La soif et la source

La Torah de Rhodes. (Crédit : Amit Dekel Productions via la Bibliothèque nationale d’Israël)
La Torah de Rhodes. (Crédit : Amit Dekel Productions via la Bibliothèque nationale d’Israël)

Nous a-t-on volé le judaïsme ? Nous a-t-on volé l’État ?
Parfois, on pourrait le croire, quand de petits groupes de zélés s’accaparent nos trésors les plus précieux.
En réalité, personne ne nous a rien volé.

Le judaïsme est là.
Mais il est enveloppé de couches épaisses, parfois presque étouffantes.
Pour beaucoup, il apparaît technique, rigide, parfois même imposé – et cela fait mal.

Imaginez une source.
Une eau vive qui coule sans cesse, claire et douce, capable de redonner souffle à l’âme.
Mais autour d’elle, on a érigé des murs et des grilles, et des gardiens filtrent quiconque veut s’en approcher.
À force de garder, ils ont oublié de boire eux-mêmes.
Ils ont protégé l’écorce – et oublié le fruit.

Avec le temps, beaucoup se sont éloignés.
Certains avec colère, d’autres avec lassitude ou dégoût.

Puis vint le 7 octobre.
Tout a basculé.
Soudain, de nombreuses âmes se sont mises à avoir soif à nouveau.
Elles cherchent la source jaillissante.
Elles veulent goûter l’eau, entendre une parole de sagesse, ressentir un peu de sainteté, trouver une consolation.
Mais les portes ne s’ouvrent pas toujours.

Il faut alors rappeler à tous, gardiens et nous-mêmes, cette évidence :
Personne n’est plus juif grâce à un excès de rigueur.
Et personne n’est moins juif parce qu’il s’est éloigné de la tradition.

Cette source appartient à nous tous.
Les murs ne sont qu’une illusion.
Il nous reste à choisir : enlever les barrières, ouvrir nos cœurs et permettre à chaque juif de boire, à sa manière, à l’eau vive.

Sans contrainte. Sans éloignement.
Se sentir proche en toute simplicité. Venez à la source.

à propos de l'auteur
A l'age de 19 ans, David décide de quitter la Belgique pour venir s'installer en Israël. Après avoir servi l'armée, dans la brigade des parachutistes, il commence ses études au centre interdiciplinaire d'Herzlya (IDC) et y termine avec une maitrise en sciences politiques. Il a également étudié pendant deux ans, les arts de la scène au seminar hakiboutzim. Il est aujourd’hui enseignant à Ra’anana. Spécialisé dans le travail et la proximité avec les jeunes olim hadashim.
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