il ne se joindrait pas aux débats. Je salue les efforts de Caroline Yadan mais ne soyons pas naïfs, les Juifs ne sont en sécurité nulle part, aujourd’hui la sécurité n’existe d’ailleurs pour personne. Se battre pour la liberté et pour la vérité exige du courage mais est nécessaire, tandis que le repli donne à nos ennemis une victoire passagère. Et ce combat provoque menaces et injures vers ceux qui le portent ; on ne compte plus les vrais humanistes qui sont aujourd’hui sous protection policière. Et les Juifs, même s’ils ne manifestent pas de soutien actif à la politique de l’État d’Israël, sont pris pour cible comme complices du « génocide » ou complices de la politique de Netanyahou.
 
Les pratiques lénifiantes de LFI ne pourront pas être arrêtées, à mon sens, par une loi ; ce qu’il faudrait c’est dissoudre ce parti comme on dissout les groupuscules qui mettent en danger nos démocraties, et ce faisant, il faudrait interdire les Frères musulmans qui sont les inspirateurs de ces émules. Ou auront-ils l’intelligence et la sagesse d’un Benny Lévy qui renonce à la Gauche prolétarienne après l’assassinat en 1972 des sportifs israéliens lors des Jeux olympiques de Munich par l’organisation palestinienne Septembre noir ? Parce que les lois contre l’antisémitisme n’ont pas empêché les antisémites de prospérer allant jusqu’à commettre des crimes irréparables, parce que les lois pour protéger des viols ne les ont jamais empêchés, etc. et parce que malheureusement, si une loi peut être dissuasive, elle vient le plus souvent se placer après le méfait. De plus, le temps de la justice est très long, l’extradition par l’Autorité palestinienne d’Hicham Harb jeudi 16 avril 2026, en est la preuve concrète, 44 ans après l’attentat de la rue des Rosiers[1]. Et alors que de très nombreuses plaintes ont été déposées contre Rima Hassan, devenue eurodéputée, une seule devrait conduire à son procès le 7 juillet 2026.
 
Pour être clair, et à mon sens, le problème n’est pas de défendre le droit des Palestiniens, mais c’est de le faire au détriment d’un peuple qui aujourd’hui forme une nation. Appeler « résistance » des actes terroristes qui, de fait, touchent de plein fouet et depuis trop longtemps les populations civiles, actes et attentats perpétrés donc par ceux qui s’alignent sur les courants palestinistes, est déjà une forme d’apologie du terrorisme, puisque cela vient le légitimer. Tous les LFIstes et consorts devraient déjà être en prison puisqu’ils appellent « résistants » des groupes classés terroristes. Et, ce qui est dangereux au plus haut point, c’est que quand on porte des paroles antisionistes, contre l’existence même de l’État d’Israël qui protège sa population, on sous-entend qu’il faut laisser se faire tuer ces mêmes populations, par des guerres et attentats donc, et que l’État n’est plus légitime à protéger. Vouloir affaiblir l’État d’Israël aujourd’hui, c’est porter atteinte à son existence et à sa population. Et, maintenant que Mélenchon s’est déclaré candidat, il s’attaque encore à Netanyahou, alors, que de fait, Netanyahou a dû devenir un chef de guerre pour contrer 8 fronts très actifs, et qui le sont encore. Mélenchon a juste trouvé un créneau pour tenter de gravir les marches de la présidence française, il a un public en France, et souhaite aussi rallier les Européens, l’Asie, l’Amérique du Sud à son programme qui est ouvertement antisioniste. Ce sont ses paroles sur TF1[2], paroles qui ne font jamais mention des menaces que font peser l’Iran et ses proxys sur le monde, et menaces qui sont devenues actes de guerre d’une violence indescriptible depuis le 7 octobre 2023. Car la violence des mollahs, et son idéologie ont atteint un caractère complètement inédit : celui de faire de l’éducation au jihad, l’éducation tout court, un billet vers la mort par une forme de suicide, et d’infanticide qui va meurtrir Autrui. L’autre inédit est la menace nucléaire. Cela dans une volonté d’anéantir le peuple juif et son État ; ce n’est plus un secret pour personne.
 
 
L’entre-deux-guerres a permis la mise à exécution de la solution finale, ne l’oublions pas. Et ici, et pour ces deux raisons, on voit bien le lien entre antisionisme et antisémitisme, puisque l’antisionisme nie et met en danger l’existence de l’État d’Israël et de fait l’existence des Juifs dans le monde. L’État d’Israël est le pilier sécuritaire du peuple juif depuis 1948, même si les pogroms du 7 octobre 2023 ont porté atteinte à cette croyance et à ce fait. Vulnérabilité dans les faits, certes mais croyance qui pourrait se renouveler, mais aussi vulnérabilité de tous les États qui sont à la merci de toutes les formes de violence, pas seulement terroristes.
 
