L’Algérie saute à pieds joints dans le gouffre économique

Les Algériens prennent part à une manifestation contre le gouvernement à Alger, en Algérie, le vendredi 18 octobre 2019. Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale après la prière du vendredi. (AP Photo / Toutik Doudou)
Les Algériens prennent part à une manifestation contre le gouvernement à Alger, en Algérie, le vendredi 18 octobre 2019. Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale après la prière du vendredi. (AP Photo / Toutik Doudou)

Si la persistance de la grave crise économique dans laquelle baigne l’Algérie venait à perdurer, il serait à craindre une grave déliquescence de son tissu industriel et une aggravation du chômage qui touche de très nombreux Algériens, notamment les jeunes.

Cette situation chaotique hypothèque durablement l’avenir, le futur, de l’Algérie et ce, alors que les autorités algériennes imaginent déjà un retour au financement non conventionnel, à savoir la planche à billets, qui a déjà atteint un montant astronomique pour un pays producteur de pétrole et de gaz soit 49,2 milliards d’Euros et ce, alors que 60% des réserves hydrocarbures sont épuisées.

A ce jour, plus 5.800 PMI/PME sont en situation de faillite et plus de 600.000 Algériens ont perdu leur emploi entre février et juillet 2019 suite à la fermeture d’environ 30.000 PME. Un chiffre de nouveaux chômeurs qui devrait atteindre plus d’un million d’ici la fin de l’année 2019.

Des PMI/PME qui touchent des secteurs vitaux comme le bâtiment, la santé, l’agriculture et l’industrie de transformation, ce qui va poser un sérieux problème sur l’avenir de ces milliers de nouveaux chômeurs.

Force est de constater que l’industrie algérienne est réduite à une dizaine de grands groupes appartenant à l’oligarchie qui dirige ce pays et qui est fortement impliquée dans la corruption depuis le début de la contestation populaire du 22 février 2019. Nul ne peut renier que l’Algérie a totalement ratée son industrialisation et se retrouve à genoux pour la simple raison d’avoir renié le secteur agro-alimentaire depuis son indépendance en 1962.

Les années 2020-2025 seront extrêmement difficile pour les Algériens habitués à vivre sur le dos de l’Etat sans fournir le moindre effort et qui ne savent produire aucune richesse pour leur pays. La jeunesse algérienne est plus connue sous le sobriquet de « hitistes » c’est-à-dire ceux qui soutiennent le mur de leur rue avec une jambe pliée et leur dos toute la journée.

Le peuple algérien doit comprendre qu’il est temps de se mettre au travail car le modèle rentier est définitivement mis à la poubelle puisque seul responsable de la stagnation alarmante de l’Algérie dans tous les domaines de production économique. Dur sera l’avenir pour les Algériens et sa jeunesse qui se sont fait biberonner par leurs différents dirigeants !

à propos de l'auteur
Farid est marocain, spécialiste en sciences politiques, Relations Internationales et Economie Politique
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