La synagogue Meir Enaim, ce grandiose emblème judéo-cairote

Une porte égyptienne à l'ancienne, frappée en son centre d'une magen David au milieu des raidillons de Harat Al Yahoud (le quartier des Juifs) du vieux Caire. Photo: Houda Belabd
Une porte égyptienne à l'ancienne, frappée en son centre d'une magen David au milieu des raidillons de Harat Al Yahoud (le quartier des Juifs) du vieux Caire. Photo: Houda Belabd

Située dans le quartier Maadi du Caire, la synagogue de Meir Enaim est l’un des cinq grands symboles judéo-cairotes, après la synagogue Ben Ezra, la synagogue Shar Hashamayim, Harat Al-yahoud (le quartier juif du Vieux Caire) et le cimetière juif des Bassatines.

La communauté juive égyptienne compte, à l’écriture de ces lignes, moins de vingt personnes. Oui. Pas plus de quinze citoyens juifs égyptiens ont choisi de vivre dans l’axe Le Caire-Alexandrie, ad vitam eaternam. La synagogue Meir Enaim, également appelée synagogue de Maadi, est située à mi-chemin entre le Nouveau Caire et les pyramides de Gizeh ; entre un passé glorieux et un présent dignitaire ; entre l’oubli et les souvenirs.

Le temple porte le nom du célèbre architecte paysagiste de l’entre-deux-guerres, à savoir Meir Yehuda Biton qui l’a construit en 1934. Outre le bâtiment adjacent et son jardin interconnecté, Biton a participé à la construction de nombreuses villas attrayantes et de bâtiments gouvernementaux limitrophes.

De la communauté juive jadis dynamique et florissante du Caire, demeure le souvenir des célèbres magasins Cicurel & Oreco représentant la communauté séfarade et du bijoutier Isaac Liscovitch représentant les Ashkénazes célèbres du Caire.

Les Juifs de Maadi étaient représenté par un pacha et plusieurs beys. Emanuel Mizrahi Pacha, dont la résidence deviendra un jour celle de l’ambassade du Mexique, est considéré comme le dernier pacha juif de l’histoire.

Aujourd’hui, seul un petit nombre de congrégations d’expatriés et de citoyens de Maadi connaissent réellement l’histoire de la synagogue.

à propos de l'auteur
Journaliste avec préméditation, auteure en devenir et poétesse du dimanche, Houda voue un amour sans pareil au patrimoine judéo-andalou, un de ses sujets de prédilection. Lors de ses quelques voyages en Espagne (à Cadix, Jaén, et Huelva en Andalousie, mais aussi à Vilajoyosa, une commune d'Alicante en Communauté Valencienne) elle a pu visiter quelques juderías et découvrir les écrits du grand et majestueux Maïmonide sur son long séjour dans le beau Sud ibérique.
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