Même si Mélenchon et son parti se défendent d’être antisémites, ils participent à la mise en danger et à la mise au ban des Juifs de France, qui aujourd’hui, pour certains, cachent leur identité pour éviter les menaces verbales ou les agressions physiques. Que propose Mélenchon pour lutter contre ce fléau ? Rien. Il ose juste alimenter la haine et propose un discours démagogique qui masque les réalités historiques de ces dernières années, réalités qui mettent nos sociétés en danger. Mélenchon veut capitaliser sur tous les wokistes de la terre, mais quel monde nous propose-t-il ? Un totalitarisme de la pensée, un totalitarisme tout court, où tout soutien à Israël est conspué et honni, dans le débat si l’on peut appeler cela un débat, et amène à des actes et des menaces violentes, ou à des appels au boycott, comme on vient de le voir avec l’Eurovision. Une absurdité sans limite !
 
Donc, une loi qui voudrait protéger les Juifs dans la crise actuelle se devrait de prendre le problème à la racine : c’est-à-dire considérer la Charte du Hamas et l’idéologie des Frères musulmans comme des points de rupture inacceptables. C’est donc aussi l’éducation au jihad, qui est un infanticide, qu’il faut pénaliser, car elle entraîne dans sa suite les pires dérives verbales ou factuelles. Vouloir une loi qui serait universelle : interdire d’appeler à la destruction d’un État reconnu par la France, masque une vérité. Personne dans le débat public n’appelle à la mort de tous les Palestiniens, de tous les Arabes ou de tous les musulmans, alors que nombreux sont ceux qui aujourd’hui appellent à la mort des Juifs. Personne n’appelle à la destruction de l’État palestinien, ce qui serait absurde puisque cet État n’existe pas dans les faits ; l’État palestinien est une abstraction politique qui conforte le palestinisme dans son combat idéologique, mais dont la réalisation concrète reste, malgré tout dépendante d’accords avec l’État d’Israël. Ce dont le palestinisme ne veut pas, puisque, répétons-nous, l’objectif est la destruction de l’État d’Israël. Une impasse donc, un mot qui n’aurait pas de sens, une absurdité, encore une, à la limite une évanescence. De plus, même cette évanescence ne cherche même pas à protéger les Palestiniens, ceux-ci sont les victimes éternelles et sacrificielles pour satisfaire la stratégie mortifère du Hamas, comme ils ont été les victimes des pays arabes lorsqu’en 1948 ces derniers leur ont dit de quitter leur maison et qu’ils reviendraient sous peu après la guerre.
 
Cet écart fait que la nécessité de protéger doit trouver d’autres solutions que les mesures policières ou juridiques qui ont été mises en place depuis les premiers attentats de l’OLP, ces mesures même reprises par une loi n’empêcheront pas la violence, puisque le respect de la loi nécessite le respect d’autrui et de la démocratie. Depuis quand le fondamentalisme respecte autrui ? De plus, l’évanescence qu’est l’État palestinien est déjà un État terroriste ; Mahmoud Abbas finance et encourage le terrorisme, puisque l’Autorité palestinienne offre des salaires aux terroristes et à leur famille, et ses écoles donnent aux enfants une éducation ouvertement antisémite. Si cette évanescence est l’habit d’un État terroriste alors oui, il faut être contre la solution à deux États. Le proto-État de Gaza sous la domination du Hamas est de fait, une entité terroriste avec laquelle aucun accord de désarmement ne semble réalisable, puisque le Hamas est commandité et financé en partie par l’Iran.
 
Les mesures policières mises en place pour protéger notre communauté ont aussi atteint leurs limites bien qu’elles aient effectivement protégé des vies, mais cela ne parvient pas à arrêter l’engouement populaire et celui des LFIstes pour les posts nauséabonds publiés quotidiennement par milliers à l’encontre de personnalités qui ont décidé de porter leur voix, exprimant simplement leur soutien à Israël ou aux Juifs dans le monde. Est-ce qu’une loi peut arrêter des milliers de personnes chaque jour, est-ce qu’une loi peut arrêter les 700 000 signataires de la pétition contre la loi Yadan, qui s’accommode pleinement des discours de haine à l’encontre de notre communauté ? Il n’y a rien du débat démocratique dans tout cela, que des menaces, voire des appels au meurtre. Aujourd’hui, le combat est existentiel pour les Juifs de France, ils se posent tous la question de leur place dans le pays des Droits de l’homme, alors qu’en Israël, la menace est aussi existentielle. Ce climat devenu nauséabond à l’extrême est toléré par les pouvoirs publics, et parfois même alimenté puisque le gouvernement actuel n’a de cesse de critiquer la politique défensive de l’État d’Israël, qui répétons-le mène une guerre juste pour protéger sa population et son existence.
 
