La synagogue Shaar Hashamayim : les téhelim comme lutte poétique

La synagogue Shaar Hashamayim située au numéro 18 de la rue Adly au Caire. Photo: Houda Belabd
La synagogue Shaar Hashamayim située au numéro 18 de la rue Adly au Caire. Photo: Houda Belabd

Située au beau milieu du Caire rétro-chic, la synagogue Shaar Hashamayim (la Porte du Ciel, en hébreu) retient l’attention et ravit le regard. Auguste et magistral: c’est le moins que l’on puisse dire de ce monument tout au moins centenaire.

Shaar Hashamayim, la plus grande de toutes les synagogues juives séfarades du Caire, est localisée au numéro 18 de la rue Adly Pasha, (jadis connue en tant que rue Madabegh). Construite en 1905, ses plans ont été dessinés par Maurice Youssef Cattaoui et Edwark Matasek. Les familles Nessim et Mosseri, aisées et contemplatives, ont généreusement participé à sa construction.

Composée de deux étages et érigée sur un terrain d’environ 10 000m², la synagogue dispose de plusieurs salles et d’une bibliothèque grandiose. Des livres qui s’y superposent, une quasi-totalité provient des temples, archives et centres juifs du Caire. Ils y ont été transférés, archivés et classés, non sans minutie. Des sefers torahs d’une ère lointaine y sont délicatement conservés, enfermés dans un hekhal.

Compte tenu de plusieurs accords gouvernementaux, elle est visitée par des touristes de toutes confessions et de tous horizons. Gardée par deux policiers égyptiens, Shaar Hashamayim ouvre ses portes de 10h à 16h, tous les jours.

Basée à Genève, en Suisse, un couple juif égyptien participe, annuellement, à son soutien financier et au bon déroulement de ses restaurations.

En dépit du nombre des Juifs du Caire et de toute l’Égypte qui s’est, au gré du temps, réduit à peau de chagrin, ces dernières années, la synagogue a abrité quelques cérémonies et fêtes religieuses. Les retrouvailles deviennent, de ce fait, un combat contre l’amnésie. Une lutte contre le grand voyage.

à propos de l'auteur
Journaliste avec préméditation, auteure en devenir et poétesse du dimanche, Houda voue un amour sans pareil au patrimoine judéo-andalou, un de ses sujets de prédilection. Lors de ses quelques voyages en Espagne (à Cadix, Jaén, et Huelva en Andalousie, mais aussi à Vilajoyosa, une commune d'Alicante en Communauté Valencienne) elle a pu visiter quelques juderías et découvrir les écrits du grand et majestueux Maïmonide sur son long séjour dans le beau Sud ibérique.
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