Revenons à la source du problème : l’éducation au jihad et la propagande des Frères Musulmans ont vu éclore de nouvelles formes d’antisémitisme sous couvert d’antisionisme ; les populations sensibles à ces discours sont une clientèle pour l’extrême gauche, donc la situation, à terme ne pourra qu’empirer car tout discours de haine à l’égard des Juifs peut ramener des voix à un parti qui perd son âme et qui à mon sens n’a plus sa place dans l’hémicycle, puisqu’il ne respecte pas les valeurs de la République en étant complice d’une idéologie qui prône la violence et le meurtre d’une communauté qui, elle, est très respectueuse des lois de cette même République. Cet appel qui est déjà la goutte de trop depuis la proclamation de la Charte du Hamas en 1988, est devenu une tempête qui nous glace chaque jour un peu plus. Cette loi est une illusion, tout comme le fait d’avoir mis les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes, si rien n’est fait en France pour endiguer le péril, et si l’on attend des Israéliens et des Américains qu’ils agissent, eux en conséquence sur le terrain militaire, à la source, en Iran ou à Gaza.
 
La France et l’Europe devraient, depuis longtemps avoir le courage d’écouter l’imam Hassen Chalghoumi qui dit qu’il faut interdire les Frères musulmans qui sont les initiateurs de l’antisionisme moderne, leurs complices palestinistes en sont la continuation idéologique, et les populations et surtout les enfants sont devenus le jouet de cette alliance. Car pour eux, pas de programme pour l’avenir, seulement l’obligation, dans la Charte du Hamas faite aux musulmans de mener le Jihad. Cette réalité dont nous connaissons les conséquences, surtout depuis le 7 octobre 2023, aurait dû sortir de leur torpeur les inconséquents, mais non, cela les a renforcés au détriment de ceux qui essaient de sauver un monde polarisé par une question somme toute très banale : un billet pour la mort ou le retour à la vie.
 
Mélenchon n’identifie jamais la menace que représente l’appel au jihad, alors qu’elle est sur toutes les bouches islamistes, il l’appelle « résistance », et c’est en cela qu’il est complice et acteur des nouvelles formes de violence auxquelles nous, Juifs, Républicains devons faire face. Il conforte une perversion de la pensée, qui s’actualise dans une guerre effroyable, que nous subissons depuis bientôt 3 ans : Si les appels au jihad provoquent des morts palestiniens, c’est de la responsabilité de ces lanceurs d’appels et non de ceux qui subissent les agressions. Identifier les menaces, c’est aussi identifier les responsables qui sont clairement identifiés puisque tous les masques sont tombés. Mélenchon porte la haine face à des populations menacées qui souhaitent tout simplement voir le vivre ensemble se réaliser dans l’altérité, l’altruisme et le dialogue. L’atteinte au droit de l’enfant, que représente l’appel au jihad, l’atteinte au droit des femmes que représente l’obligation pour les femmes musulmanes d’une éducation qui appelle la violence, l’atteinte au droit international que représentent les attaques de ces mouvances, leurs premiers actes terroristes et les premières guerres contre Israël et les atteintes aux droits de l’homme devraient amener nos gouvernants à une politique de tolérance zéro. Ici, nous ne sommes pas dans le débat démocratique, mais bien dans une inversion des valeurs ; le débat est toujours propice à la construction d’un avenir pour nos générations, alors que, comme nous le voyons chaque jour, la haine déguisée en discours politique est porteuse de barbarie, barbarie des dictateurs, citons Lénine, Staline, Hitler ou encore Khamenei. Barbarie dont nous ne pouvons même pas imaginer, nous survivants, la cruauté et dont, il va falloir se libérer au plus vite. 

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[1] L’Autorité palestinienne a extradé vers la France le Palestinien Hicham Harb, superviseur allégué de l’attentat contre un restaurant juif de la rue des Rosiers, qui avait fait six morts à Paris en 1982. https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/16/attentat-de-la-rue-des-rosiers-l-autorite-palestinienne-a-extrade-vers-la-france-un-suspect-dans-l-attentat-commis-a-paris-en-1982_6680576_3224.html

 
[2] Le 3 mai 2026.

à propos de l'auteur
Danielle est docteur en Histoire et Civilisation de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), et a obtenu un Diplôme Universitaire en Suicidologie : "Comprendre, évaluer et prévenir le risque suicidaire chez l'adolescent et l'adulte", à la Faculté de Médecine, Paris Descartes. Elle est aussi artiste digitale, et photographe professionnelle. Elle réalise actuellement des recherches approfondies sur la place des images dans les conflits contemporains, et publiera le 2 juin prochain un livre d'art intitulé: "7 octobre 2023, Le Réveil de l'Aube".
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